Gush Katif
Gush Katif (ou Gush Katiff, hébreu : גוש קטיף) était un regroupement de colonies israéliennes, au sud de la bande de Gaza, et s'étendait sur une douzaine de kilomètres, du nord de Rafah au nord-est de Khan Younès.
Le Gush Katif a été évacué entre et conformément au plan de désengagement israélien de la bande de Gaza.
Géographie
Le Gush Katif était situé au sud-ouest de la bande de Gaza, longeant la côte de la Méditerranée orientale. La route principale menant du Gush Katif jusqu'à l'extérieur de la bande de Gaza passait par le poste-frontière de Kissoufim. Une autre route connectait le Gush Katif avec les villages de Kfar Darom et Netzarim.
Démographie
Le Gush Katif regroupait près de 9 000 habitants[1]. La plupart d'entre eux étaient des Juifs orthodoxes.
Yishouvim du Gush Katif
- Bedolah בדולח
- Bene Atzmon בני עצמון
- Gadid גדיד
- Gan Or גן אור
- Ganei Tal גני טל
- Kfar Yam כפר ים
- Kerem Atzmona כרם עצמונה
- Morag מורג
- Neveh Dekalim נוה דקלים
- Netzer Hazani נצר חזני
- Pe'at Sade פאת שדה
- Katif קטיף
- Rafiah Yam רפיח ים
- Shirat ha-Yam שירת הים
- Selav שליו
- Tel Katifa תל קטיפא
Les villages du Gush Katif étaient concentrés au sud-ouest de la bande de Gaza et protégés par l'armée israélienne.
Problèmes du Gush Katif
Le Gush Katif était situé à l'intérieur de la bande de Gaza, c'est un territoire conquis en 1967 par Israël à la suite de la guerre des Six Jours, et occupé pendant 38 ans.
En 2001, les colonies regroupaient 7 000 habitants mais occupaient 20 % de la bande de Gaza et contrôlaient 50 % à 60 % de ses ressources en eau[2].
Dans l'opinion publique israélienne, la présence au Gush Katif était contestée, car les moyens humains et financiers mis en œuvre pour assurer la sécurité des habitants sont démesurés au vu de la différence démographique mais aussi du nombre de morts durant la deuxième intifada.
En 2004, le Premier ministre Ariel Sharon a présenté un plan pour évacuer le Gush Katif, en dépit de l'opposition des membres de son propre parti le Likoud.
Le , la région du Gush Katif est fermée aux non-résidents.
Le , l'expulsion des colons du Gush Katif commence.
Conséquences de la colonisation pour les Palestiniens
L'implantation des colonies israéliennes a entrainé une sévère restriction de la liberté de mouvement des Palestiniens. Le village palestinien d'Al-Mawasi est devenu une enclave ceinturée par les colonies de Goush Katif et de nombreuses troupes israéliennes. Les routes étaient souvent bloquées par l'armée israélienne, ce qui empêche les habitants de circuler pour vendre leur production agricole et paralyse l'économie locale. Des attaques de colons contre le village ont été signalées[2].
L'ONG israélienne de défense des droits humains B'Tselem a pointé les atteintes au droit à l'éducation et à la santé. Les restrictions imposées par Israël aux habitants palestiniens ont gravement entravé le système éducatif de la région, notamment en empêchant les enseignants de se rendre dans les écoles pendant plusieurs jours. L'armée israélienne a également restreint l'entrée d'équipements électroniques et d'ordinateurs dans les écoles, et n'autorisait l'entrée d'autres fournitures scolaires qu'en quantités limitées. Dans le domaine de la santé, ces restrictions ont entraîné une pénurie de médicaments dans la région. Des femmes ont accouché en attendant au poste de contrôle et des patients ont été retardés pour une intervention chirurgicale après avoir été retenus aux points de passage israéliens[3].
Économie
Cette zone désertique est devenue très verte à la suite du travail des agriculteurs.
Le montant total des exports du Gush Katif atteignait 200 millions de dollars par an et représentait 15 % des exportations agricoles d'Israël.
Les exportations représentent : 95 % des salades 70 % légumes 60 % tomates 60 % géraniums produits et exportés.
Attaques contre le Gush Katif
Bien que les colonies du Gush Katif et les routes y menant fussent protégés par l'armée israélienne, les habitants restaient vulnérables aux attaques. Avant le début de la deuxième Intifada[4] et surtout après[5],[6],[7], les villages du Gush Katif ont été victimes de centaines d'attaques. Plus de 5 800 obus de mortier et de roquettes Qassam ont été lancés contre le Gush Katif. Les attaques de voitures israéliennes étaient également très fréquentes[8],[9], ainsi que les attaques d'hommes avec une ceinture d'explosifs[10],[11].
Références
- ↑ « Israël: évacués par Ariel Sharon en 2005, les anciens colons du Goush Katif rêvent de retourner à Gaza », sur Le Figaro, (consulté le )
- 1 2 « La drôle de vie des habitants d'Al Mawassi, cernés de colonies juives à Gaza », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ https://www.btselem.org/publications/summaries/200303_al_mawasi
- ↑ Lettre au Consei de Sécurité de l'ONU, 29 mars 1993.
- ↑ (en) Victims of Palestinian Violence and Terrorism since September 2000 : au 5 avril 2004, au 3 avril 2007.
- ↑ (en) Gaza Strip bomb targets school bus, 20 novembre 2000.
- ↑ (en) Amputee children leave Kfar Darom, 18 mai 2008.
- ↑ Amnesty International condamne le meurtre d’une femme et de ses quatre filles par un tireur palestinien, 4 mai 2004.
- ↑ (en) Hila, Hadar, Roni, and Merav were killed at the entrance to the Gaza Strip settlement bloc of Gush Katif, 2 mai 2004.
- ↑ (en) Suicide bombing terrorism during the current Israeli-Palestinian confrontation (September 2000 – December 2005).
- ↑ (en) Suicide Bombing Attacks Against Israeli Civilians, Human Rights Watch, October 2002.
Voir aussi
Liens externes
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