Bataille de l'île de Bréhat
| Date | septembre 1408 |
|---|---|
| Lieu | Île-de-Bréhat, Côtes-d’Armor, Bretagne |
| Issue |
|
| Inconnue (garnison du château et habitants mobilisés) | Inconnue (flotte anglaise avec plusieurs navires et troupes terrestres) |
| Inconnues (nombreux habitants massacrés ou rançonnés) | Inconnues (incluant Edmond de Holand, tué par un carreau d’arbalète) |
La bataille de l’île de Bréhat (septembre 1408) est un épisode de la Guerre de Cent Ans, marqué par une attaque anglaise contre l’Île-de-Bréhat, alors sous contrôle de la maison de Blois-Penthièvre, en conflit avec le duc de Bretagne Jean V. Dirigée par l’amiral Edmund Holland comte de Kent, l’expédition anglaise aboutit à la destruction du château, au pillage et à l’incendie de l’île, mais se solde par la mort de Holand, tué par un carreau d’arbalète.
Contexte
Au début du XVe siècle, la Guerre de Cent Ans s’accompagne de conflits internes en Bretagne, où le duc Jean V est en lutte avec la maison de Blois-Penthièvre, dirigée par Olivier de Blois comte de Penthièvre, pour le contrôle du duché[1]. L’Île-de-Bréhat, possession des Penthièvre, est stratégiquement située sur la côte nord de la Bretagne, en faisant une cible pour les flottes anglaises naviguant dans la Manche[2]. En 1408, Jean V, allié des Anglais via la reine d’Angleterre Jeanne de Navarre, épouse d’Henri IV (roi d'Angleterre), demande une intervention contre Bréhat, dont les habitants refusent de payer leur part de la dot de la reine[3]. Par ailleurs, Olivier de Blois est en rébellion contre Jean V, ce qui motive l’attaque anglaise pour affaiblir les Penthièvre et soutenir le duc[4]. L’île, dotée d’un château fort au Gardeno depuis le XIVe siècle, est un point de défense clé, mais vulnérable face à une attaque navale[1].
Déroulement
En juin 1408, une flotte anglaise, commandée par Edmund Holland comte de Kent, récemment nommé amiral pour le nord et l’ouest, quitte Southampton pour attaquer Bréhat[3]. Holand, endetté et ayant engagé ses biens personnels pour financer l’expédition, dirige une force composée de navires et de troupes terrestres, dont l’effectif exact reste inconnu[5].
L’attaque débute en septembre 1408. Les Anglais débarquent sur l’île, assiègent le château situé dans l’anse de la Chambre, et lancent un assaut. La garnison, probablement composée de soldats fidèles aux Penthièvre et d’habitants mobilisés, résiste mais est rapidement submergée[1]. Selon certaines sources, Holand, chevauchant sans son bassinet, est mortellement blessé à la tête par un carreau d’arbalète tiré depuis les murs du château[6].
Malgré sa mort le 15 septembre, les Anglais parviennent à prendre le château, qui est démoli, ses pierres étant, selon la tradition orale, transportées pour construire le premier bassin de Paimpol[1].
L’île est ensuite pillée et incendiée, les habitants rançonnés ou massacrés. Les sources mentionnent une dévastation totale, rendant l’île temporairement indéfendable[2].
Conséquences
La victoire anglaise renforce temporairement l’autorité de Jean V en Bretagne et affaiblit les Penthièvre, mais elle coûte cher aux Anglais avec la perte d’Edmund Holand, un commandant expérimenté[3].
Son corps est ramené en Angleterre et inhumé à l’abbaye de Bourne, bien que certaines traditions locales suggèrent un enterrement sur l’île de Lavrec, dans l’archipel de Bréhat[5]. Sa veuve, Lucia Visconti, naturalisée anglaise, reçoit une pension, mais Holand meurt sans testament, laissant des dettes importantes[3].
L’île de Bréhat, dévastée, est exemptée de fouage en 1435 par le duc de Bretagne en raison des dommages subis[2]. La destruction du château et les pertes humaines poussent les autorités à envisager l’évacuation de l’île, jugée indéfendable, mais l’activité de pêche est maintenue[1].
Les incursions anglaises se répètent, notamment en 1420, aggravant la vulnérabilité de l’île[2]. Une trêve entre l’Angleterre et la Bretagne est prolongée jusqu’en juillet 1409, puis renouvelée en 1411, mais les tensions persistent[3].
Commémorations
Aucune commémoration spécifique de la bataille de 1408 n’est mentionnée dans les sources. Cependant, les ruines du château, dont des pans de murs et une tour, restent visibles sur l’île, témoignant de cet épisode[4]. La tradition orale autour de l’utilisation des pierres du donjon pour le bassin de Paimpol perpétue la mémoire de la destruction[1].
Bibliographie
Notions historiques, géographiques, statistiques sur le département des Côtes-du-Nord, Caillères, (lire en ligne) History of England Under Henry the Fourth, Longmans, Green, and Co., (lire en ligne) A Noble Way To Go, Independent, (lire en ligne) « Géographie et histoire de l’Île-de-Bréhat », sur Île-de-Bréhat « Les îles bretonnes face aux attaques anglaises », sur OpenEdition Books « Edmund de Holand », sur Find a Grave
Références
- 1 2 3 4 5 6 « Géographie et histoire de l’Île-de-Bréhat », sur Île-de-Bréhat (consulté le )
- 1 2 3 4 « Les îles bretonnes face aux attaques anglaises », sur OpenEdition Books (consulté le )
- 1 2 3 4 5 History of England Under Henry the Fourth, Longmans, Green, and Co., , 103–104 p. (lire en ligne)
- 1 2 Notions historiques, géographiques, statistiques sur le département des Côtes-du-Nord, Caillères, , 208 p. (lire en ligne)
- 1 2 « Edmund de Holand », sur Find a Grave (consulté le )
- ↑ A Noble Way To Go, Independent, (lire en ligne)
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