Arsace Ier de Parthie

Arsace Ier
Illustration.
Monnaie d'Arsace Ier
Titre
Roi des Parthes
238[1]
Successeur Tiridate Ier
Biographie
Dynastie Arsacides
Père P'riapata
Enfants Arsace II

Arsace Ier (du grec ancien : Ἀρσάκης; en parthe : 𐭀𐭓𐭔𐭊, romanisé: Aršak) est le premier souverain de Parthie (r. ) ainsi que fondateur et éponyme de la dynastie arsacide. Chef des Parni, l'une des trois tribus de la confédération Dahae, Arsace fonde sa dynastie au milieu du IIIe siècle av. J.-C., après la conquête de la satrapie de Partie (aujourd'hui située en partie au Turkménistan et en partie en Iran) face à Andragoras, qui se rebelle contre les séleucides.

Pendant le reste de son règne, Arsace renforce son pouvoir dans la région et met fin aux tentatives séleucides visant la reconquête de la Parthie. Ses triomphes en font une figure célèbre parmi les souverains arsacides, qui utilisent son nom en tant qu'honorifique royal. Arsace est remplacé par son fils Arsace II.

Historicité et origine

Arsace est très peu fréquenté dans les sources littéraires et il ne se voit que dans des œuvres contradictoires grecs et romains, rédigées des siècles après sa mort. En conséquence, son règne n'est guère connu et son existence est même soupçonnée dans les études modernes, avant d'être réaffirmée par de nouvelles recherches et découvertes archéologiques dans les années 1960.

Règne

Vers , Arsace conquiert Astauene, dans la vallée de l'Atrek[2]. Puis, probablement en , il est couronné à Asaak (en), une cité fondée par lui-même qui devient la nécropole royale des Arsacides[3]. Ce couronnement est souvent considéré comme le point de départ de la dynastie arsacide[4]. Aux environs de , Andragoras — alors gouverneur de la province séleucide de Parthie — proclame son indépendance de Séleucos II Kallinikos[4]. En raison de cette sécession, Andragoras perd le soutien militaire de la part des Séleucides et galère à maintenir les frontières de sa contrée ; ainsi, vers , les Parni paviennent-ils à envahir la Parthie et s'emparer de Astabene (Astawa)[5], sous le commandement d'Arsace et son frère Tiridate Ier[6],[7].

Monnaie

D'après Khodadad Rezakhani, la monnaie d'Arsace est « le prototype » de toutes les pièces arsacides ultérieures, bien que celles-ci soient elles-mêmes un peu modifiées[8]. Rezakhani rajoute que la monnaie d'Arsace emprunt maintes caractéristiques à celle provenue des séleucides et des satrapies achéménides, alors qu'elle présente plusieurs innovations qui la différencient de ses prédécesseuses[9]. Alireza Shapour Shahbazi voit sur les pièces d'Arsace une divergence délibérée depuis les pièces séleucides, qui montre « les aspirations nationalistes et royales » de ce dernier : la figure typique séleucide d'Apollon assis sur l'omphalos avec un arc à la main, est remplacée par un archer mimant Arsace[α], qui est assis sur un tabouret (de la même manière que certains satrapes achéménides, tels que Datamès) et habillé à la sace en portant un bonnet souple nommé bachlyk[10].

Dans certaines inscriptions e ses pièces, Arsace est appelé kārny[β] (l'équivalent grec étant autokrator), titre porté par d'éminents chefs militaires achéménides[10],[γ]. De par ce titre, Arsace se montre intentionnellement au-dessus d'un satrape, tout en évitant simultanément le titre royal basileus (roi) ; aussi se conforme-t-il à la tradition royale séleucide, qu'il rejette[11]. Le titre basileus est d’une importance mineure chez les iraniens[12].

Il s'avère qu'Arsace tire parti de la cité Nisa, fondée par lui-même, comme site pour ses ateliers de frappe[13]. Ses pièces sont frappées en argent et en bronze[8]. Les drachmes d'argent d'Arsace porte son profil imberbe à l'avers, le regard vers la droite, qui ressemblable aux représentations de la royauté séleucide sur ses pièces[14]. Fabrizio Sinisi rajoute que, de même, l'archer assis au revers est tourné vers la gauche[15]. La légende grecque ΑΡΣΑΚΟΥ ΑΥΤΟΚΡΑΤΟΡΟΣ est inscrite en deux lignes verticales sur les côtés des drachmes, à la même manière des pièces séleucides[16]. À ces caractéristiques près, Sinisi note que les pièces d'Arsace suggère visiblement qu'elles proviennent d'un souverain non grec : comme les pièces de l'époque achéménide, Arsace porte le bonnet pointu et souple à l'avers et l'archer au revers est vêtu d'un costume d'équitation iranien[17].

Biographie

Fils d'un certain P'riapata (en grec Phriapatios), il aurait été d'abord simple soldat dans l'armée d'Antiochos II. Il défait vers 238, dans des circonstances inconnues, le satrape Andragoras qui a profité de la deuxième guerre de Syrie pour s'affranchir des séleucides en 255. Il s'empare ensuite de la Parthie et de l'Hyrcanie. Il prend le titre de roi et fait d'Hécatompyles sa capitale.

