Bataille de Châtillon (1591)
| Date | 1591 |
|---|---|
| Lieu | Châtillon-en-Vendelais |
| Issue | Victoire des royaux |
Jean du Mats de Montmartin |
Huitième guerre de religion (1585–1598)
Batailles
Prélude
Première guerre de Religion (1562-1563)
Deuxième guerre de Religion (1567-1568)
Troisième guerre de Religion (1568-1570)
Quatrième guerre de Religion (1572-1573)
Cinquième guerre de Religion (1574-1576)
Sixième guerre de Religion (1577)
Septième guerre de Religion (1579-1580)
Huitième guerre de Religion (1585-1598)
Guerre des Trois Henri
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- Alès (1629)
- Montauban (1629)
- Paix d'Alès (1629)
Révocation de l'édit de Nantes (1685)
| Coordonnées | 48° 13′ 33″ nord, 1° 10′ 39″ ouest | |
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La bataille de Châtillon a lieu en 1591 en la ville de Châtillon-en-Vendelais, en Bretagne, dans le cadre des guerres de religion. Elle oppose l’armée royale à l’armée ligueuse. Montmartin est envoyé pour faire capituler après quelques jours de siège et 800 coups de canon Châtillon-en-Vendelais. Pendant qu'on traitait des conditions de la capitulation, presque tous les assiégés furent massacrés[1].
Circonstances
Le chef de la Ligue pour la région est Mercœur, gouverneur de la Bretagne.
En 1590, Mercœur, gouverneur de Bretagne, se révolte contre l’accession au trône du protestant Henri de Navarre. Le duc de Mercœur se met à la tête de la Ligue de Bretagne, songeant même à rétablir la souveraineté de cet ancien duché, sa femme étant descendante de Jeanne de Penthièvre. Il se proclame également Protecteur de l’Église catholique et romaine dans cette province.
Le duc de Mercœur, nommé gouverneur de la Bretagne par Henri III de France, continuait à y commander pour la Ligue, en même temps que le prince de Dombes y exerçait l'autorité sur les troupes royales. Ce dernier, ayant perdu à l'attaque du château de Lamballe, François de La Noue, un des plus habiles capitaines de son parti, se retira. Il prit la résolution de passer prêt de Rennes et d'attaquer le Château de Châtillon si l'occasion le permettait. Depuis Saint-Méen, Jean du Mats de Montmartin est dépêché pour faire préparer toute l'artillerie, tant de Vitré que de Rennes. En effet, la garnison de 200 hommes soutenue par les ligueurs de Fougères inquiète journellement les habitants de son gouvernement de Vitré.
La bataille
Jean du Mats de Montmartin, chargé de la direction de son artillerie, mit en peu de jours six canons et deux couleuvrines en état de tirer. Le gouverneur de Rennes René de Marec de Montbarot fit digilence de recouvrer des boeufs ès environs du dit Rennes pour mener les ditespièces au dit siège de Châtillon.
Le prince de Dombes se dirige vers Châtillon. Jean du Mats de Montmartin investit la place[2], et plaça l'artillerie. La place est donc investie par les troupes du prince et les Anglais de John Norreys. Vauborel et autres fidèles de Montmartin sont également de la partie.
Il y avait dans la place 200 hommes de guerres et quelques gardes du duc de Mercœur (entre 7 et 8 selon Montmartin). Ils soutinrent les premiers efforts; mais le canon ayant tiré sept à huit cents coups, ils firent réflexion sur leur petit nombre et demandèrent à capituler. Pendant les pourparlers, ils furent assaillis et presque tous taillés en pièces; le feu prit aux poudres et acheva le désastre.
La perte de Châtillon fut très sensible au duc de Mercœur; ayant entendu dire qu'on avait fait pendre ses gardes et voulant venger la mort d'un nommé Tiffonnière qui avait été pendu pour ses maléfices, il rendit le même traitement à Jérôme Gaultier[3], sieur des Coyers[4] ou des Conières, senéchal du Comté de Laval, qu'il tenait en prison depuis 2 ans au Château de Nantes.
