Cristina Michaus

Cristina Michaus
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Œuvres principales
Mujeres de Ciudad Juárez, Con don de decidir, Pásele marchanta, El tigre de Santa Julia, De la calle

Cristina Michaus, née le 9 septembre 1961, est une actrice, dramaturge et réalisatrice mexicaine.

Carrière

Cristina Michaus a commencé sa carrière artistique en 1976 et a suivi des études d’art dramatique à l’Universidad Veracruzana[1],[2],[3].

Michaus a partagé la scène avec des acteurs de l’Âge d’or du cinéma mexicain, tels que Blanca Guerra et Adalberto Martínez "Resortes" au début de sa carrière au Teatro Blanquita[1], puis avec des interprètes contemporains comme Daniel Giménez Cacho dans Sexo, pudor y lágrimas, et Luis Fernando Peña dans le long-métrage De la calle[4],[5].

Théâtre

Dans les années 1980 et 1990, Cristina Michaus participe et tient des rôles principaux dans des mises en scène de répertoire classique, telles que Le Grand Théâtre du monde de Calderón de la Barca et Œdipe roi de Sophocle, produites par la Compagnie nationale de théâtre de l’Institut national des beaux-arts du Mexique (INBA). Elle joue également dans des œuvres contemporaines comme Rosa de dos aromas et Sexo, pudor y lágrimas. Le succès de cette dernière auprès du public mènera à son adaptation au cinéma[3],[6],[7],[8].

Sa participation en tant qu’actrice et metteuse en scène est accréditée dans plus de trente productions théâtrales au Mexique, selon l’Archivo de Fuentes para el Registro de la Escena Mexicana[9].

Critique théâtrale

Dans Œdipe roi, elle « déploie un érotisme maternel qui est la passion de Jocaste »[10]. Son interprétation du rôle d’Adela dans La Maison de Bernarda Alba est décrite par Malkah Rabell comme « pleine de vigueur et de compréhension dramatique »[11].

La même critique qualifie l’adaptation d’El apando par Michaus de « bien plus infernale que celle de José Revueltas », et sa mise en scène de « si excessivement réaliste que l’on avait presque l’impression que l’odeur étouffante de l’Apando descendait de la scène »[12].

Cinéma et télévision

Au cinéma, Cristina Michaus interprète des femmes marginalisées et transgressives. Le rôle pour lequel elle est la plus connue est celui de la séduisante et mature Tomasa dans El tigre de Santa Julia (2002)[13],[14].

Dans De la calle, elle incarne La Seño, une trafiquante de drogue à petite échelle[2],[15].

Dans De ida y vuelta[16],[17], elle joue une prostituée. Ces personnages s’inscrivent dans une lignée de figures tragiques du cinéma classique mexicain, notamment celle des rumberas, comme le décrit Rafael Aviña dans son ouvrage Cabaret, rumberas y pecadoras en el cine mexicano… ayer y hoy[18].

Parmi ses apparitions à la télévision, on compte le rôle de Doña Esperanza, la mère de El Chapo dans la série éponyme de Netflix, ainsi qu’un épisode de Mujeres asesinas[19],[20],[21].

Activisme

Après vingt ans de carrière comme actrice, Cristina Michaus cofonde la compagnie de production Tenzin et l’association civile Barriocinema, par lesquelles elle produit des pièces de théâtre et des courts-métrages sur des thématiques telles que les violences de genre, la violence intrafamiliale, la justice sociale et les droits humains. Son travail intègre les arts de la scène et du cinéma à des campagnes de sensibilisation sur les problématiques structurelles au Mexique — une approche que Michaus qualifie d’« artivisme »[22],[23].

La question des féminicides à Ciudad Juárez est l’un de ses thèmes les plus récurrents. Elle se rend à Ciudad Juárez pour enquêter, réaliser et coproduire le documentaire Juárez: desierto de esperanza[24],[25],[26].

Elle collecte des milliers de signatures pour exiger justice, qu’elle remet en personne aux autorités mexicaines ainsi qu’au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Elle participe également à l’organisation de manifestations de masse sur la place du Zócalo à Mexico contre la violence envers les femmes[27],[28],[29],[30].

En 2002, Michaus écrit et interprète le monologue Mujeres de Ciudad Juárez[31],[32]. Après plus de 200 représentations au Mexique, l’œuvre est traduite en anglais et adaptée par Jimmy A. Noriega pour être interprétée par plusieurs actrices. Elle est alors présentée dans de nombreuses universités aux États-Unis ainsi qu’à des festivals internationaux en Colombie, Belgique, Grèce et Inde. Vers 2022, Mujeres de Ciudad Juárez devient un objet d’étude dans des publications universitaires sur le théâtre et la violence de genre[27],[33],[34],[35],[36].