Selon les versions :

Bibliographie

Historiographie antique

Historiographie moderne

  • Michael Axworthy, A history of Iran: empire of the mind, Basic Books, (ISBN 978-0-465-00888-9, 978-0-465-09876-7 et 978-0-465-01920-5)
  • Mary Boyce, Zoroastrians: their religious beliefs and practices, Routledge, coll. « Library of religious beliefs and practices », (ISBN 978-0-415-23902-8 et 978-0-415-23903-5)
  • Richard Nelson, The history of ancient Iran, München : C.H. Beck, (ISBN 978-3-406-09397-5, lire en ligne)
  • Ehsan Yar Shater, Harold Walter Bailey et Basil Gray, The Cambridge history of Iran, Cambridge university press, (ISBN 978-0-521-20092-9)
  • (en-US) « ARSACIDS iv. Arsacid religion », sur Encyclopaedia Iranica (consulté le )
  • Vesta Sarkhosh Curtis et Sarah Rosemary Anne Stewart, The age of the Parthians, I.B. Tauris, coll. « The idea of Iran », (ISBN 978-1-84511-406-0)
  • (en) Touraj Daryaee, The Oxford Handbook of Iranian History, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-987575-7, lire en ligne)
  • Richard C. Foltz, Religions of Iran: from prehistory to the present, Oneworld, (ISBN 978-1-78074-307-3 et 978-1-78074-308-0)
  • The Parthian and early Sasanian empires: adaptation and expansion proceedings of a conference held in Vienna, 14-16 June 2012, British Institute of Persian Studies (BIPS) Oxbow Books, coll. « British institute of Persian studies archaeological monographs series », (ISBN 978-1-78570-207-5)
  • The Oxford handbook of ancient Iran, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-066866-2)
  • Mehrdad Kia, The Persian empire: a historical encyclopedia, ABC-CLIO, coll. « Empires of the world », (ISBN 978-1-61069-391-2 et 979-8-4006-9622-0)
  • (en) Marek Jan Olbrycht, Early Arsakid Parthia (ca. 250-165 B.C.): At the Crossroads of Iranian, Hellenistic, and Central Asian History, BRILL, (ISBN 978-90-04-46076-8, lire en ligne)
  • Nikolaus Leo Overtoom, Reign of arrows: the rise of the Parthian Empire in the Hellenistic Middle East, Oxford University Press, coll. « Oxford studies in early empires », (ISBN 978-0-19-088832-9)
  • [Rezakhani (2013)] (en) Khodadad Rezakhani, « Arsacid, Elymaean, and Persid Coinage », dans The Oxford Handbook of Ancient Iran, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-973330-9, DOI 10.1093/oxfordhb/9780199733309.001.0001)
  • (en-US) « ARSACIDS i. Origins », sur Encyclopaedia Iranica (consulté le )
  • [Sinisi (2012)] (en) Fabrizio Sinisi, « The Coinage of the Parthians », dans The Oxford Handbook of Greek and Roman Coinage, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-530574-6, DOI 10.1093/oxfordhb/9780195305746.001.0001)
  • Jean Getty Research Institute, Charles de Valois et Charles Moette, Arsacidarum imperium, sive, Regum Parthorum historia : ad fidem numismatum accommodata, Parisiis : Sumptibus Caroli Moette ..., (lire en ligne)
  • André Verstandig, Histoire de l'Empire parthe (-250 à 227), Bruxelles, Le Cri Histoire édition, (ISBN 2-87106-279-X, présentation en ligne)
  • Józef Wolski, « L'Historicité d'Arsace Ier », Historia: Zeitschrift für Alte Geschichte, vol. 8, no 2, , p. 222–238 (ISSN 0018-2311, lire en ligne, consulté le )
  • Józef Wolski, « Arsace II et la Généalogie des Premiers Arsacides », Historia: Zeitschrift für Alte Geschichte, vol. 11, no 2, , p. 138–145 (ISSN 0018-2311, lire en ligne, consulté le )

Annexes

Notes

  1. L'identité de l'archer est un sujet controversé. À en croire Sinisi, l'archer peut représenter un soi-disant ancêtre déifié des Arsacides, ou tout simplement le souverain arsacide lui-même. Sinisi (2012), p.280.
  2. également épelé krny ou karen. (Rezakhani 2013, p. 767) et (Sinisi 2012, p. 280)
  3. Les pièces les plus antérieures d'Arsace porte l'inscription ΑΥΤΟΚΡΑΤΟΡΟΣ. Il s'agit de la seule attestation de ce titre chez les Arsacides. Rezakhani (2013), p.767.

Références

  1. Selon la version de Justin.
  2. Dąbrowa (2012), p. 168.
  3. Dąbrowa (2012), p. 179-180.
  4. 1 2 Schippmann (1986), p. 525–536.
  5. Bickerman (1983), p. 19.
  6. Curtis (2007), p. 7.
  7. Bivar (1983), p. 29.
  8. 1 2 Rezakhani (2013), p. 766.
  9. Rezakhani (2013), p. 766-767.
  10. 1 2 Shahbazi (1986), p. 525.
  11. Olbrycht (2021), p. 251.
  12. Olbrycht (2021), p. 252.
  13. Curtis (2007), p. 8.
  14. Sinisi (2012), p. 276, 279.
  15. Sinisi (2012), p. 279.
  16. Sinisi (2012), p. 279-280.
  17. Sinisi (2012), p. 280.
  18. Justin, Abrégé des Histoires philippiques de Trogue Pompée [détail des éditions] [lire en ligne], XLI, 7.

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe

  • (en) « Arsaces I », sur Parthia.com (consulté le ).
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