Gendarmerie de la sécurité des armements nucléaires
| Gendarmerie de la sécurité des armements nucléaires | |
| |
| Création | |
|---|---|
| Pays | |
| Allégeance | Ministère des Armées |
| Branche | Gendarmerie nationale |
| Type | Formation spécialisée |
| Rôle | Police militaire |
| Effectif | 300 officiers et sous-officiers |
| Garnison | Nanterre |
| Surnom | GSAN |
| Commandant | GBR Eric Bammé |
La gendarmerie de la sécurité des armements nucléaires (GSAN) est une formation spécialisée[1] de la Gendarmerie nationale française, chargée d'assurer le contrôle du gouvernement sur l'arsenal nucléaire français.
Histoire
Après la tentative de putsch des généraux, le conseil de Défense du décide de créer une force spécialisée de la Gendarmerie nationale dans le « contrôle gouvernemental » des armes nucléaires, afin d'empêcher tout usage des armes sans l'ordre légitime du président de la République. Les premières bombes AN-11 étant la responsabilité de l'armée de l'air, cette force se construit à partir des moyens et effectifs de la Gendarmerie de l'Air. Le , les premiers essais de communications sécurisés ont lieu, et cherche à démontrer l'autonomie et la robustesse du système. Cette force s'émancipe de la Gendarmerie de l'Air dès le , se dotant de son propre groupe de commandement à Courbevoie et d'une section centrale à Taverny. C'est le de la même année que Pierre Messmer, alors ministre des Armées, donne officiellement au groupe le nom de « groupement spécial de sécurité » (GSS), avec le lieutenant-colonel Girault comme son premier chef[2].
Le groupe est alors sous le commandement direct du ministre, même si ses moyens dépendent de la direction de la Gendarmerie et de la Justice militaire (future direction générale de la Gendarmerie nationale), bien que cette dernière administration n'ait aucun droit de regard sur les actions du groupe. Le GSS réalise donc quatre missions[2] :
- interdire tout mouvement hors des dépôts et ateliers de munitions spéciales (DAMS) des cœurs isolés ou incorporés à l'arme sans autorisation préalable du gouvernement ;
- transmettre les autorisations de mouvements hors des DAMS ;
- connaître en permanence la position des cœurs réels et être en mesure d’en rendre compte à tout moment aux autorités gouvernementales compétentes ;
- exercer une surveillance et un contrôle constants sur les armes nucléaires lors des trois moments critiques : leurs transports sur le territoire national, leurs stockages sur les bases des forces stratégiques et leurs montages sur les systèmes de lancements (sur les avions Mirage IV et les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de classe Le Redoutable), ainsi que lors de certaines étapes du montages aux côtés des professionnels du Commissariat à l'énergie atomique (CEA).
Elle devient par décret la « gendarmerie de la sécurité des armements nucléaires » (GSAN) en [3],[4].
Rôle
La GSAN est commandée par un officier général, elle est un acteur central de la dissuasion nucléaire, sa principale mission étant d'assurer le contrôle gouvernemental de l'armement nucléaire. Elle contribue également à la sécurisation des transports sensibles de cet armement.
La GSAN relève du directeur général de la Gendarmerie nationale ainsi que du ministre des Armées pour ce qui concerne son emploi. La GSAN assure le contrôle gouvernemental sur les sites des forces armées (air et marine) mettant en œuvre l'armement nucléaire, tel que définie par le Code de la Défense[5] :
- le contrôle gouvernemental de l'engagement, c'est-à-dire de garantir au président de la République le contrôle des armes nucléaires, notamment de son engagement ;
- le contrôle gouvernemental de la conformité de l'emploi, c'est-à-dire s'assurer que les forces armées appliquent les directives du président de la République ;
- le contrôle gouvernemental de l'intégrité des moyens, c'est-à-dire protéger l'ensemble des moyens contre les actes malveillants ou hostiles et contre les atteintes au secret de la défense nationale, notamment lors des transports de matériels sensibles[6].
La GSAN est composée d'unités organiques (50 gendarmes) et d'unités de participation (250 gendarmes). Ces dernières sont désignées par la direction générale de le Gendarmerie Nationale et sont rattachées pour emploi à la GSAN. Un exemple d'unités de participations fût l'escadron 11/6 de la gendarmerie mobile dans le cadre d'un peloton spécial de sécurité[7].
Organisation
Unités organiques
- État-major implanté à Nanterre (Hauts-de-Seine)
- Une antenne spéciale de sécurité armes (ASSA) implantées à Taverny (Val-d'Oise)
- Une antenne spéciale de sécurité de transports sensibles (ASSTS) implantés à Taverny (Val-d'Oise)
- Une antenne spéciale de sécurité de l'île Longue (ASSILO) implantée à Crozon (Finistère)[6]
Unités de participations
Les unités précises varient mais on en distingue deux types :
- des pelotons spéciaux de sécurité (PSS) implantée sur les différentes bases à vocation nucléaire ;
- des escadrons de gendarmerie mobile pour assurer les missions de transports sensibles liés à la dissuasion nucléaire (à ne pas confondre avec les escortes « Tango » qui concernent le nucléaire civil).
Localisations
La GSAN est implantée sur plusieurs sites :
- sur la base opérationnelle de l'île Longue ;
- sur les bases aériennes mettant en œuvre l'arme nucléaire ;
- sur d'autres sites relevant du ministère des Armées.
Références
- ↑ Article R. 3225-5 du Code de la Défense, sur Légifrance.
- 1 2 Vortex 2024, p. 105.
- ↑ Édouard Ebel, Benoît Haberbusch et Bernard Mouraz, chap. 3.III « La gendarmerie depuis : Histoire et patrimoine », dans Pascal Brouillet (dir.), De la maréchaussée à la gendarmerie, Maisons-Alfort, Service historique de la Gendarmerie nationale, , 216 p. (ISBN 2-11-093655-X), p. 136 [lire en ligne].
- ↑ Jean-Noël Luc (dir.) et Édouard Ebel (coord. scientifique), Histoire de la maréchaussée et de la gendarmerie : guide de recherche, Maisons-Alfort, Service historique de la Gendarmerie nationale, , 1105 p. (ISBN 2-11-095130-3), p. 967.
- ↑ Article R*1411-8 du Code de la Défense, sur Légifrance.
- 1 2 « La gendarmerie de la sécurité des armements nucléaires »
, sur archives.defense.gouv.fr, Ministère des Armées, (consulté le ). - ↑ Antoine Faure, « Des gendarmes à bord du « Grand Charles » »
, Gendinfo, sur gendarmerie.interieur.gouv.fr, Ministère de l'Intérieur, (consulté le ).
Voir aussi
Articles connexes
- Gendarmerie de l'Armement
- Peloton spécialisé de protection de la Gendarmerie pour le nucléaire civil
Bibliographie
- « La Gendarmerie de la sécurité des armements nucléaires : un choix déterminant dans un contexte historique troublé », Vortex - Études sur la puissance aérienne et spatiale, Centre des études stratégiques aérospatiales, no 6 « Composantes nucléaires aéroportées », , p. 103–117 (lire en ligne, consulté le ).
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