Château de Chauvigny (Mayenne)
| Château de Chauvigny | |
| Pays | |
|---|---|
| Région historique | Pays de la Loire |
| Commune | Athée |
Le Château de Chauvigny ou Château de Chauvigné est un château français situé à Athée, dans le département de la Mayenne et la région des Pays de la Loire. Il est situé à 3 kilomètres au Nord du bourg, sur l'Oudon. Le château a été reconstruit en 1840 sur les plans d'Edouard Moll. La partie nord du château est ancienne, mais appareillée avec la construction neuve[1].
Histoire
Désignation
- O. de Chavegné, 1247 (Historiens de France, t. XXIV).
- Apud Calvigneium, XIIIe siècle (Prieuré d'Origné).
- Château et moulin (Jaillot).
- Chauvigné, château et village (Carte de Cassini)
Féodalité
Le seigneur de Chauvigny relevait de Craon pour son domaine, pour la Maugendière, le moulin d'Athée et la Malaumône, 1457 ; il prétendait avoir droit de contraindre tous les sujets de la Baronnie de Craon à venir à son « moulin foulereux », 1537[1]. Philippe de Madaillan, quoique protestant, fit en 1643 une transaction avec le baron de Craon au sujet des droits honorifiques dans l'église d'Athée[1].
Protestantisme
Jusqu'à la Révocation de l'édit de Nantes, les Madaillan eurent un prêche protestant dans leur château[1]. Deux commissaires dont l'un catholique et l'autre protestant, vinrent y faire une enquête sur les agissements de Philippe de Madaillan, en 1670. Plusieurs ministres s'y succédèrent[2]. Des perquisitions furent faites en 1676 au château habité par René de Madaillan et ses enfants nouvellement convertis, pour saisir les livres hérétiques.
Chapelle
Il ne reste rien de la chapelle qu'avait fait édifier dans le parterre du château Amaury de Madaillan[1] et qui fut bénite le [3].
Seigneurs[1]
- Burchardus de Chauvineio, cité plusieurs fois au cartulaire de l'Abbaye de la Roë, XIIe siècle
- Guillaume de Chauvigny, croisé en 1190.
- Guy de Chauvigné, 1217.
- Odeline, dame de Chauvigny, par crainte de ses suzerains, avait mis ses biens sous la garde du roi, in custodia et sessina regis. Elle se plaint des exactions des officiers royaux, 1247.
- Hubert de Chauvigné, 1342, valet, témoin à la Chapelle-Craonnaise, 1347.
- Jean de Chauvigné, chevalier bachelier dans la compagnie de Jean de la Teillaie, à Craon, 1380 ; dans celle de Jean de Landivy, à Mantes, 1386 ; membre de la confrérie de Saint-Nicolas de Craon, 1388, † 1400.
- Guillaume de Chauvigné obtient délai du roi, pour paraître aux assises de Saint-Poix, 1402, 1408 ; avec Jeanne de la Frette, sa mère, donne 17 setiers de seigle de rente à la chapelle fondée par Guillaume Valleaux à Saint-Maurice d'Angers, 1407 ; traite avec le baron de Craon pour avoir sûreté contre les Anglais, 1428.
- Jean de Chauvigné, époux de Marie du Bois-Froust, 1448.
- René de Chauvigné paraît à la montre du Lion-d'Angers, le , reçoit aveu de Sévillé, 1471.
- Georges de Chauvigné laisse veuve, avant 1515, Françoise Margerie.
- François de Chauvigné, mari d'Antoinette de Prunelé, sert sous le connétable Anne de Montmorency, 1538 ; a une maison à Craon dans la rue aux Juifs, 1543.
- Louis de Chauvigné ratifie en 1548 un contrat fait avec les religieuses de Patience par son père.
- Roland de Chauvigné.
- Jean de Madaillan de Lesparre, mari de Judith de Chauvigny, fille aînée, veuve de Louis Hurault, 1590 ; il mourut en sa maison de Chauvigny, partage de son fils puîné, Philippe, qui de Marie Olivier eut : Philippe, tuteur en 1682 des enfants qu'il avait eus de Renée de l'Enfermat ; Pierre, René et Amaury.
