Économie de la Guinée-Bissau

Économie de la Guinée-Bissau
Image illustrative de l’article Économie de la Guinée-Bissau
Avenue de Bissau

Monnaie Franc CFA (UEMOA)
Année fiscale année calendaire
Organisations internationales OMC, Union africaine, UEMOA
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 2,151 millions de dollars (2024)[1]
Produit intérieur brut en PPA 6,158 millions de dollars (2024)[1]
Rang pour le PIB en PPA 172e
Croissance du PIB 3,8 % (2018)
PIB par habitant en PPA 3,257 dollars (2024)[1]
PIB par secteur agriculture : 55,7 % (2012)
industrie : 13,2 % (2012)
services : 31 % (2012)
Inflation (IPC) 5.72 % (2024)[2]
Pop. sous le seuil de pauvreté 67% (2015)
Indice de développement humain (IDH) en stagnation 0,483 (faible ; 177e) (2021)[3]
Population active 811 397 (2019)
Population active par secteur agriculture : 82 % (2000)
industrie : 9 % (2000)
services : 9 % (2000)
Taux de chômage 6,1 %
Commerce extérieur
Exportations 109 millions de dollars (2023)[4]
Biens exportés Noix de coco, noix du Brésil, noix de cajou, poissons et sous-produits
Principaux clients Drapeau de l'Inde Inde 66.3 %
Drapeau du Chili Chili 9.21 %
Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 5.4 %
Drapeau du Ghana Ghana 4.34 %
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 2.57 %
Drapeau de la Turquie Turquie 2.3 %
Drapeau du Libéria Liberia 1.83 %
Drapeau de l'Équateur Équateur 1.53 %
Drapeau du Japon Japon 1.19 %
Drapeau du Togo Togo 1.11 %
Importations 568 millions de dollars (2023)[5]
Principaux fournisseurs Drapeau du Sénégal Sénégal 27.7 %
Drapeau du Portugal Portugal 24.2 %
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 11 %
Drapeau de la Gambie Gambie 10.4 %
Drapeau du Pakistan Pakistan 3.75 %
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 3.25 %
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 2.27 %
Drapeau de l'Espagne Espagne 2.22 %
Drapeau de l'Inde Inde 1.65 %
Drapeau de la Turquie Turquie 1.65 %
Finances publiques
Dette publique 79.4 % du PIB (2024)[6]
Dette extérieure 1000 milliards de $ (2010)
Sources :
https://www.cia.gov/the-world-factbook/countries/guinea-bissau

L'économie de la Guinée-Bissau est composée d'entreprises publiques et privées[7]. La Guinée-Bissau figure parmi les pays les moins développés et l'un des dix pays les plus pauvres du monde. Elle dépend principalement de l'agriculture et de la pêche. La culture de noix de cajou a connu une croissance remarquable ces dernières années, et le pays se classait au neuvième rang en termes de production de noix de cajou en 2019[8].

La Guinée-Bissau exporte vers l'Asie du poisson et des fruits de mer congelés non filetés, des arachides, des palmistes et du bois. Les droits de licence de pêche dans sa zone maritime (golfe de Guinée) fournissent au gouvernement quelques modestes revenus. Le riz est la principale culture et l'aliment de base. En raison de la réglementation européenne, les exportations de poisson et de noix de cajou vers l'Europe sont totalement interdites, tout comme les produits agricoles en général.

Histoire

Suite à l'assassinat de son frère Amílcar Cabral en 1973, Luís Cabral devint le premier président de la Guinée-Bissau indépendante après l'indépendance, le 10 septembre 1974. Déjà président de la Guinée-Bissau, Luís Cabral tenta d'imposer une économie planifiée et soutint un modèle socialiste qui ruina l'économie bissau-guinéenne. De même, la répression imposée à la population par son régime autoritaire à parti unique et les graves pénuries alimentaires laissèrent des traces[9].

Luís Cabral exerça son pouvoir de 1974 à 1980, lorsqu'un coup d'État militaire mené par João Bernardo « Nino » Vieira le destitua. Bien qu'il l'ait toujours nié, Luís Cabral fut accusé d'être responsable de la mort d'un grand nombre de soldats bissau-guinéens noirs qui avaient combattu aux côtés de l'armée portugaise contre la guérilla du PAIGC pendant la guerre coloniale portugaise[10]. Après le coup d'État militaire de 1980, le PAIGC a admis dans son journal officiel « Nó Pintcha » (daté du 29 novembre 1980) que de nombreuses personnes avaient été exécutées et enterrées dans des fosses communes anonymes dans les forêts de Cumerá, Portogole et Mansabá. Tous ces événements n'ont pas aidé le nouveau pays à atteindre le niveau de prospérité, de croissance économique et de développement promis par les nouveaux dirigeants à sa population.

En 1985, la première flotte de pêche chinoise à partir à l'étranger a été envoyée en Guinée-Bissau : 13 chalutiers de la China National Fisheries Corporation[11].

En mai 1997, la Guinée-Bissau a rejoint l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Par conséquent, la Banque nationale de Guinée-Bissau est devenue une succursale nationale de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, et la monnaie nationale, le peso bissau-guinéen, a été remplacée par le franc CFA ouest-africain[12].

Agriculture

Cultivateurs lors de la récolte du riz.

