Élections législatives vénézuéliennes de 2025
| ||||||||||||||
| Élections législatives vénézuéliennes de 2025 | ||||||||||||||
| 285 députés de l'Assemblée nationale | ||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| PSUV – Diosdado Cabello | ||||||||||||||
Tupamaro
Alianza para el Cambio Movimiento Somos Venezuela Movimiento Electoral del Pueblo | ||||||||||||||
| Sièges en 2020 | 253 | |||||||||||||
| Répartition des sièges | ||||||||||||||
| ||||||||||||||
Les élections législatives vénézuéliennes de 2025 ont lieu le afin de renouveler les 285 députés de l'Assemblée nationale du Venezuela.
Contexte

Nicolás Maduro et Edmundo González Urrutia revendiquent tous deux la victoire à l'élection présidentielle vénézuélienne de 2024[1]. Maduro est déclaré vainqueur par le Conseil national électoral (CNE) avec 51,2 % des voix contre 44,2 % pour González, tandis que l'opposition conteste ces résultats et affirme avoir obtenu 67 à 70 % des suffrages selon les procès verbaux de ses scrutateurs[2],[3]. La victoire de Maduro est contestée à l'international en raison du refus du régime d'accueillir des observateurs pour vérifier la validité du scrutin[4],[5].
Pour El Espectador, avec sa précision à cinq décimales près du pourcentage avec le nombre de suffrages, la probabilité d'une fraude électorale est très élevée[6]. Allant dans le même sens, Infobae estime que cela montre que les nombres de votants ont été frauduleusement attribués à chaque candidat selon un pourcentage de voix prédéfini[7].
Le site du CNE est hors service. Le procureur général Tarek William Saab prétend que celui-ci a été victime d'une cyberattaque[8] et en accuse l'opposition d'avoir tenté d'y publier de faux résultats depuis la Macédoine du Nord[9]. Il annonce ainsi l'inculpation de la cheffe de l'opposition María Corina Machado. En parallèle, le CNE, contrôlé par le pouvoir chaviste, n'a pas publié les résultats comptabilisés par les machines à voter[10]. Pour sa part, la Macédoine du Nord demande des preuves et émet l'hypothèse qu'il s'agisse de réseau privé virtuel empruntant des adresses IP macédoniennes[9]. De leur côté, l'opposition et des observateurs estiment que ce piratage a été inventé par le pouvoir pour ne pas publier des résultats confirmant la défaite de Maduro[2],[11].
Si González n'appelle pas à manifester[12], des manifestations spontanées éclatent pour protester contre le maintien au pouvoir du président sortant. Celles-ci rassemblent des dizaines de milliers de personnes issues majoritairement de quartiers populaires[13]. Les manifestants brûlent des portraits de Maduro et déboulonnent 27 statues d'Hugo Chávez. Ceux-ci sont attaqués à coup de gaz lacrymogène par les forces de sécurité[14] et la répression fait 19 morts, dont au moins deux mineurs et un soldat de la Garde nationale bolivarienne[15],[16],[17]. Par ailleurs, plus de 700 personnes sont arrêtées par les autorités[18]. Le lendemain, María Corina Machado appelle à manifester devant les bureaux des Nations unies[19]. Maduro menace de l'arrêter elle et González[20].
L'élection de González est reconnue par de nombreux pays d’Amérique comme l'Argentine, le Costa Rica, les États-Unis, l'Équateur, le Panama, le Pérou, l’Uruguay[21],[22]. Parmi ces pays, l'Argentine, l'Équateur, les États-Unis, le Panama et le Pérou lui reconnaissent aussi le statut de président élu[23],[24],[25].
Le , le Tribunal suprême de justice certifie les résultats de l'élection présidentielle[26].
Après avoir ignoré une troisième convocation, un mandat d'arrêt est émis le contre González pour des délits tels qu'association de malfaiteurs et conspiration après que le procureur a demandé qu'il soit arrêté pour « usurpation de fonctions, falsification de documents publics, incitation à désobéir à la loi, conspiration et association »[27],[28]. Le , après s'être réfugié à l'ambassade d'Espagne, Edmundo González Urrutia et son épouse Mercedes quittent le Venezuela pour l’Espagne, qui lui accorde l'asile politique. Le régime vénézuélien lui a délivré des sauf-conduits « dans l’intérêt de la paix » selon les propos de la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez[29],[30]. La cheffe de l'opposition María Corina Machado déclare quant à elle que le départ d'Edmundo González Urrutia était nécessaire pour « préserver sa liberté et sa vie » tout comme l'Union européenne qui déclare à travers son chef de la diplomatie Josep Borrell qu'Edmundo González Urrutia « a été confronté à la répression, à la persécution politique et à des menaces directes contre sa sécurité et sa liberté avant de chercher à s'exiler » et exige que le Venezuela mette fin à l'oppression des dirigeants de l'opposition et libère tous les prisonniers politiques[30],[31].
