Grande mosquée de Béjaïa

Grande mosquée de Béjaïa
Image illustrative de l’article Grande mosquée de Béjaïa
Illustration de la grande mosquée de Béjaïa
Présentation
Culte Islam
Type Mosquée
Début de la construction 1100
Fin des travaux 1100
Style dominant hammadide
Date de démolition 1510
Géographie
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Ville Béjaïa
Coordonnées 36° 45′ 00″ nord, 5° 04′ 00″ est

La Grande Mosquée de Béjaïa (en arabe : جامع بجاية الكبير) ou Mosquée Al-Mansuriyah (en arabe : جامع المنصورية) était une mosquée historique majeure à Béjaïa, en Algérie. Sa construction remonte au début du XIe siècle, sous le règne de l'émir hammadide Al-Mansur ben al-Nasir[1],[2],[3]. La mosquée a été détruite par les Espagnols après la prise de la ville en 1510[1].

Histoire

Illustration représentant Raymond Lulle (1232- 1315) lors de son voyage à Béjaïa, avec le minaret de la Grande Mosquée de Béjaïa représenté en arrière-plan.

Il ne reste rien des mosquées Hammadides de Béjaïa, y compris la Grande Mosquée, la Mosquée de Rehane et la Mosquée de Natain (arabe : مسجد النطاعين). Cependant, Laurent-Charles Féraud et Léon de Beylié fournissent une description détaillée de la Grande Mosquée. Ces sources mentionnent qu'un calligraphe de Béjaïa nommé Al-Bajawi a donné une description détaillée de la Grande Mosquée de Béjaïa dans un manuscrit du XIIe siècle[4]. Selon ce manuscrit, le prince Al-Mansur ben al-Nasir acheva la construction du Palais des Perles en 1100 et le transforma en mosquée. Il a ensuite placé deux colonnes monolithiques à l'intérieur du palais, qui ont été découvertes à l'intérieur d'une ancienne église endommagée. Malgré l'intérêt manifesté par le Pape l'évêque de Rome pour les acheter, Al-Mansur refusa la proposition[5]. Al-Bajawi a également noté que l'émir Hammadide avait construit un dôme et un minaret près des puits du jardin, aux dimensions impressionnantes. Le manuscrit rapporte en outre qu'Al-Mansur a dépensé 86 000 mithqal en or pour la construction de la mosquée[4]. Au fil du temps, la mosquée est devenue un centre d'enseignement scientifique et religieux, attirant de nombreux érudits et Ouléma. Sa renommée se poursuivit pendant l'ère des Almohades mais prit fin au XVIe siècle lorsqu'elle fut démolie par les Espagnols lors de la capture de la ville de Béjaïa en 1510[2],[6].

Architecture

L'historien et archéologue Rachid Bourouiba donne un aperçu complet des caractéristiques architecturales de la mosquée à partir de plusieurs références, y compris un manuscrit du XIIe siècle attribué à un auteur nommé Ibn Hammad al-Sanhadji, dont la description de la mosquée est comme suit[4],[7] :