Le prince de Dombes y perdit, selon Montmartin, un gentilhomme de qualité, le sieur de Beaujeu. Le gouvernement de Châtillon fut donné à Bremanfany dit Jean de Vauborel[5].
Notes et références
- ↑ A l'exception de quelques gardes du duc de Mercœur, qui se trouvaient parmi eux et que Montmartin réussit à renvoyer sains et saufs.
- ↑ Les habitants de Vitré avaient fourni la poudre et les balles dont ils avaient fait bon magasin pour battre la dite place.
- ↑ C'était un jeune homme d'un esprit agréable et orné, habile à jouer des instruments, et dont les qualités avaient plu au duc qui lui laissait dans le château de Nantes plus de liberté qu'aux autres prisonniers. Dans l'explosion de sa colère il le sacrifia. Gautier avait suivi les doctrines protestantes ; mais au moment du supplice il se rappela les leçons de son enfance, demanda à être confessé et mourut catholique. Dom Morice Morice, II. 412. Jean du Mats de Montmartin. André René Le Paige.
- ↑ probablement fils de Gervais Gaultier et de Catherine Berault, était, quoique jeune encore, juge ordinaire civil et criminel au Comté de Laval en 1586. C'était la première magistrature de la ville. Il avait épousé Élisabeth Letonnelier. Louis, son fils aîné, fut tenu sur les fonts du baptême, en 1586, par Louis de Montecler, gouverneur de la ville ; René reçut aussi le baptême l'année suivante. En 1589, les ligueurs qui parcouraient le pays, attaqués par la garnison et la milice bourgeoise de Laval, firent prisonnier le sieur Gaultier des Coyers et l'emmenèrent à Nantes. La capture et la date, quant à l'année, sont certaines, mais on ne saurait admettre que l'événement ait eu lieu aussitôt après la levée du Siège de Vitré (14 août 1589) par Mercœur, puisque Laval, à cette époque, tenait encore pour la Ligue. Il faut le reculer jusqu'au mois d'octobre 1589, après la reddition de la ville à Henri IV. Gaultier « avoit un esprit agréable et fort orné et étoit fort habile à toucher des instruments. Le duc (de Mercœur) s'en amusoit et lui laissoit plus de liberté qu'aux autres prisonniers ». Mais le bruit ayant couru qu'en prenant Châtillon-en-Vendelais, 15 septembre 1591, les troupes de Montmartin avaient passé au fil de l'épée les officiers en chef des ligueurs — ce qui d'ailleurs était faux — Mercœur envoya dire à son prisonnier de se préparer à la mort. « Jérôme Gaultier, dit un mémoire de famille, était alors au château de Nantes avec grande compagnie de dames et jouant avec elles. Il reçut la nouvelle avec intrépidité et sans laisser apercevoir aucune émotion. Il pria simplement les gens du duc de lui laisser terminer sa partie. » « Au pied de l'échelle, écrit Montmartin, il voulut estre confessé et mourut catholique. ». « Bataille de Châtillon (1591) », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne)
- ↑ En 1595 la garnison de Châtillon comptait 20 hommes montés et armés à la légère commandés par Vauborel, un cornette, un maréchal des logis; cinquante arquebusiers à pied commandés par un capitaine, un sergent, deux caporaux. La dépense montait par mois à 474 écus. (Doc. inédits sur la ligue en Bretagne par A. de Barthélemy)
Voir aussi
Sources
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Étienne-Louis Couanier de Launay, Histoire de Laval (818-1855), Imp. Godbert, , 608 p. [détail des éditions] (lire en ligne)

- Mémoires de Jean du Mats, seigneur de Terchant et de Montmartin, gouverneur de Vitré, ou Relation des troubles arrivés en Bretagne depuis l'an 1589 jusqu'en 1598.'

- Revue historique de l'Ouest, Volume 2 publiée par Gaston Louis Michel Marie baron de Carné Voir en ligne

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