Épisème (Antiquité)

L’épisème est un signe distinctif dessiné ou gravé sur un bouclier (ou aspis) ou sur une pièce de monnaie[1]. Ce signe sert à reconnaître une personne et aussi à impressionner son ennemi.
Les illustrations utilisées sur les boucliers font souvent références aux monstres de la mythologie ou à des symboles forts.
Usage
Dans l'Antiquité grecque, chaque guerrier doit fournir son propre équipement : le choix du décor d'un bouclier est donc personnel[2]. Il ne répond pas aux mêmes règles complexes de l'héraldique médiévale : s'il possède le même rôle identitaire, la notion de généalogie est absente[3].
Motifs
Une grande variété de motifs sont figurés sur les boucliers, ce que montrent les découvertes archéologiques à Olympie[3],[4].
Le gorgonéion
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Dans l’Iliade, la Gorgone figure sur le bouclier d'Achille[réf. souhaitée].
Le lambda spartiate
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Dans la culture populaire, les Spartiates sont souvent représentés avec des boucliers portant un lambda majuscule (Λ). Si cette image s'est imposée, elle n'a que peu de fondement historique[2].
La seule source antique évoquant ce symbole se trouve dans un fragment d'une œuvre perdue d'Eupolis (Ve siècle av. J.-C.)[2], qui décrit la peur que les Athéniens, et notamment Cléon, ressentent face aux Spartiates[5] :
« […] ἐξεπλάγη γὰρ ἰδὼν στίλβοντα τὰ λάβδα. »
« En voyant les Lambdas éclatants, il fut terrifié. »
Cependant, aucun bouclier arborant un lambda n'est attesté archéologiquement : des figurines en terre cuite de soldats découvertes en Laconie montrent tous types de décors (animaux, signes géométriques ou divers symboles)[2].
Autres motifs
La ville de Téos a pour épisème un griffon[réf. souhaitée].

Scène d'hoplitodromos sur une amphore attique à figures noires attribuée au Groupe E, VIe siècle av. J.-C., collections d'Antiquités de l'État bavarois.
Notes et références
- ↑ La monnaie antique: Grèce et Rome, VIIe siècle av. J.-C.-Ve siècle apr. J.-C, Ellipses, coll. « Le Monde, une histoire. Mondes anciens », (ISBN 978-2-340-02160-0)
- 1 2 3 4 (en) Spencer McDaniel, « Did Spartan Shields Really Bear the Letter Lambda? »
, sur Tales of Times Forgotten, (consulté le ). - 1 2 Lissarrague 2008, § 10.
- ↑ Philipp 2004.
- ↑ (en) John Francis Lazenby, « The killing zone », dans Victor Davis Hanson, Hoplites. The classical Greek battle experience, Londres et New-York, Routledge, (ISBN 0-415-09816-5), p. 105.
- ↑ (en + grc) Ian C. Storey, Fragments of Old Comedy, vol. II : Diopeithes to Pherecrates, Cambrige, Harvard University Press, coll. « Loeb Classical Library » (no 514), (ISBN 9780674996632, lire en ligne
), p. 258-259 :« Seeing the flashing Lambdas he was terrified. »
Voir aussi
Bibliographie
- François Lissarrague, « Le temps des boucliers », Images Re-vues, no hors-série 1 « Traditions et temporalités des images », (lire en ligne
, consulté le ). - (de) Hanna Philipp (de), Archaische Silhouettenbleche und Schildzeichen in Olympia, Berlin et New-York, De Gruyter, coll. « Olympische Forschungen (de) » (no 30), (ISBN 3-11-017865-6).
- Rémi Saou, « La terminologie du bouclier hoplitique », Revue des Études Anciennes, vol. 123, no 2, , p. 489-505 (lire en ligne
, consulté le ).
Articles connexes
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