Le , l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe décerne le Prix des Droits de l'Homme Václav Havel à María Corina Machado pour sa lutte pour les droits politiques des Vénézuéliens et « une société plus démocratique et plus juste »[32]. Le , María Corina Machado et Edmundo González Urrutia sont retenus parmi les trois finalistes du Prix Sakharov 2024[33].
Le , Nicolas Maduro prête serment, pour un troisième mandat[34].
Le , le Conseil national électoral annonce que les élections législatives et régionales auront lieu le suivant[35], avant de les reporter au [36].
Système électoral
L'Assemblée nationale est le parlement monocaméral du Venezuela. Elle est composée de 277 sièges pourvus pour cinq ans selon un mode de scrutin parallèle. Sur ce total, 133 le sont au scrutin majoritaire plurinominal dans 87 circonscriptions, dont trois sièges réservés aux communauté indigènes. Dans chaque circonscription, les candidats ayant recueilli le plus de suffrages sont élus, à hauteur du nombre de sièges à pourvoir. Les 144 sièges restants sont quant à eux pourvus au scrutin proportionnel plurinominal, dont 96 répartis dans 24 circonscriptions de trois à dix sièges correspondant aux 23 États du pays plus le district de la capitale, Caracas, auxquels s'ajoutent 48 sièges pourvus dans une unique circonscription nationale. Après décompte des suffrages, les sièges sont répartis à la proportionnelle selon la méthode D'Hondt[37],[38],[39].
Résultats
Analyse et conséquences
Les résultats préliminaires donnent sans surprise une large victoire au Grand Pôle patriotique Simón Bolívar (GPPSB), la coalition du président Nicolas Maduro, avec 82,68 % des voix au niveau national. Le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) remporte également 23 des 24 postes de gouverneur, lors des élections régionales organisées simultanément[40].
Le taux de participation s'établit à 42,66 % selon le Conseil national électoral. L'opposition vénézuélienne ayant appelé au boycott du scrutin dénonce un gonflement des chiffres de la participation par le gouvernement, notamment par la voix de l'ancien candidat Edmundo González Urrutia à l'élection présidentielle contestée de 2024 et par la chef de l'opposition María Corina Machado qui se félicite d'avoir « démasqué cette grande farce »[40]. Pour leur part, les anciens candidats à la présidence Henrique Capriles et Henri Falcón sont élus députés[41].
Notes et références
- ↑ Le Temps avec l’ATS, « Présidentielle au Venezuela: sans certitude, pouvoir et opposition crient victoire - Le Temps », sur www.letemps.ch, (consulté le ).
- 1 2 France Info avec l’AFP, « Présidentielle au Venezuela: Nicolas Maduro rejette toute "négociation" avec la cheffe de l'opposition »
, sur France Info.fr, (consulté le ) - ↑ « Nicolas Maduro est-il en train de voler la victoire au Venezuela ? », sur www.20minutes.fr, (consulté le )
- ↑ RFI avec l’AFP, « Le Venezuela interdit des observateurs internationaux de séjour à la veille du scrutin présidentiel »
, sur RFI.fr, (consulté le ) - ↑ « Venezuela : vague de contestations à l'international après la réélection de Nicolas Maduro », sur La Tribune, 2024-07-29cest09:20:00+0200 (consulté le )
- ↑ (es) El Espectador, « ¿Por qué ver estos decimales ayudaría a hablar de un fraude en Venezuela? », sur ELESPECTADOR.COM, (consulté le ).
- ↑ (es) « El burdo cálculo matemático en la información oficial que aumenta las sospechas sobre la manipulación de la elección en Venezuela », sur infobae, infobae, (consulté le ).
- ↑ (es) « Fiscal General de Venezuela: “Rechazamos los intentos de injerencia y declaraciones temerarias de algunos pueblos de Latinoamérica” », sur Ámbito Financiero, líder en noticias económicas, (consulté le )
- 1 2 Bogdan Bodnar, « Au Venezuela, le pouvoir accuse désormais la Macédoine du Nord d'avoir piraté les élections », sur Numerama, Numerama, (consulté le ).
- ↑ Maëlle Roudaut, « La réélection de Maduro contestée au Venezuela, ce résultat peut-il encore changer ? », sur Le HuffPost, (consulté le )
- ↑ « Combat et voyage sur Mars: le torchon brûle entre Elon Musk et le président vénézuélien Nicolas Maduro », sur BFMTV (consulté le ).
- ↑ Le Figaro avec AFP, « Venezuela : une personne tuée dans des manifestations contre la réélection de Maduro », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ Benjamin Delille, « Au Venezuela, les quartiers envahissent la rue contre Nicolás Maduro », sur Libération, (consulté le )
- ↑ Par Alexis Da Silva, « Manifestations, statues de Chavez déboulonnées… Tout comprendre aux tensions au Venezuela », sur L'Express, (consulté le )
- ↑ « Réélection contestée de Nicolas Maduro : douze civils tués lors des manifestations au Venezuela, dont deux mineurs, selon un nouveau bilan », sur Franceinfo, (consulté le ).