« La longueur de cette mosquée était de 222 coudées sur une largeur de 150 coudées, avec une façade ornée de dix-sept croisée d'ogives et d'une grande porte sur ses côtés droit et gauche. Des dalles de marbre ornées d'inscriptions ont été trouvées à côté de cette porte principale, et la mosquée possédait 22 autres portes, dont l'une menait à une salle de prière réservée aux femmes, gardée par un cheikh âgé. Un grand dôme était soutenu circulairement par trente-deux colonne. Le sol de la mosquée était pavé de marbre, ses murs recouverts de zellige et ornés d'inscriptions Coraniques. Le minaret de cette mosquée avait 70 coudées de haut et 20 coudées de large. Il avait deux portes, l'une ouvrant à l'Est, l'autre au Sud. Les montants qui encadraient les portes de ce minaret étaient en marbre sculpté, de même que le linteau de ces portes. Tout le mihrab et la partie qui l'entourait étaient en marbre blanc. Dans la partie du milieu, sur un cordon circulaire, était gravée et non peinte une section du Coran. De haut en bas les murs étaient couverts de sculptures et de peintures, dont quelques-unes étaient des inscriptions lisibles, le tout exécuté avec un art varié. Les colonnes de marbre en étaient également décorées avec une très grande élégance. Le nombre des colonnes qu'il y avait dans cette mosquée était de quatre cent douze. On y comptait quatorze galeries couvertes. Dans la partie antérieure de la mosquée on y trouve une maqsura ayant une porte ouvrant près Minbar. Devant les galeries, le patio a été pavé sur une étendue d'environ quinze coudées. La mosquée avait douze portes; une chambre réservée aux femmes était située à l'Est et séparée de la mosquée par un mur d'une belle construction. Cette salle contenait deux cents colonnes ; à sa partie supérieure était une grandecoupole au milieu d'autres plus petites. On y voyait en outre des fontaines coulant des murs, une grande salle près de la porte et des chambres dans l'étage supérieur destinées au logement du gardien des femmes, et des jeunes filles, pour empêcher les hommes de pénétrer chez elles. »

Références

  1. 1 2 (ar) Abdel Halim Aouis, The state of Bani Hammad, a Wonderful page of Algerian History (lire en ligne), p. 282
  2. 1 2 (ar) Muhammad Al-Tammar, Central Maghreb under the Sanhaja (lire en ligne), p. 226
  3. (en) Allen James Fromherz, Near West Medieval North Africa, Latin Europe and the Mediterranean in the Second Axial Age, (ISBN 978-1-4744-1007-6, lire en ligne), p. 21
  4. 1 2 3 (ar) Rachid Bourouiba, The Hammadid State: Its History and Civilization (lire en ligne), p. 210
  5. (ar) Muhammad Al-Tammar, The History of Béjaïa Book: Under Various Political Systems (lire en ligne), p. 50
  6. (ar) Uthmān Kaʻāk, General History Summary of Algeria from the Stone Age to the French Occupation, (lire en ligne), p. 207
  7. Léon de Beylié, La Kalaa des Beni-Hammad : une capitale berbère de l'Afrique du nord au XIe siècle, Bibliothèque nationale de France, Ernest Leroux (Paris), , 233 p. (lire en ligne)

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Laurent-Charles Féraud, Histoire de Bougie, Éd. Bouchène, (ISBN 978-2-912946-28-7, présentation en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Djamil Aïssani et Mohammed Djehiche, Les échanges intellectuels Béjaia-Tlemcen, Tlemcen, capitale de la culture islamique, , 144 p. (ISBN 978-9961-9-9818-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Mouloud Gaïd, Histoire de Béjaïa et de sa région : depuis l'antiquité jusqu'à 1954, Alger, Éditions Mimouni, , 2e éd. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Rachid Bourouiba, La Qal'a des Bani Hammad, Alger, Ministère de l'information et de la culture, Sous-direction des Beaux-Arts et Antiquités, , 94 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Ibn Khaldoun (trad. William Mac Guckin Slane), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale, vol. 2, Imprimerie du Gouvernement, , 635 p. (présentation en ligne)
  • Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord. Des origines à 1830, Paris, Payot, coll. « Grande bibliothèque Payot », (1re éd. 1931), 866 p. (ISBN 978-2-228-88789-2)
  • (en) Clifford Edmund Bosworth, The new Islamic dynasties : a chronological and genealogical manual, Edinburgh University Press, , 389 p. (ISBN 9780748621378, lire en ligne), « The Zīrids and Ḥammādids », p. 35-36
  • Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, Paris, PUF, coll. « quadrige », , 1040 p. (ISBN 978-2-13-054536-1), « Hammadides », p. 333
  • Philippe Sénac et Patrice Cressier, Histoire du Maghreb médiéval : VIIe – XIe siècle, Armand Colin, , 224 p. (ISBN 978-2-200-28342-1, lire en ligne)

Liens externes

  • icône décorative Portail de l’architecture et de l’urbanisme
  • icône décorative Portail de l’Algérie
  • icône décorative Portail de l’islam