Jacques Damala

Jacques Damala
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Lithographie de Jacques Damala, parue dans le journal Poikili Stoa, 1884

Aristides Damala

Nom de naissance Aristides Damalas
Naissance
[Piraeus]] (Grèce)
Décès (à 34 ans)
Paris (France)
Nationalité Grec
Pays de résidence France
Profession
Dramaturge
Activité principale
Officier militaire
Conjoint
Sarah Bernhardt (m. 1882)

Aristides Damalas (grec : Aριστεíδης Δαμαλάς, orthographes alternatives Aristidis ou Aristide ; ), est connu en France sous le nom de scène Jacques Damala, était un officier militaire grec devenu acteur et époux de Sarah Bernhardt dans ses dernières années. Son caractère est loin d'être positif, il est perçu comme insolent, coureur de jupons et semble partagé les qualités d'un Don Juan. L'écrivain Fredy Germanos le décrit comme une personne opportuniste et hédoniste, dont le mariage avec "la Divine" allait inévitablement intensifier ses nombreux vices (alcool, drogues, vanité, obsession pour les femmes).

Biographie

Jacques Damala

Damala est né à Pirée, en Grèce, le 15 janvier 1855 dans la noble famille Damalas. Il était le deuxième des trois enfants d'Ambrosios Damalas (2 juin 1808 - 29 juillet 1869), un riche magnat de la marine marchande, qui fut plus tard maire d'Ermoupolis et de Pirée et de sa femme, Calliope Ralli (6 juin 1829 - 14 février 1891), dont le père, Loukas Rallis, avait également été maire du Pirée et d'Ermoupolis, Syros (il avait également inventé le nom "Ermoupoli") et était membre du comité exécutif qui tenta la libération de Chios en 1827, pendant la guerre d'indépendance grecque.

Ambrosios et Calliope ont deux autres fils, Loannis (1845-1916) et Pavlos Damalas (17 juillet 1853-25 décembre 1925) ainsi qu'une fille, Eirini (vers 1857-?). La famille déménage ensuite à Marseille (France) durant quelques années avant de déménagé à Ermoupoli (Syros) après qu'Ambrosios ait été nommé maire de cette ville.

Après avoir terminé ses études à Pirée, Damala passe quatre ans à l'étranger, principalement en Angleterre et en France, où il a poursuivi des études diplomatiques. Il a fait la connaissance des représentants de la haute société, ainsi que du monde du théâtre. Il rêvait de devenir un jour un dramaturge exceptionnel. Il revient en Grèce en 1878 et s'engage dans l'armée. Il s'entraîna plus tard dans le Corps des Pages en Russie, mais finit par abandonner ses études et retourna à Paris.

Au début des années 1880, il obtient un poste d'attaché militaire auprès du corps diplomatique grec. Il acquit rapidement la réputation d'être « l'homme le plus beau d'Europe ». Ses amis le surnommait le « Diplomate Apollon» tandis que les maris de Paris le considérait comme particulièrement dangereux et craignaient que leurs femmes ne soient victimes de ses charmes.

Damala était considéré comme l'incarnation de la beauté, ce qui attira de nombreuses femmes de la haute société parisienne. Il acquit à cet effet la réputation d'être un briseur de cœurs et un impitoyable coureur de jupons. Outre sa passion pour les femmes, on lui prêtait également des relations avec de jeunes hommes[1]. Il établit une liaison avec la femme d'un banquier parisien, Paul Meisonnier, dont la réputation sera ruiner. Elle sera forcée de quitter la France.

La rumeur veut qu'il est poussé au divorce et au suicide de deux femmes. L'une de ses liaisons connues et documentées concernait la jeune fille d'un magistrat du Vaucluse. La jeune fille avait alors quitté son domicile sans l'accord de ses parents pour suivre Damala à Paris, où il l'abandonna à la naissance de leur enfant illégitime. Suite à cela, la jeune fille disparue, on présume qu'elle s'est suicidée. Suite à ces nombreux scandales, Damala fut réaffecté en Russie.

