Élections législatives nigériennes de 1995

Élections législatives nigériennes de 1995
83 sièges à l'Assemblée nationale
(majorité absolue : 42 sièges)
Corps électoral et résultats
Inscrits 4 376 031
Votants 1 530 198
34,97% en augmentation 2,2
Votes exprimés 1 446 121
Blancs et nuls 84 077
Mouvement national pour la société de développement  Mamadou Tandja
Voix 467 080
32,30%
en augmentation 1,7
Sièges obtenus 29 en stagnation
Convention démocratique et sociale  Mahamane Ousmane
Voix 428 760
29,65%
en augmentation 2,4
Sièges obtenus 24 en augmentation 2
Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme  Mahamadou Issoufou
Voix 203 629
14,08%
en diminution 0,5
Sièges obtenus 12 en diminution 1
Alliance nigérienne pour la démocratie et le progrès  Adamou Moumouni Djermakoye
Voix 186 247
12,88%
en diminution 2,6
Sièges obtenus 9 en diminution 2

Les élections législatives nigériennes de 1995 ont lieu le afin d'élire les membres de l'Assemblée nationale du Niger.

Organisées de manière anticipée, il s'agit des dernières élections de la Troisième République proclamée en 1993, convoquées à la suite d'une scission au sein de la coalition de l'Alliance des forces de changement (AFC) au pouvoir.

Les résultats aboutissent à un gouvernement divisé entre le parti de la Convention démocratique et sociale (CDS) du président de la République Mahamane Ousmane et une coalition d'opposition disposant de la majorité à l'Assemblée nationale ainsi que du poste de Premier ministre avec Hama Amadou. La cohabitation qui s'ensuit est l'un des facteurs qui contribuent au coup d'État qui renverse le régime le .

Contexte

Les élections législatives de 1995 sobt provoquées par la chute du gouvernement de l'Alliance des forces du changement (AFC), après que le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) du Premier ministre Mahamadou Issoufou quitte la coalition au pouvoir pour rejoindre l'opposition. Le président Mahamane Ousmane nomme Souley Abdoulaye au poste de Premier ministre, mais ce dernier démissionne le après avoir échoué à former une nouvelle coalition gouvernementale capable de résister à un vote de confiance à l'Assemblée. Ousmane décide alors de convoquer des élections anticipées[1].

La campagne électorale se tient dans un climat marqué par une profonde crise économique et sociale. Cette situation se détériore davantage avec la dévaluation du franc CFA, tandis que l'ensemble des principaux partis rejettent les conditions imposées par les institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale[1].

Système électoral

Le Niger est doté d'un parlement monocaméral, l'Assemblée nationale composée de 83 sièges pourvus pour cinq ans, dont 158 au scrutin proportionnel plurinominal dans huit circonscriptions de 4 à 14 sièges correspondant aux sept régions du Niger plus la capitale Niamey. Après décompte des voix, les sièges sont répartis sur la base du quotient de Hare et de la règle du plus fort reste. À ce total s'ajoutent huit sièges réservés aux minorités nationales pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour au sein de circonscriptions basées sur les régions[2].

Résultats

Résultats des élections législatives nigériennes de 1995[1],[3]
Parti Voix  % +/- Sièges +/-
Mouvement national pour la société de développement (MNSD) 467 080 32,30 en augmentation 1,65 29 en stagnation
Convention démocratique et sociale (CDS) 428 760 29,65 en augmentation 2,36 24 en augmentation 2
Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) 183 150 14,08 en diminution 0,54 12 en diminution 1
Alliance nigérienne pour la démocratie et le progrès (ANDP) 186 247 12,88 en diminution 2,6 9 en diminution 2
Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) 45 724 3,16 en augmentation 3,12 2 en augmentation 1
Parti pour l'unité nationale et la démocratie (PUND) 34 610 2,39 en augmentation 2,3 3 en augmentation 3
Parti pour le socialisme et la démocratie au Niger (PSDN) 21 010 1,45 en diminution 0,04 2 en augmentation 1
Parti progressiste nigérien (PNN-RDA) 18 294 1,27 en diminution 1,33 1 en diminution 1
Union des patriotes démocrates et progressistes (UPDP) 13 589 0,94 en diminution 1,95 1 en diminution 1
Autres partis 27 178 1,88 0 en stagnation
Votes valides 1 446 121 94,51
Votes blancs et nuls 84 077 5,49
Total 1 530 198 100 83 en stagnation
Abstentions 2 845 833 65,03
Inscrits / participation 4 376 031 34,97

Analyse et conséquences

Les résultats donnent lieu à une cohabitation avec une Assemblée nationale divisé, l’opposition formant la nouvelle coalition au pouvoir et Hama Amadou du MNSD-Nassara, devenant Premier ministre. Cela met fin à l'alliance instable de l'AFC en place depuis la fin de la dictature en 1993, cette dernière visant principalement à écarter le MNSD, ancien parti du régime militaire du pouvoir. Le MNSD de centre droit et le PNDS de gauche forment une alliance improbable, unis principalement par leur opposition commune au président. L'incapacité du président et de ce nouveau gouvernement à collaborer conduit à une paralysie politique[1]. Cette impasse est l'une des raisons invoquées pour justifier le coup d'État du 27 janvier 1996, qui porte au pouvoir le régime militaire d'Ibrahim Baré Maïnassara[4].

Notes et références

  1. 1 2 3 4 Union interparlementaire, « Niger Élections tenues en 1995 », sur archive.ipu.org (consulté le ).
  2. (en) « Niger », sur electionpassport.com (consulté le ).
  3. (en) « Elections in Niger : 12 January 1995 National Assembly Election », sur africanelections.tripod.com, African Elections Database (version du sur Internet Archive).
  4. (en) Kaye Whiteman, « Obituary: Ibrahim Bare Mainassara », sur independent.co.uk, The Independent, (consulté le ).

Voir aussi

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