Le pays possède de nombreuses autres ressources naturelles : bauxite, bois, pétrole, phosphates... Son littoral, très riche en poissons, attire les pêcheurs de l'Union européenne qui viennent pêcher chaque année 500 milles de tonnes de poisson, versant en échange à la Guinée-Bissau environ 7 500 000 . Le potentiel agricole du pays est énorme, mais sa forêt, par exemple, n'est exploitée que de manière informelle.

Malgré ses nombreux atouts, la Guinée-Bissau est le troisième pays le plus pauvre du monde, parmi les pays les moins avancés (PMA). L'indice de développement humain (IDH) est de 0,483 en 2021, classant la Guinée-Bissau 177e au classement mondial[13]. En 2005, le budget de l'État dépend à 75 % de l'aide internationale. Il n'y a pas partout de l'électricité et 85 % des habitants vivent avec moins de 1 dollar par jour.

En effet, l'instabilité politique, les séquelles de la guerre civile de 1999 après une période d'hyperinflation qui ruine l'économie et voit l'abandon du peso de Guinée-Bissau, l'obsolescence des infrastructures, découragent les investisseurs et donc les possibilités de développement.

Fermière vivant sur une petite île au large de Bissau.

Du fait de sa pauvreté et de sa désorganisation économique, la Guinée-Bissau est une proie facile pour les trafiquants de drogue de l'Amérique du Sud qui l'utilisent comme passerelle pour atteindre l'Union européenne, leur principal client depuis que les États-Unis ont durci leur politique de contrôles aux frontières. La Guinée-Bissau a une position géographique privilégiée, au sud du Sénégal, qui l'exclut du dispositif de contrôle de l'immigration clandestine, qui s'étend du Maroc au Sénégal et rend les trafics difficiles. La drogue sud-américaine est donc stockée en Guinée-Bissau, où elle est ensuite introduite par petites quantités dans les produits de marché (fruits, poissons, noix de Cajou) acheminés vers l'Europe, ou ingérée par des mules qui risquent leur vie et leur liberté pour 5 000  (leur salaire pour acheminer 500 grammes à 1 kilogramme de cocaïne en capsules).

Trafic de drogue

Au cours de la dernière décennie, la consommation européenne de cocaïne aurait triplé[14] et l'Afrique de l'Ouest est devenue un point de transit majeur pour le trafic de drogue de la Colombie vers l'Europe[15]. La Guinée-Bissau est le premier pays d'Afrique de l'Ouest à cet égard, les trafiquants profitant de la corruption et du désordre gouvernemental pour opérer sans entrave[16]. L'armée et la police sont soupçonnées d'être complices, et le manque de bateaux ou d'avions pour patrouiller ou contrôler la vaste zone maritime les amène à fermer les yeux sur les cargaisons de cocaïne en provenance d'Amérique latine[17]. La population locale n'a pas accès à la drogue. Des avions survolent la Guinée-Bissau et utilisent les 88 îles isolées, dont la majorité sont inhabitées.

Notes et références

  1. 1 2 3 (en) « Report for Selected Countries and Subjects », sur IMF (consulté le )
  2. (en) « Guinea-Bissau Inflation, annual percent change in the CPI, 2024 - data, chart », sur TheGlobalEconomy.com (consulté le )
  3. (en) « Human Development Reports | Specific country data | GNB » [« Rapports sur le développement humain | Données spécifiques par pays | GNB »], sur hdr.undp.org, Programme des Nations unies pour le développement, (consulté le ).
  4. (en) « Where does Guinea-Bissau export to? (2023) », sur The Observatory of Economic Complexity (consulté le )
  5. (en) « Where does Guinea-Bissau import from? (2023) », sur The Observatory of Economic Complexity (consulté le )
  6. (en) « General government gross debt, Percent of GDP », sur IMF (consulté le )
  7. (en) « Guinea-Bissau - Fishing, Cashew, Agriculture | Britannica », sur www.britannica.com, (consulté le )
  8. « FAOSTAT », sur www.fao.org (consulté le )
  9. « IPRI—Instituto Português de Relações Internacionais », sur web.archive.org, (consulté le )
  10. (en) Patrick Chabal, A History of Postcolonial Lusophone Africa, C. Hurst, (ISBN 978-1-85065-594-7, lire en ligne)
  11. (en-US) Ian Urbina, « The Crimes Behind the Seafood You Eat », sur The New Yorker, (consulté le )
  12. Peter Michael Karibe Mendy et Richard Lobban, Historical dictionary of the Republic of Guinea-Bissau, Scarecrow Press, coll. « Historical dictionaries of Africa », (ISBN 978-0-8108-5310-2 et 978-0-8108-8027-6)
  13. Rapport sur le développement humain 2021/2022 : Temps incertains, vies bouleversées : façonner notre avenir dans un monde en mutation, New York, Programme des Nations unies pour le développement, , 337 p. (ISBN 978-92-1-126452-4, lire en ligne).
  14. (en-US) « Cocaine Country », TIME.com, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  15. Interpol, « Guinea Bissau requests INTERPOL assistance following major drugs seizure » [archive du ], sur www.interpol.int (consulté le )
  16. « The Drug Coast - Playboy Forum - Cocaine Smuggling », sur web.archive.org, (consulté le )
  17. (en-GB) Ed Vulliamy, « How a tiny West African country became the world's first narco state », The Observer, (ISSN 0029-7712, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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