Rencontre avec Bernhardt et séjour à Saint-Pétersbourg

Avant son transfert, il fut présenté à Sarah Bernhardt par sa demi-sœur Jeanne peu avant l'été 1881. Damala et Jeanne appartenaient à un cercle de consommateurs de morphine bien connus, associés au monde de la scène. Damala avait commencé à jouer de petits rôles en tant que dramaturge amateur sous le nom de scène de « Daria », et fréquentait les loges des théâtres, avec d'autres acteurs qui partageaient une passion similaire pour la morphine. Il fréquentait également ces lieux par désir de socialiser avec des gens du monde du théâtre et ainsi promouvoir ses ambitions de devenir un grand acteur. Jeanne parla de Damala à Bernhardt, et Bernhardt se sentit à la fois repoussé et fasciné par la perspective de rencontrer l'homme le plus célèbre de Paris. Leur rencontre était très attendue par les deux parties. Madame Pierre Berton, qui a écrit une biographie de Sarah Bernhardt, remarque ce qui suit :

"Il était inévitable que Bernhardt, la célèbre actrice, et Damala, le non moins célèbre bon vivant, finissent par se rencontrer. Chacun connaissait la réputation de l'autre et leur réputation n'en était que plus avivée... Bernhardt était fière de sa capacité à conquérir les hommes, à les réduire au rang d'esclaves ; Damala vantait ses talents de chasseur et de spoliateur de femmes... Leurs deux natures étaient inévitablement attirées l'une vers l'autre... Damala se vantait auprès de ses amis que, dès qu'il la regarderait, la grande Sarah Bernhardt figurerait parmi ses nombreuses victimes ; et Bernhardt était tout aussi certain qu'il lui suffisait d'ordonner à Damala de succomber."

Les deux se rencontrent très vite. Bien que Bernhardt soit consternée par l'insolence de Damala à son égard, elle ne peut cachée son attirance. Elle tombe alors follement amoureuse de lui. À cette époque, Bernhardt s'apprête à commencer sa tournée mondiale. Damala étant transférer à Saint-Pétersbourg, elle décide d'organiser un séjour de six mois en Russie, bien qu'elle est auparavant toujours refusée de s'y produire. Elle résida à Saint-Pétersbourg en tant qu'invité officielle de l'empereur Alexandre III de Russie et continua sa romance avec Damala. La transparence de leur liaison scandalisa les cercles sociaux de la ville et devint partout un sujet de discussion.

Mariage et nouvelle carrière

Jane Hading (à gauche) et Damala dans la pièce Le Maître de Forges, c. 1883.

La relation du couple est loin d'être au beau fixe. Damala critique et se moque ouvertement de Bernhardt devant ses amis. Sarah en retour le surnom "Grec tsigane" dans une tentative de l'humilier. Cependant, dans la plupart des cas, Bernhardt est tellement submergée par son engouement pour lui, qu'elle tolère ses insultes et lui demande même pardon. Ce comportement déontre l'emprise de Damala dans la relation.

Après que Sarah Bernhardt ait fini sa tournée en Russie, elle se produit dans plusieurs pays européens. Damala démissionne du corps diplomatique et suit le cercle théâtral de Sarah.

Alors qu'elle se produit à Londres, achevant la dernière partie de sa tournée, Bernhardt eut une autre dispute avec Damala. Sarah Bernhardt devait interpréter le rôle titre du dramaturge Victorien Sardou,Théodora.

Au lieu de cela, elle envoya le télégramme suivant à Sardou : "Je vais mourir et mon plus grand regret est de ne pas avoir interpréter votre pièce. Adieu".

Quelques heures plus tard, Sardou reçoit un deuxième message de Bernhardt qui dit simplement : « Je ne suis pas morte, je suis mariée ». Lorsque Sardou lui demanda plus tard pourquoi elle s'était mariée, elle répondit quelque peu naïvement que c'était la seule chose qu'elle n'avait jamais faite encore. Sa décision impulsive de se marier était probablement de sa propre initiative, puisque Damala a avoué avec sarcasme à ses amis que c'était elle qui lui avait demandé sa main. Le mariage eut lieu le 4 avril 1882 à Londres, une ville qui s'avéra être un choix commode pour le mariage, puisque les différences religieuses auraient été un obstacle à un éventuel mariage à Paris : Bernhardt était catholique romain et Damala grec orthodoxe. Le fils de Bernhardt, Maurice, était hostile à Damala et contre ce mariage.