- ↑ Redazione Agenzia Nova, « Venezuela : manifestations contre les résultats de l'élection présidentielle, au moins 3 morts et 44 blessés – vidéo », sur Agenzia Nova, (consulté le )
- ↑ Marie Delcas, « Au Venezuela, le président Nicolas Maduro joue la peur », sur Le Monde.fr, (consulté le )
- ↑ Margot Davier, « Détail d'article », sur La Libre.be, (consulté le )
- ↑ « Venezuela-L'opposition appelle à un rassemblement contre la réélection de Maduro », sur Boursorama, (consulté le )
- ↑ « Le président vénézuélien Nicolas Maduro menace l'opposition, qui appelle à la mobilisation », sur rts.ch, (consulté le ).
- ↑ M.Lo, « Argentine, Costa Rica, Pérou… Ces pays qui reconnaissent la victoire de l’opposant à Nicolás Maduro »
, sur Le Parisien.fr, (consulté le ) - ↑ Le Monde avec AFP, « Election au Venezuela : l’Argentine, l’Uruguay, l’Equateur, le Costa Rica et le Panama reconnaissent à leur tour l’opposant Edmundo Gonzalez Urrutia comme président élu », sur Le Monde.fr, (consulté le )
- ↑ « Venezuela: l'autorité électorale ratifie la victoire de Nicolas Maduro, l'opposition appelle à manifester », sur RFI, (consulté le )
- ↑ Le Monde et l’AFP, « Election au Venezuela : l’Argentine, l’Uruguay, l’Equateur, le Costa Rica et le Panama reconnaissent à leur tour l’opposant Edmundo Gonzalez Urrutia comme président élu »
, sur www.lemonde.fr, (consulté le ) - ↑ France 24, « Venezuela : les États-Unis reconnaissent Edmundo Gonzalez Urrutia comme "président élu" »
, sur www.france24.com, (consulté le ) - ↑ (en) George Sandeman, « Venezuelan court upholds Maduro’s disputed victory »
, sur www.bbc.com, (consulté le ) - ↑ (en) Vivian Sequera, Mayela Armas, « Venezuela issues arrest warrant for opposition leader Gonzalez, AG says »
, sur www.reuters.com, (consulté le ) - ↑ (en) Tom Phillips, « Venezuela judge issues arrest warrant for opposition leader after disputed election »
, sur www.theguardian.com, (consulté le ) - ↑ « Venezuela : Edmundo Gonzalez, le candidat de l’opposition, s’exile en Espagne », sur Le Monde, (consulté le )
- 1 2 RFI avec l'AFP, « Venezuela: le candidat de l'opposition Edmundo Gonzalez Urrutia est arrivé en Espagne »
, sur www.rfi.fr, (consulté le ) - ↑ franceinfo avec l'AFP, « Venezuela : l'Union européenne demande à Caracas de mettre fin à l'oppression de l'opposition »
, sur www.francetvinfo.fr, (consulté le ) - ↑ Conseil de l'Europe, « Le Prix Václav Havel 2024 décerné à la personnalité politique et défenseuse des droits vénézuélienne, María Corina Machado », Communiqué de presse, 30 septembre 2024 (consulté le 20 octobre 2024).
- ↑ Parlement européen, "Prix Sakharov 2024: les députés ont choisi les finalistes", Communiqué de presse, 17 octobre 2024 (consulté le 20 octobre 2024) : le Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit est décerné par le Parlement européen et il constitue la plus haute distinction de l’Union européenne en matière de droits humains.
- ↑ (en) Stefano Pozzebon, Michael Rios, Abel Alvarado,, « Venezuela’s Nicolas Maduro sworn in for third presidential term as opposition decries ‘coup’ », sur www.cnn.com, CNN, (consulté le ).
- ↑ « Le Venezuela convoque des législatives et régionales le 27 avril, boycottées par l'opposition », sur RFI, .
- ↑ « Crise au Venezuela - Les législatives repoussées d'un mois, au 25 mai, au Venezuela », sur DH.be, .
- ↑ « Le Venezuela annonce des élections législatives en décembre », sur lemonde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
- ↑ (es) « CNE divulga cronograma electoral y número de diputados por estados », sur efectococuyo.com/, (consulté le ).
- ↑ (es) « CNE aumentó cantidad de diputados a elegir de 167 a 277 », sur cronica.uno, (consulté le ).
- 1 2 AP et AFP, « Élections au Venezuela : le parti du président Maduro remporte une écrasante victoire, l’opposition se félicite d’une faible participation », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le ).
- ↑ Roger D. Harris, « Ballots and Bias: How the Press Framed Venezuela’s Regional and Legislative Elections », sur LA Progressive, (consulté le )
- Portail de l’actualité
- Portail de la politique
- Portail du Venezuela
- Portail des années 2020
