Émile Demagny

| Conseiller général du Calvados | |
|---|---|
| à partir du | |
| Conseiller d'État | |
| Secrétaire général Ministère de l'Intérieur |
| Naissance | |
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| Décès |
(à 46 ans) Avenue des Champs-Élysées (8e arrondissement de Paris) |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
François Emile Demagny |
| Nationalité | |
| Activité |
| Distinctions | Liste détaillée Chevalier de la Légion d'honneur () Officier de la Légion d'honneur () Commandeur de la Légion d'honneur () Grand officier de la Légion d'honneur () Conseiller d'État honoraire (d) |
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Émile Demagny, né le à Isigny-sur-Mer et mort le à Paris 8e, est un haut fonctionnaire français, conseiller d'État, secrétaire général du ministère de l'Intérieur, secrétaire général de la Légion d'honneur.
En tant que partisan de la République, il a préféré servir celle-ci comme conseiller d'État et secrétaire général au lieu de devenir ministre[1]. Par les différentes positions qu'il a occupées, il a joué un grand rôle et exercé une influence considérable dans la politique quotidienne du parti républicain[2].
Biographie
Fils d'un grand négociant d'Isigny[a], Demagny a débuté, tout jeune et par gout[1], dans la vie politique comme chef de cabinet du préfet de Seine-et-Oise, Albert de Girardin, dont il devait épouser, par la suite, la fille[2]. D'abord attaché au cabinet du ministre de l'Intérieur, Ernest Constans, en 1880, il entre dans la diplomatie et devint ministre plénipotentiaire chargé de mission au quai d'Orsay. En 1883, il est sous-chef de cabinet de Waldeck-Rousseau, au ministère de l'Intérieur, avant d'intégrer le cabinet de Charles de Freycinet, au ministère de la Guerre. En 1885, il retourne à l'Intérieur comme chef de cabinet de François Allain-Targé. En 1889, il devient directeur du personnel au ministère de l'Intérieur (cabinet Constans) et ensuite conseiller d'État et secrétaire général de la Légion d'honneur.
Dans le dernier cabinet de Waldeck-Rousseau, dont il a été le collaborateur principal dans son œuvre de défense républicaine, il a obtenu une délégation pour exercer le poste important de secrétaire général de l'Intérieur[2]. Avant de quitter le pouvoir, Waldeck-Rousseau l'a récompensé en l'élevant au grade de grand officier de la Légion d'honneur[3]. Il a également été conseiller général du Calvados pour le canton d'Isigny, du 14 octobre 1894[4] à sa mort[5],[b].

Appartenant depuis 1895 au Conseil d'État, il a été investi, en 1898, d'une double délégation, celle de secrétaire général de la grande chancellerie de la Légion d'honneur et celle de secrétaire général du ministère de l'Intérieur[6]. Quelques journaux lui ont reproché épisodiquement ce cumul. Ce n'est qu'après sa mort qu'on a su qu'il abandonnait généreusement tous les ans ses 20 000 francs d'appointements annuels de secrétaire de la Légion d'honneur au profit des trois établissements dépendant de la grande chancellerie de la Légion d'honneur dont la prospérité lui tenait particulièrement à cœur. Gardant tout le travail pour lui, il consacrait à ses œuvres charitables les émoluments d'un de ses emplois. Il n'a jamais voulu répondre ou laisser répondre ses amis au courant de ce détail[7].
Atteint depuis douze ans d'une maladie de reins, il a tenu à rester, malgré son état de santé chancelant, au ministère jusqu'au dernier moment. Ses trois dernières années de labeur incessant ont contribué à l'évolution rapide de la maladie dont il était atteint. Il est décédé prématurément des complications de sa maladie. Il laisse derrière lui son épouse, née de Girardin, et leurs deux jeunes filles[8]. À l'issue de ses obsèques, au cours desquelles lui ont été rendus les honneurs militaires, et auxquelles assistaient de très nombreuses personnalités officielles[9], en l'église Saint-Pierre de Chaillot, il a été inhumé au cimetière de Passy.
Hommages
La ville de Lisieux a renommé son boulevard d'Orbec à son nom[c]. Léopold Bernstamm a réalisé son buste en bronze, sur l'ancienne place Gambetta. Inauguré en 1922, le buste et l'allégorie devant le piédestal ont été détruits, sous le prétexte de la mobilisation des métaux non ferreux, pendant le régime de Vichy, à la suite de quoi le piédestal du monument entouré d'une grille est resté vide.
Grand officier de la Légion d'honneur le [3]
- Chevalier le , officier le , commandeur le [3]
Publications
Notes et références
Notes
Références
- 1 2 Boutillier du Retail, « Émile Demagny », dans Angelo Mariani (préf. Oscar Roty), Figures contemporaines, tirées de l'album Mariani : soixante-quinze biographies, notices, autographes et portraits, t. 5, Paris, Henri Floury, , 250 p., 14 vol. ill. ; 28 cm (OCLC 5667680, lire en ligne sur Gallica), p. 71-3.
- 1 2 3 « Nécrologie : M. Emile Demagny », Le Temps, Paris, vol. 42, no 15104, , p. 3 (ISSN 2420-2789, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
- 1 2 3 « Cote C/0/55 », base Léonore, ministère français de la Culture.
- ↑ « Partie non officielle », Journal officiel de la République française. Lois et décrets, Paris, vol. 26, no 284, , p. 5 (lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
- ↑ « Ministère de l'intérieur et des cultes », Journal officiel de la République française. Lois et décrets, Paris, vol. 26, no 284, , p. 3 (lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
- ↑ « Obsèques de M. Émile Demagny », Figaro, Paris, 3e série, vol. 48, no 297, , p. 3 (lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
- ↑ Jean Cricq, « Cette semaine… », Le Progrès, Paris, vol. 9, no 853, , p. 2 (ISSN 2102-6807, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
- ↑ Hélène Sée, « Mort de M. Demagny », La Fronde, Paris, vol. 6, no 1777, , p. 1 (ISSN 1256-0138, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
- ↑ « Les Obsèques de M. Demagny », Le Matin, Paris, vol. 19, no 6816, , p. 4 (ISSN 1256-0359, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
Liens externes
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