Même si Bernhardt a présenté Damala aux journalistes avec la phrase « Ce dieu grec antique est l'homme de mes rêves », le mariage est devenu l'objet de critiques et même de satire de la presse. Les caricatures de Bernhardt et Damala ont pratiquement inondé les journaux pendant des mois. Une critique de Les Mères Ennemies montre Bernhardt tenant Damala comme une marionnette, manipulant ses membres.

Le mariage de Damala avec Bernhardt l'a rendu encore plus infidèle. Trois semaines après le mariage, il s'est disputé avec Bernhardt lorsqu'il a insisté pour qu'elle change son nom de scène en Sarah Damala pour lui rendre hommage. Suite à son refus, il a quitté la maison. Il a disparu pendant quelques jours, à la grande anxiété de Bernhardt, et pendant ce temps, il a été vu en compagnie d'une jeune fille norvégienne. À son retour, Sarah accepta ses excuses. La tournée s'est déroulée à Ostende. Lors de leur dernière nuit là-bas, Damala s'est à nouveau enfui et a été entendu deux jours plus tard à Bruxelles, où il était accompagné d'une femme belge. Bernhardt lui pardonna à nouveau à son retour.

Malgré les humiliations qu'elle a endurées, en donnant de l'argent à Damala pour payer ses maîtresses et ses dettes envers les prostituées, et le fait que l'infidélité de son mari était un sujet courant de commérages, Benrhardt, la malheureuse, a tolérée tout cela. De retour à Paris, Damala, poussé par la perspective de devenir une star du théâtre, décide de poursuivre une carrière de dramaturge. Quelque temps plus tard, Bernhardt achète un théâtre, le Théâtre de l'Ambigu, et prend la malheureuse décision de nommer Maurice comme directeur et Damala comme acteur principal.

Les amis de Bernhardt ne pouvaient pas comprendre ce qu’elle voyait en lui. Ses contemporains furent intrigués par sa décision de se débarrasser d'acteurs professionnels pour jouer aux côtés d'un amateur peu qualifié. Bernhardt semble avoir été aveuglé par l'émotion : Damala a été décrit comme sans talent, dépourvu de technique, mauvais acteur, sans timin et possédant un accent grec inintelligible[2]. Bernhardt était inconsciente de tous ces défauts et, en raison de son attirance pour lui, le considérait comme approprié et lui confia le rôle d'Armand Duval dans La Dame aux Camélias. Bernhardt aurait dit à Alexandre Dumas (plutôt choqué) à propos de Damala : « Ne ferait-il pas un excellent Armand ? Rien qu'en le regardant, on comprend pourquoi Marguerite Gautier meurt comme elle meurt ! »

Le couple revient à Paris et interprète La Dame aux Camélias . La performance de Sarah a été saluée ; celle de Damala, en revanche, a reçu des critiques moins qu'enthousiasmantes. Damala était furieux et a blâmé Bernhardt[2].

Séparation

En décembre 1882, Bernhardt ouvre Fédora de Victorien Sardou et reçoit à nouveau d'excellentes critiques. Sardou avait écrit la pièce spécialement pour elle, mais avait refusé que Damala y joue. Bernhardt a nommé son mari directeur de sa compagnie de théâtre en tournée (« Head of the Tour »), une décision qui s'est avérée désastreuse, étant donné le manque de compétences de Damala en matière de gestion. Bernhardt fut finalement contrainte de le démettre de ses fonctions et de le réduire au rang de prince consort. Cette évolution, combinée à la frustration de Damala quant à la façon dont sa carrière s'est développée, l'a poussé à continuer d'humilier Bernhardt devant ses amis et de la critiquer ouvertement. Sa dépendance de plus en plus profonde aux drogues, en particulier à la morphine créé des problèmes encore plus grands dans leur mariage.