En 2004, Michaus coproduit et coréalise le documentaire ¿Te digo un secreto?, dans lequel des femmes victimes de violences conjugales témoignent depuis les refuges où elles sont hébergées. Ce documentaire et d’autres courts-métrages sélectionnés sont présentés sur la place du Zócalo et dans plusieurs quartiers « chauds », y compris ceux où ils ont été réalisés, pour sensibiliser aux problématiques de violence, de dépendances et de santé reproductive[22],[37],[38],[39].

Entre 2017 et 2018, Michaus coécrit et joue le monologue Con don de decidir, destiné à la prévention des grossesses chez les adolescentes. Elle présente ce spectacle devant plus de vingt mille élèves de niveau secondaire, en collaboration avec des gouvernements d’États comme la Basse-Californie du Sud et Tlaxcala[40],[41],[42].

En 2006, elle coécrit le spectacle de stand-up contre la violence intitulé Pásele marchanta, produit avec le soutien du gouvernement de la Ville de Mexico[43]. Elle présente la pièce également à Hermosillo, puis à nouveau dans la capitale, dans le cadre des Tandas del Círculo Teatral, afin de collecter des fonds pour le projet éducatif mené par Alberto Estrella, aux côtés d’autres comédiens et comédiennes engagé·es comme Alma Muriel et Ofelia Medina[44],[45].

Parcours théâtral

  • Con don de decidir : autrice, productrice, metteuse en scène et actrice[40],[41],[47],[48].
  • Pásele marchanta : coautrice, coproductrice, codirectrice et actrice[45].
  • Tiempos furiosos : actrice[49].
  • Sexo, pudor y lágrimas : actrice[3],[5],[6].
  • Rosa de dos aromas : actrice[3].
  • El gran teatro del mundo : actrice[9].
  • Œdipe roi : actrice[10].
  • La Maison de Bernarda Alba : actrice[11].
  • Apando : metteuse en scène[12].
  • Bajo el silencio : metteuse en scène[50].
  • Sor Juana en el SPA (2011) : autrice et metteuse en scène[51].

Filmographie

Cinéma

  • De la calle (2001), dans le rôle de La Seño[15],[52].
  • Sin dejar huella (2000), dans le rôle de Lolis[17].
  • De ida y vuelta (2000), dans le rôle d'une prostituée[16],[53].
  • El tigre de Santa Julia (2002), dans le rôle de Tomasa Rojo[14],[54],[55].
  • Corazones rotos (2001), dans le rôle de Diana[56].
  • Historia de una pasión (2011), dans le rôle de Carmela[57].
  • La mina de oro (2011), dans le rôle de la femme tueuse[58].

Télévision et séries

  • El Chapo (2017–2018), dans le rôle de Doña Esperanza, mère de Joaquín Guzmán alias El Chapo – saisons 1, 2 et 3[19].
  • Somos oro (2024), dans le rôle de Miss Jose[59].
  • Mujeres asesinas (2008) – épisode « Mónica, acorralada »[20].

Documentaires

  • Juárez : Desierto de esperanza (2022), coproductrice et coréalisatrice[24],[25],[26],[29].
  • ¿Te digo un secreto? (2004), coproductrice et coréalisatrice[37],[38],[39].

Distinctions

  • Nominée au prix Ariel de la meilleure actrice dans un second rôle pour Sin dejar huella (2000)[17].
  • Nominée au même prix pour De ida y vuelta (2000)[17].
  • Lauréate de la Bourse FONCA 2002, catégorie interprétation théâtrale, à l’occasion de ses 25 ans de carrière et pour soutenir son travail lié aux féminicides à Ciudad Juárez[62].
  • Lauréate du prix Cuauhtémoc d’art 1998 pour la pièce Rosario o el desencanto de la patria[63],[64].
  • Lauréate de la Bourse FONCA 1994, catégorie interprétation théâtrale, pour la création d’un spectacle multidisciplinaire solo sur le thème Femme-Patrie[65].
  • Concernant l’œuvre Mujeres de Ciudad Juárez :
    • Publiée par le Conseil national de la culture et les arts ainsi que l’Institut national des beaux-arts, dans l’anthologie académique Hotel Juárez : Dramaturgia de feminicidios (2008)[46].
    • Sa version anglaise, Women of Ciudad Juárez, mise en scène par Jimmy Noriega, a été récompensée par le comité national du American College Theater Festival au Kennedy Center en 2015 pour « Making Theatre an Important Catalyst for Social Political Change »[35].