- René de Madaillan, comte de Chauvigny, 1671, époux de Marie Buisnard refusa longtemps de se convertir ; cependant ses enfants, Jean et Anne-Marie, tiennent sur les fonts, à Athée, un enfant du jardinier du château. Il réside à Paris en 1686 et le roi lui fait signifier, le 5 janvier, que s'il ne se convertit sous trois jours, sa présence étant préjudiciable aux conversions, il devra retourner dans sa province ; il y est témoin à un mariage catholique la même année et meurt au mois de décembre 1690, après avoir « protesté dans sa dernière maladie vouloir vivre et mourir enfant de la sainte Église romaine, et reçu les sacrements à l'applaudissement de tout le monde ». Jean-César, son fils, et Philippe, sa fille, acceptèrent la succession sous bénéfice d'inventaire.
- Amaury de Madaillan fut seigneur de Chauvigny, où il demeura, l'ayant eu en 1687 par retrait lignager après la vente qui avait été faite sur son frère René. Avec Suzanne du Boisguineheuc, sa femme, il avait fait abjuration du protestantisme dans l'église de Livré, le . Débora-Philippe, le 23 janvier, Charles-Alexandre et Amaury-René, le 24 mars 1686, enfants puînés de René de Madaillan, firent aussi profession de la foi catholique dans l'église de Livré, présentés par leur oncle. Leur aîné, Jean-César, s'était converti lui-même, le . Amaury de Madaillan fut inhumé dans l'église d'Athée, le , et sa femme le rejoignit l'année suivante.
- Louis-Joseph de Madaillan, fils aîné du précédent, marié le 6 juillet 1718 à Anne-Julienne de Béchamel de Nointel, fut chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, de l'Ordre du Mont-Carmel et de l'Ordre de Saint-Lazare, et mourut en 1738 ou 1739. Il donne, le , la somme de 8.000 ₶ pour l'augmentation de l'hôpital Saint-Joseph de Château-Gontier. Il meurt le 13 mai 1739.
- Chauvigny passe à Esther-Marie-Louise de Madaillan, femme de Michel-François de Valladon, comte de Perthuis, gouverneur de Bellegarde, veuve en 1751 et qui vend le 31 mai 1755 à Claude-Mathieu Bouchard.
- Claude-Mathieu Bouchard de la Poterie acquit Chauvigny en 1755 de Louise de Madaillan, veuve de François de Valladons. Le domaine comprenant vingt métairies échoit en partie de la succession de Claude-Louis Bouchard de la Potterie, décédé à l'île de Marie-Galante, le , à ses frères et sœurs.
- De la successession de Gabrielle Quantin, veuve de Claude-Mathieu Bouchard, décédée à Château-Gontier, vendémiaire an VI, à Félicité Bouchard, femme de Claude-Auguste Bourdon de Grammont, et Jeanne Bouchard, femme de Gabriel-Clair de Rasilly.
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
Notes et références
- 1 2 3 4 5 6 Angot et Gaugain 1900-1910.
- ↑ Pierre Fleury, 1653 ; Louis Fleury, frère du précédent, 1669, qui, veuf de Marie Le Clerc, épousa à Terchant, le , étant alors ministre de Chauvigny et de Saint-Lô, Esther du Bourdieu avec laquelle il se réfugia en Angleterre, en 1685 ; Jacob Marchant, fils de Simon, sieur de Previly, avocat, marié le à Gabrielle de Gennes. Le cimetière protestant, tout auprès du château, est appelé le Thabor.
- ↑ Le chapelain était alors Jean-Pierre Maréchal. Deux inscriptions sur pierre blanche sont conservées à la ferme de Chauvigny. « Je suis pozé par honorable et discret Mre Guillaume Rousseau, curé de cette paroisse, le », lit-on sur l'une, provenant de l'église. L'autre est illisible.
Sources partielles
- « Chauvigny », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne)

- Maurice Campagne, Histoire de la maison de Madaillan, 1076 à 1900, Imprimerie. de J. Castanet (Bergerac), 1900.
Voir en ligne
Références de l'Abbé Angot
- Registre paroissial de Livré et d'Athée.
- Archives départementales de la Mayenne, B. 314, 2 321, 2 356, 2 976, 2 981, 2 983, 2 990 ; E. 126.
- De Bodard, Chroniques craonnaises, p. 158, 488, 490, 492.
- Louis Marie Henri Guiller, Recherches sur Changé-les-Laval, t. 2, p. 62.
- Chartrier du duc de la Trémoille.
- Bulletin de la Commission historique de la Mayenne, t. I, p. 183, 189.
- Archives nationales, P. 337/2.
- Paul Paris-Jallobert, Eglise protestante de Vitré, aux mots Fleury et Marchant.
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