Le comportement de Damala, influencé par la drogue, est devenu fréquemment scandaleux. Un jour, alors qu'il était sur scène avec Bernhardt, Damala, sous l'emprise de la drogue, a déchiré sa robe et a exposé ses fesses nues au public. Le 12 décembre 1882, Bernhardt s'en prend violemment à Damala, refusant de couvrir ses dépenses en femmes et en drogue, ce à quoi Damala répond de manière tout aussi explosive avec ses propres accusations. Le lendemain matin, Damala partit, sans prévenir, pour l’Afrique du Nord. Réalisant qu'il ne serait jamais considéré comme autre chose que « M. Sarah Bernhardt », il décide de s'enrôler dans les troupes spahi en Algérie[3]. Bernhardt a dû régler les dettes résultant de la dépendance de Damala à la drogue et aux prostituées, ainsi que du jeu de son fils.

Au début de 1883, elle part en tournée en Scandinavie en compagnie de son amant, le dramaturge Jean Richepin. À son retour à Paris, elle découvre que Damala vit à nouveau dans sa maison. Bernhardt quitta Richepin et le couple se retrouva un temps ; bientôt, cependant, le mariage se détériora encore davantage, en raison de l'extrême dépendance à la drogue de Damala, la séparation définitive était à venir. Apparemment, Bernhardt était tellement bouleversée par son mari alors qu'elle jouait Ophélie sur scène en Italie qu'elle a terminé sa partie plus tôt, est sortie de scène et a dit : « C'est tout »[4]. Peu de temps après, elle l'a fait sortir de la maison et l'a placé dans une clinique. Six mois plus tard, il revient à nouveau chez elle, au grand désarroi de Richepin. Bernhardt a essayé d'empêcher les pharmaciens de lui fournir des médicaments et l'a ensuite envoyé à nouveau dans une clinique, puis dans un hôtel, dans la banlieue de Paris. Cependant, les deux ne divorcèrent pas et le mariage dura légalement jusqu'à la mort de Damala en 1889. Comme Bernhardt était très stricte avec ses opinions catholiques, elle opta seulement pour une séparation semi-légale, qui prévoyait également qu'en échange de certaines sommes qu'elle lui envoyait mensuellement, il ne réentrerait jamais dans sa vie.

Après sa séparation d'avec Bernhardt, Damala a tenté de revenir dans le monde diplomatique. Son retour dans la profession diplomatique s'avéra cependant très difficile et il resta dans le milieu du théâtre. La même année, en 1883, il interprète le rôle le plus mémorable de sa carrière (après Armand) : Philippe Berlay, aux côtés de Jane Hading, dans l'adaptation scénique du roman de Georges Ohnet, Maître de Forges . La pièce connut un grand succès et fut jouée toute l'année au Théâtre du Gymnase de Marseille.

Damala a joué dans quelques productions mémorables au cours des années suivantes. Il a joué le rôle principal (dans le rôle de Jean Gaussin ) dans la comédie Sapho, adaptation scénique par Alphonse Daudet de son propre roman, Sapho, mœurs parisiennes, toujours avec Hading comme partenaire. La pièce a été créée au Gymnase de Paris le 18 décembre 1885. Damala a également participé à l'adaptation scénique d'un autre roman d'Ohnet, La Comtesse Sarah, en 1887.

Malgré ces quelques pièces prolifiques, Damala fut rapidement oublié voire volontairement ignoré par la société parisienne, suite à sa séparation d'avec la grande diva. En mars 1889, Bernhardt revient à Paris après une tournée européenne d'un an et reçoit un message de Damala l'informant qu'il est en train de mourir à Marseille et la supplie de lui pardonner et de le reprendre. Le fait qu'elle n'ait jamais cessé d'aimer et de prendre soin de son mari a été prouvé à ce moment précis : elle a abandonnée ses représentations à Paris, s'est précipitée vers lui et a soigné Damala, dont la santé était ruinée en raison de sa dépendance de longue date.