Références

  1. 1 2 Liliana Perusquía Mora, La cultura urbana en el lenguaje escénico de Julio Castillo, Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM), (lire en ligne), « p. 39 »
  2. 1 2 Juan Solís, « El cine mexicano debe ser un instrumento de denuncia », El Universal, (lire en ligne)
  3. 1 2 3 4 Juan José Olivares, « No hice mi carrera a sentones; perdí oportunidades, pero me dignifiqué », La Jornada, (lire en ligne)
  4. 1 2 « « De la calle » arrasó con los premios Ariel », La Capital, (lire en ligne)
  5. 1 2 Bruno Bert, « Sexo, pudor y lágrimas », Tiempo Libre, Sistema de información de la crítica teatral – Reseña Histórica del Teatro en México 2.0–2.1, (lire en ligne)
  6. 1 2 Estela Leñero Franco (coord.), Delirio zen en dos actos, Conaculta, Collection Journalisme culturel, (lire en ligne)
  7. César Huerta, « Obras que pasaron del teatro al cine », El Universal, (lire en ligne)
  8. « Sexo, pudor y lágrimas ataca de nuevo », Excélsior, (lire en ligne)
  9. 1 2 « Fuentes para el registro de la escena mexicana », sur Sistema de información de la crítica teatral
  10. 1 2 Olga Harmony, « Edipo rey », La Jornada, (lire en ligne)
  11. 1 2 Malkah Rabell, « La casa de Bernarda Alba, Universidad Veracruzana », El Día, Sistema de información de la crítica teatral – Reseña Histórica del Teatro en México 2.0–2.1, (lire en ligne)
  12. 1 2 Malkah Rabell, « El apando, espectáculo autodestructivo », El Día, Sistema de información de la crítica teatral – Reseña Histórica del Teatro en México 2.0–2.1, (lire en ligne)
  13. Elizabeth Hernández Cerda, « Michaus descarta la idea de retirarse », El Universal, (lire en ligne)
  14. 1 2 David Rooney, « The Tiger of Santa Julia », Variety, (lire en ligne)
  15. 1 2 Deborah Young, « Streeters », Variety, (lire en ligne)
  16. 1 2 Lael Loewenstein, « To and Fro », Variety, (lire en ligne)
  17. 1 2 3 4 « Cristina Michaus, doble candidatura al Ariel », Noticine, (lire en ligne)
  18. Rafael Aviña, Cabaret, rumberas y pecadoras en el cine mexicano, Palabra de Clío, (ISBN 978-607-98296-7-4, lire en ligne)
  19. 1 2 Oriana Schwindt, « ‘El Chapo’ Univision-Netflix Series Casts Marco de la O as Cartel Head », Variety, (lire en ligne)
  20. 1 2 Claudia Peralta, « « Convertissent 'Mónica' en 'meurtrière' » », Noroeste, (lire en ligne)
  21. Verónica Sánchez, « Entrevista exclusiva con la actriz Cristina Michaus », El Sud Californiano, (lire en ligne)
  22. 1 2 Juan José Olivares, « Con Barriocinema el arte cumple su deber social », La Jornada, (lire en ligne)
  23. Néstor Ramírez, « La impartición de justicia en México está en pañales: Cristina Michaus », La Lista, (lire en ligne)
  24. 1 2 Jorge Caballero, « Odio de género, lo que permea los casos de asesinato de mujeres », La Jornada, (lire en ligne)
  25. 1 2 Fernando Camacho Servín, « Homenaje mediante la danza a las más de 300 asesinadas en Juárez », La Jornada, (lire en ligne)
  26. 1 2 Elena Poniatowska, « Esa larga cicatriz », Chicana/Latina Studies, vol. 4, (lire en ligne)
  27. 1 2 3 Katherine Zien, « On the Bleeding Edge of the Real: Women of Ciudad Juárez », Women & Performance: A Journal of Feminist Theory, vol. 25, no 3, , p. 370–376 (DOI 10.1080/0740770X.2015.1102436)
  28. « Concierto por la no violencia », Proceso, (lire en ligne)
  29. 1 2 Marylène Lapalus, Se mobiliser au nom du féminicide : Généalogie d'une résistance à la violence patriarcale, México (1997–2018), Université Lumière – Lyon II, (lire en ligne)
  30. « Piden a Fox ver el caso de Ciudad Juárez como crimen de Estado », Proceso, (lire en ligne)
  31. 1 2 Silvia Magally, « « Una hora de horror en Las mujeres de Ciudad Juárez, monólogo de Cristina Michaus » », CIMAC Noticias, (lire en ligne)
  32. 1 2 Emilio Morales Valentín, « Al teatro, muertes de Juárez », El Universal, (lire en ligne)
  33. 1 2 Jimmy A. Noriega, « Teatro Travieso and the Performance of Feminicide in Women of Ciudad Juárez », dans Centering Borders in Latin American and South Asian Contexts, Routledge, (DOI 10.4324/9780429356421-19)
