Eugène Baudin (homme politique)

Eugène Baudin
Illustration.
Eugène Baudin vers 1903.
Fonctions
Député français

(8 ans, 6 mois et 19 jours)
Élection 6 octobre 1889
Réélection 20 août 1893
Circonscription Cher
Législature Ve et VIe (Troisième République)
Groupe politique SOC
Prédécesseur Circonscription créée
Successeur Jules-Louis Breton
Conseiller général du Cher

(2 ans)
Circonscription Canton de la Guerche-sur-l'Aubois
Prédécesseur Adolphe Perrichon
Successeur Charles Daumy
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Vierzon
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décès Granges-sur-Aube (France)
Parti politique Comité Révolutionnaire Central (CRC)

Eugène Baudin, né le à Vierzon (Cher) et mort le à Granges-sur-Aube (Marne), est un céramiste, militant blanquiste, membre de la Commune de Paris puis homme politique socialiste sous la Troisième République.

Biographie

Origines familiales et formation

Eugène Baudin et son jeune frère Ernest (1858-1951) sont nés tous deux dans le centre de poterie de Vierzon. Eugène est engagé comme ouvrier porcelainier puis deviendra par la suite directeur de production à la Manufacture nationale de Sèvres.

De la Commune de Paris au CRC

Très jeune, il milite dans les rangs socialistes. Sa participation à la Commune de Paris en 1871 lui vaut d'être condamné[1]. Il s'exile alors en Grande-Bretagne et ne revient qu'en 1881, après l'amnistie. Durant son exil, il travaille dans les poteries renommées de Lambeth et de Stoke-on-Trent.

Eugène Baudin en 1892 caricaturé dans La Silhouette par Charvic.

Membre du parti blanquiste en tant qu'adhérent au Comité révolutionnaire central (CRC) aux côtés d'Édouard Vaillant, il est élu conseiller municipal de Vierzon (Cher) en 1884 puis conseiller général du canton de La Guerche en 1885, devenant le premier conseiller général socialiste du département. Soutenant une grève à Vierzon, il est condamné pour résistance armée et emprisonné. Déchu de ses droits civiques, il se fait réélire conseiller municipal de Vierzon. Tentant de participer à une session du conseil général, il se fait expulser de la salle des séances par le préfet. Déchu de son mandat, il est réélu conseiller général en 1886. Il est député du Cher de 1889 à 1898, siégeant sur les bancs socialistes. Il participe à de nombreuses manifestations et interpelle régulièrement le gouvernement sur la répression des manifestations par la police. Il ne se représente pas en 1898 et abandonne la politique.

Eugène Baudin en 1893.

Retraite

Sa mauvaise santé le conduit à s'installer sur la côte bretonne, dans le village de pêcheurs de Saint-Briac-sur-Mer la même année. C'est le début d'une production marquée par le style Art nouveau et les formes organiques. Il présente ses œuvres à l'Exposition universelle de 1900 à Paris, et à Saint-Louis lors de l'Exposition universelle de 1904. En 1906, il s'installe au Cap-d'Ail et fonde, avec les privilèges du Prince[réf. nécessaire], la "Poterie de Monaco". Sa production de grès reçoit rapidement un accueil très favorable. Ses pièces montées, avec la collaboration d'orfèvres réputés comme Alphonse Debain (actif de 1883 à 1911), Lucien Gaillard ou encore Marcel Bing, remportent les faveurs du public. La Première guerre mondiale semble donner un coup de frein à sa production.

Son fils adoptif, Paul Alphonse (1879-1931), reprendra à sa mort la Poterie de Monaco jusqu'en 1925.

L'artiste

En parallèle à ses engagements politiques, Eugène Baudin a toujours témoigné d'un intérêt marqué pour la production de céramique. Il s'y consacre pleinement à sa "retraite" politique en 1898. Il travaille alors furtivement à Paris, rue de Vaugirard, dans l'ancien atelier de son frère.

Notes et références

  1. Notice « BAUDIN, Eugène », par Justinien Raymond, Le Maitron en ligne.

Sources

  • « Eugène Baudin (homme politique) », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960
  • Paul Arthur, “Les céramistes du 24, rue de la Quintinie: Baudin, Wolf, Mougin”, in Sèvres. Revue de la Société des Amis du Musée National de Céramique 20, 2011, p. 126-131.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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