Elle l'accueillit chez elle et après sa convalescence, elle le choisit comme son acteur principal dans La Dame aux Camélias . Damala a promis d'arrêter de prendre de la morphine et s'est lancé dans une tournée européenne avec Bernhardt (qui comprenait également l'Égypte). En réalité, la dépendance de Damala aux drogues s’est progressivement aggravée. Il a continué à consommer la drogue et s'est parfois ridiculisé, sa lucidité étant gravement réduite par la morphine. À une occasion, il a failli être arrêté pour s'être exposé nu à l'Hôtel de Ville de Milan. Damala a repris son rôle d'Armand mais après six semaines de tournage, il s'est effondré et a été transporté à l'hôpital. Peu avant sa mort, Bernhardt lui propose un autre rôle, dans la pièce Léna, au Théâtre des Variétés. Juste après la deuxième représentation, il a été jugé incapable de jouer le rôle, en raison de son manque de lucidité désormais permanent et de l'influence continue de l'alcool et des drogues.

Fille illégitime

Début 1889, Damala avait également eu un enfant avec l'une de ses maîtresses, figurante de théâtre, qui lui injectait de la morphine pendant les entractes. Après que sa maîtresse ait donné naissance à une petite fille, elle a placé le bébé dans un panier sur le pas de la porte de Bernhardt avec une note. Bernhardt fut furieuse de découvrir que la fille illégitime de Damala était placée sous sa garde et envisagea de faire noyer l'enfant dans la Seine. Les serviteurs de Bernhardt ont tenté d'informer Damala de son enfant, mais il était incapable d'envisager la situation, en raison d'une clarté gravement réduite (résultat de sa profonde dépendance). Heureusement, la vie de sa fille a été sauvée par un ami de Bernhardt et de Damala, le trafiquant d'armes et futur magnat Basil Zaharoff, qui a proposé de prendre l'enfant afin de lui trouver une famille de substitution. Finalement, la jeune fille fut baptisée Teresa (1889-1967) et fut élevée à Andrinople en Thrace orientale, devenant plus tard une mondaine de la société royale d'Athènes.

Les aventures de la fille de Damala, qui eut des relations amoureuses avec Ernest Hemingway, qui la qualifia de « princesse grecque », et Gabriele d'Annunzio, ainsi que sa connaissance de Benito Mussolini et le fait qu'elle servit de modèle à Pablo Picasso au début des années 1920, furent documentées par Fredy Germanos dans son roman historique Teresa (grec : Tερέζα, prononcé Tereza ), publié en 1997. Le livre fait également référence à la vie parisienne de Damala et mentionne que Bernhardt est restée amoureuse de lui jusqu'à la fin de sa vie. En fait, Bernhardt et Teresa Damala se sont rencontrés à nouveau des années plus tard.

La mort

Buste funéraire en Damala de Sarah Bernhardt (1889)

Damala a été retrouvé mort à Paris le 18 août 1889[5], dans une chambre d'hôtel[réf. nécessaire], d'une overdose de morphine et de cocaïne[6]. La nouvelle de sa mort fut cachée à Bernhardt jusqu'à ce qu'elle ait terminée sa représentation. Lorsqu'elle l'a découvert, elle aurait déclarée, probablement par pitié pour son état : « Eh bien, tant mieux... ».

Bernhardt a porté le deuil pendant un an après la mort de Damala. Elle avait légalement adopté son nom de famille (c'est-à-dire Sarah Bernhardt-Damala) mais n'y avait jamais renoncé, même après la mort de son mari, bien que cela ne soit pas largement connu. Elle garda « Damala » comme nom légal jusqu'à sa mort, bien que sa décision lui ait causé quelques ennuis pendant la Première Guerre mondiale lorsqu'un officier d'un bureau consulaire de Bordeaux refusa de lui accorder un visa pour son passeport, en raison du fait que ce dernier était grec (le roi Constantin de Grèce était censé soutenir le camp allemand pendant la guerre et l'État français refusa d'accorder des visas aux passeports grecs). Il a fallu l'intervention du ministre de l'Intérieur pour que Bernhardt obtienne son visa.