  34. 1 2 Martha Herrera-Lasso González, « Review of Women of Ciudad Juárez, by Cristina Michaus », Theatre Journal, vol. 74, no 1, , p. 95–98 (DOI 10.1353/tj.2022.0013)
  35. 1 2 3 Gail A. Bulman, « (In)justicia (in)visible: Mujeres de Ciudad Juárez de Cristina Michaus », dans Partera de la historia : Violencia en literatura, performance y medios audiovisuales en Latinoamérica, Mexico, Editora Nómada / Universidad Autónoma Metropolitana, , 191–207 p. (DOI 10.47377/parterahist-cap10, lire en ligne)
  36. Ruchika Goswamy, « Theatre fest ends with play on femicide in Mexico », Indian Express, (lire en ligne)
  37. 1 2 Solange García, « Cristina Michaus tiene un 'secreto' », El Universal, (lire en ligne)
  38. 1 2 Juan José Olivares, « ¿Te digo un secreto?, retrato del rostro de la desilusión », La Jornada, (lire en ligne)
  39. 1 2 « Cineasta muestra cinta violencia doméstica con personajes de cartón », Nación, (lire en ligne)
  40. 1 2 « Más de 22 mil alumnos de BCS han observado el Don de decidir », InfórmateBCS, (lire en ligne)
  41. 1 2 « ¨Programa vivir en paz en tu escuela orienta a alumnos », sur Secretaría General de Gobierno de Baja California Sur
  42. « Espacio Escénico Espejo Ilusión, una alternativa escénica (Con don de decidir) », sur Agenda Tlaxcala,
  43. « Programa de Coinversión para el Desarrollo Social (Pásele marchanta) », sur Dirección General de Igualdad y Diversidad Social, Gouvernement de la Ville de Mexico,
  44. Alejandra Serrano Rodríguez, Teatro en los estados : Anuario 2007, Instituto Nacional de Bellas Artes, (lire en ligne)
  45. 1 2 « Apoyará 'Las Tandas del Círculo Teatral' a proyectos independientes », Informador, (lire en ligne)
  46. 1 2 Cristina Michaus, « Mujeres de Ciudad Juárez : Monólogo para innumerables voces », dans Enrique Mijares, Victoria Martínez, Rocío Galicia (dirs.), Hotel Juárez : Dramaturgia de feminicidios, Mexique, Espacio Vacío / UJED / Conaculta-INBA, , 171–188 p.
  47. « La actriz Cristina Michaus presenta Con don de decidir en La Paz », El SudCaliforniano, (lire en ligne)
  48. José García Pardo, « Cristina Michaus: Teatro de alto riesgo », California en Línea, (lire en ligne)
  49. Bruno Bert, « Ilustración naturalista », Tiempo libre, Sistema de información de la crítica teatral – Reseña Histórica del Teatro en México 2.0–2.1, (lire en ligne)
  50. Ofelia Correa, « Café K-OZ : Un espacio íntimo para el arte », Bogart Magazine, (lire en ligne)
  51. Alejandra Serrano Rodríguez, Teatro en los estados : Anuario 2011, Instituto Nacional de Bellas Artes, (lire en ligne)
  52. Juan José Olivares, « De la calle, « une histoire des personnages qui nous entourent » », La Jornada, (lire en ligne)
  53. « Programa Oficial », sur 1er Festival Internacional de Cine de Morelia,
  54. Salvador Franco Reyes, « Leyenda popular », El Universal, (lire en ligne)
  55. Jorge Caballero, « El Tigre de Santa Julia représente la vengeance des opprimés : acteurs », La Jornada, (lire en ligne)
  56. David Rooney, « Broken Hearts », Variety, (lire en ligne)
  57. Robin Menken, « "Tequila: The Story of a Passion", a film by Sergio Sánchez », Cinema Without Borders, (lire en ligne)
  58. « Programa Oficial », sur 8e Festival Internacional de Cine de Morelia,
  59. Sandra Aguilar Loya, « Somos Oro : Une comédie machiavélique », 24 Horas, (lire en ligne)
  60. « El cine en la voz de sus protagonistas », La Jornada, (lire en ligne)
  61. Jorge Ayala Blanco, « El crítico que no estuvo ahí », La Jornada, (lire en ligne)
  62. « Beca FONCA 2002 », sur Sistema de Información Cultural (Secrétariat à la Culture du Mexique)
  63. Enciclopedia de México, vol. 11, Sabeca Internacional, (ISBN 1-56409-024-8, lire en ligne), p. 6581
  64. « Rosario o el desencanto de la patria », dans Mano de obra – récits courts, Almadía, (ISBN 9789709854183, lire en ligne)
  65. « Beca FONCA 1994 », sur Sistema de Información Cultural (Secrétariat à la Culture du Mexique)

Liens externes

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