Inégalité de Gauss

En théorie des probabilités, l'inégalité de Gauss donne une borne supérieure à la probabilité qu'une variable aléatoire unimodale se trouve à plus d'une distance donnée de son mode.

Soit X une variable aléatoire unimodale de mode m, et soit τ2 soit l'espérance de (X m) 2. (τ2 peut également être exprimée comme (μ m)2 + σ2, où μ et σ sont la moyenne et l'écart type de X). Alors pour toute valeur positive de k,

Le théorème a été démontré pour la première fois par Carl Friedrich Gauss en 1823.

Comparaison avec d'autres inégalités de concentration

La borne donnée par l'inégalité de Gauss est plus forte que celle de l'inégalité de Beinaymé-Tchebychev, mais elle possède deux inconvénients majeurs : la borne inférieure dans l'inégalité de Gauss n'est valide que sous des conditions très strictes et elle impose de connaitre la valeur, pour donné, si la valeur de est supérieure ou inféireure a 2/3[1].

Extensions aux moments d'ordre supérieur

Winkler a étendu en 1866 l'inégalité de Gauss aux moments d'ordre r > 0 et la distribution est unimodale avec un mode en zéro. C'est ce qu'on appelle parfois l'inégalité de Camp-Meidell[2],[3].

La borne de Gauss a été ultérieurement affinée et étendue pour s'appliquer aux écarts à la moyenne plutôt qu'au mode grâce à l'inégalité de Vysochanskiï-Petunin. Cette dernière a été étendue par Dharmadhikari et Joag-Dev [4]

s est une constante satisfaisant à la fois s > r + 1 et s(sl − 1)= rr et l > 0.

On peut montrer que ces inégalités sont les meilleures possibles et qu’un affinement supplémentaire des limites nécessite que des restrictions supplémentaires soient placées sur les distributions.

Voir aussi

  • l'inégalité de Vysochanskiï-Petunin, un résultat similaire pour la distance à la moyenne plutôt que pour le mode
  • l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev concerne la distance à la moyenne sans nécessiter l'unimodalité
  • Inégalités de concentration – un résumé des limites de queue sur les variables aléatoires.

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Gauss's inequality » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) Gerard Hooghiemstra et Piet Van Mieghem, « An inequality of Gauss », NAW 5/16, no 2, (lire en ligne [PDF]).
  2. (en) Friedrich Pukelsheim, « The Three Sigma Rule », The American Statistician, vol. 48, no 2, , p. 88–91 (ISSN 0003-1305, DOI 10.1080/00031305.1994.10476030, lire en ligne)
  3. (en) Peter J. Bickel et Abba M. Krieger, « Extensions of Chebyshev's Inequality with Applications », Probability and Mathematical Statistics, vol. 13, no 2, , p. 293–310 (ISSN 0208-4147, lire en ligne, consulté le )
  4. (en) S. W. Dharmadhikari et K. Joag-Dev, « The Gauss–Tchebyshev inequality for unimodal distributions », Teoriya Veroyatnostei i ee Primeneniya, vol. 30, no 4, , p. 817–820 (lire en ligne)

Bibliographie

  • (la) C. F. Gauss, « Theoria Combinationis Observationum Erroribus Minimis Obnoxiae, Pars Prior », Commentationes Societatis Regiae Scientiarum Gottingensis Recentiores, vol. 5,
  • (en) Graham Upton et Ian Cook, A Dictionary of Statistics, Oxford University Press, (lire en ligne), « Gauss inequality »
  • (en) T.M. Sellke et S.H. Sellke, « Chebyshev inequalities for unimodal distributions », American Statistician, American Statistical Association, vol. 51, no 1, , p. 34–40 (DOI 10.2307/2684690, JSTOR 2684690)
  • (en) F. Pukelsheim, « The Three Sigma Rule », American Statistician, American Statistical Association, vol. 48, no 2, , p. 88–91 (DOI 10.2307/2684253, JSTOR 2684253)
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