Héritage

À une occasion, lors de son mariage avec Sarah, le célèbre auteur de Dracula, Bram Stoker, a dîné avec Damala dans les coulisses du Lyceum, il a noté :

« J'étais assis à côté de lui au dîner, et l'idée qu'il était mort m'habitait. Je crois qu'il avait pris une forte dose d'opium, car il se déplaçait et parlait comme un homme en rêve. Ses yeux, fixés sur son visage blanc et cireux, semblaient à peine ceux d'un vivant. » [7]

Plus tard en 1897, Stoker a reconnu que Damala était l'un de ses modèles pour le comte Dracula[8].

Il a été interprété par trois acteurs dans des films et des séries télévisées biographiques de Sarah Bernhardt. Il a été interprété par John Castle dans le film L'Incroyable Sarah (aux côtés de Glenda Jackson ) en 1976, par l'acteur canadien Jean LeClerc dans le téléfilm Sarah (également 1976) et par Gonzalo Vega dans la série télévisée mexicaine La Divina Sarah (1980).

Sa sœur cadette, Eirene (vers 1857–?) a eu une brève liaison avec le célèbre écrivain et journaliste américain d'origine irlandaise Frank Harris, comme le raconte ce dernier dans son autobiographie scandaleuse My Life and Loves . Harris avait rencontré la famille Damala à l'été 1880, alors qu'ils résidaient tous à l'Hôtel d'Athènes, à Athènes. Harris et Eirene Damala (appelée dans le livre « Mme M. ») ont eu une brève liaison romantique/sexuelle, que Harris décrit de manière très graphique dans son livre. Eirene était séparée de son mari écossais, qui l'avait quittée et était retourné en Angleterre.

Harris s'est également lié d'amitié avec Aristides Damala et les deux sont devenus encore plus proches lorsqu'ils se sont rencontrés à nouveau à Paris, quelque temps plus tard. Harris raconte également un incident à Trieste lorsque Bernhardt s'en est prise publiquement à son mari pour ses infidélités, ce à quoi Damala a répondu : « Madame, vous n'aurez plus jamais l'occasion de m'insulter ». Il revient ensuite à Paris. Un Bernhardt inconsolable interrompit la tournée et retourna également dans la capitale française où il supplia Harris d'intervenir pour que la réconciliation ait lieu. Damala aurait dit à Harris à propos de Bernhardt : « Un grand talent, mais une petite nature et une langue grossière ».

  • 1882 Alexandre Dumas La Dame aux Camélias (comme Armand)
  • 1883 Maître de Forges de Georges Ohnet (comme Philippe Berlay). La représentation à Paris fut un « grand et inattendu succès », « à la grande surprise de M. Dalama »[9].
  • 1885 Sapho d'Alphonse Daudet (Jean Gaussin)
  • 1887 La Comtesse Sarah d' Ohnet
  • 1889 La Dame aux Camélias de Dumas (comme Armand)

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Jacques Damala » (voir la liste des auteurs).
  1. « The Divine Sarah (Google Groups post) », (consulté le )
  2. 1 2 « Sarah Bernhardt, Abbreviated Biography » [archive du ] (consulté le )
  3. « Extracts from The Divine Sarah: A Life of Sarah Bernhardt (1991) » (consulté le )
  4. « "The Ladies of the Camellias". Applause. Vol. XVII, No. 6 » [archive du ], Denvercenter.org (consulté le )
  5. « "Bernhardt Widowed; Announcement of Death in Paris of M. Jacques Damala", The New York Times, August 18, 1889 », New York Times (consulté le )
  6. « "The Cause of Damala's Death", The New York Times, September 2, 1889, p. 4 », New York Times (consulté le )
  7. Bram Stoker, Personal Reminiscences of Henry Irving, Macmillan, (lire en ligne), p. 166
  8. Robert Gottlieb, Sarah: The Life of Sarah Bernhardt, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-16879-2, lire en ligne), p. 133
  9. « Literary gossip », The Week: A Canadian Journal of Politics, Literature, Science and Arts, vol. 1, no 5, , p. 78 (lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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