Charles Mercier de Lacombe

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(à 33 ans) Allemagne |
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Charles de Lacombe (grand-père) Pierre de Vanssay de Blavous (beau-père) |
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Charles Mercier de Lacombe est un résistant français né le à La Jonchère-Saint-Maurice et mort le lors de son transport entre Buchenwald et Ravensbrück.
Biographie
Charles Mercier de Lacombe (usuel : Charles de Lacombe) est un petit-fils du journaliste politique et député du Puy-de-Dôme Charles Mercier de Lacombe. Il est aussi apparenté, par sa mère, à Charles de Léobardy, notable limousin considéré comme un des principaux instigateurs de l’amélioration de la race bovine limousine, et qui fut maire de La Jonchère et conseiller général de Laurière.
Lors de la déclaration de guerre, le , Charles de Lacombe est mobilisé comme comme brigadier-chef au 23e groupe de reconnaissance de corps d'armée. À l’issue de la « drôle de guerre », il est capturé au col de Brancion et emmené en captivité à Autun puis au Frontstalag 191 de La Fère. Il s’en évade avec deux camarades le .
Revenu à la vie civile, il est recruté comme chauffeur au Bureau des menées antinationales de Clermont-Ferrand (BMA 13) par le lieutenant-colonel de Driesen et s’engage progressivement dans les services de renseignement clandestins de l’armée (SSMF-TR) dirigés par Paul Paillole ainsi que dans l’Organisation de résistance de l’armée (ORA). Grâce à une complicité familiale, il bénéficiait, comme avant lui son beau-frère Philippe de Vomécourt, d’un emploi d’inspecteur au sein de la Société de gérance des wagons à grande capacité (SGW), filiale de la SNCF, qui lui permettait de se déplacer facilement pour recueillir des renseignements et aider à faire passer des résistants en Espagne.
À la suite du démantèlement du réseau auquel il appartient, dirigé par Paul Johannès, il est arrêté par la Gestapo à Saint-Léonard-de-Noblat le . Après avoir été interné dans les prisons militaires de Limoges puis Clermont-Ferrand, il est transféré à Compiègne-Royallieu le . Il est déporté à Buchenwald par le convoi l.171 du 17 janvier 1944, puis affecté à l’usine secrète de fusées V2 de Dora. Il portait le matricule 40829. Figurant parmi les « spécialistes », en tant qu’électricien, il figure parmi les derniers évacués de Dora et périt le au cours des « marches de la mort », dans un wagon dirigé vers Ravensbrück.
Famille
Charles Mercier de Lacombe a épousé en 1938 Élisabeth de Vanssay de Blavous (1910-2012), fille de Pierre de Vanssay de Blavous, ingénieur hydrographe et directeur du Bureau hydrographique international. Ils ont eu deux filles et deux fils, dont l'un est mort en bas âge.
Du côté maternel, il avait pour oncle le professeur de médecine limougeaud Joseph de Léobardy, « Juste parmi les Nations » pour avoir protégé des Juifs, et honoré à ce titre par une avenue et un établissement de santé EHPAD à Limoges, et pour arrière-grand-oncle Charles de Léobardy, notable limousin considéré comme un des principaux instigateurs de l’amélioration de la race bovine limousine, et qui fut maire de La Jonchère et conseiller général de Laurière.
Du côté paternel, il était le cousin germain de Fernand de Brinon, proche de Laval, délégué général du gouvernement de Vichy auprès des autorités allemandes à Paris à partir de et fusillé pour faits de collaboration en 1947.
Reconnaissance
Son nom figure sur le Mémorial des Services spéciaux à Ramatuelle[1].
Récompenses et distinctions
Charles Mercier de Lacombe est reconnu « Mort pour la France » et « Déporté résistant »[2],[3],[4].
Références
- ↑ Léo Stévenot et Jean-Marie Guillon, « Mémorial des Services spéciaux, Ramatuelle (Var) », dans Le Maitron, Maitron/Editions de l'Atelier, (lire en ligne)
- ↑ Titres, homologations et services pour faits de résistance, « Charles Marie Joseph Hippolyte Mercier de Lacombe », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Base des militaires décédés pendant la Seconde Guerre mondiale, « Marie Joseph Hippolyte Charles Mercier de Lacombe », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Base des déportés-résistants, « Charles Mercier de Lacombe », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Base des médaillés de la résistance, « Charles Mercier de Lacombe », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
Voir aussi
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Bibliographie
- Joëlle Helleboid-Allouchery, « Mercier de Lacombe Charles », dans Laurent Thiery (préf. Aurélie Filippetti), Le livre des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora, Cherche midi, , 2415 p. (ISBN 978-2-7491-6473-1), p. 1579.

- Bertrand de Lacombe, Itinéraire d'une résistance singulière: du Limousin à Dora, 1939-1945, Éditions les Monédières, (ISBN 978-2-36340-197-7)Ce livre raconte l'histoire de Charles Mercier de Lacombe
- Yves Bonnet, Les services secrets français dans la Seconde Guerre mondiale, Éditions Ouest-France, 2013
- François Delalez (sous-lieutenant), Le service des menées antinationales 1940-1942, Mémoire ESM Saint-Cyr sous la direction d’Olivier Forcade, 1998, Service historique de la Défense (Vincennes)
- Michael R. D. Foot, J.-L. Crémieux-Brilhac, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, Tallandier, 2008
- Michel Garder, La guerre secrète des services spéciaux français, 1935-1945, Plon, 1967
- Fabrice Grenard, la traque des résistants, Éditions Tallandier/Ministères des Armées, 2019 (Texto, 2021)
- Gilbert Joseph, Fernand de Brinon, l’aristocrate de la collaboration, Albin Michel, 2002
- Simon Kitson, Vichy et la chasse aux espions nazis, 1940-1942 - Complexités de la politique de collaboration, Editions Autrement, collection Mémoires, 2005
- Henri Navarre, Le service de renseignements 1871-1944, Plon, 1978
- Paul Paillole, Services spéciaux (1935-1945), Robert Laffont, 1975
- Guillaume Pollack, L’armée du silence. Histoire des réseaux de Résistance en France 1940-1945, Tallandier-Ministère des Armées, 2022
- Louis Rivet, Carnets Du Chef Des Services Secrets 1936/1944, présentés par Olivier Forcade, Sébastien Laurent, Editions Nouveau Monde, 2010
- Philip John Stead, Le 2e bureau sous l’occupation, Fayard, 1966
- Bénédicte Vergez-Chaignon, Les vichysto-résistants de 1940 à nos jours, Perrin, 2008
- Philippe de Vomécourt, Les artisans de la liberté, Histoire de la résistance française 1940-1945, PAC, 1975
- Olivier Wieviorka, Histoire de la Résistance, Perrin, 2013
- Olivier Zajec (sous-lieutenant), "Travaux ruraux" : le contre-espionnage clandestin de l'armée d'Armistice 1940-1942, Mémoire ESM Saint-Cyr sous la direction d’Olivier Forcade, 1999, Service historique de la Défense (Vincennes)
Liens externes
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