Ketama (tribu marocaine)

| Nom arabe |
Ketama |
|---|---|
| Nom berbère |
Ikutamen |
| Région principale |
Rif central |
|---|---|
| Région secondaire |
Nord du Maroc |
| Province principale |
Al Hoceïma |
| Chef-Lieu |
Ikaouen ou Tlat ketama |
| Mode de vie |
Sédentaire, montagnard |
|---|---|
| Fait partie du groupe tribal |
| Langue principale |
Tasenhajit et Darija |
|---|
Ketama (en berbère : ⵇⴻⵜⴰⵎⴰ, en arabe : كتامة) est une ancienne tribu amazighe appartenant à la grande confédération des Senhaja Sraïr, installée dans le Rif central au nord du Maroc.
Histoire et origine
La tribu des Ketama est issue des Kutama, l’une des principales confédérations berbères historiques du Maghreb. Elle est mentionnée dans les sources médiévales comme ayant joué un rôle important dans les dynamiques politiques et religieuses de la région. Le nom Ketama est également associé à une autre branche sanhajienne en Algérie orientale, connue pour avoir donné naissance à la dynastie des Fatimides[1].
Au Maroc, les Ketama du Rif sont intégrés à la structure tribale des Senhaja Sraïr, une confédération montagnarde ayant conservé ses traditions amazighes jusqu’à aujourd’hui[2].
Langue et culture
Les membres de la tribu parlent une variante de tamazight appelée Tasenhajit[3], spécifique au Rif central. Toutefois, une partie significative de la population ketamie — environ la moitié — a connu un processus d’arabisations progressive[4], particulièrement au cours du XXe siècle, sous l’effet de la scolarisation, de la migration, et des influences extérieures. Malgré cela, de nombreuses familles continuent de transmettre la langue amazighe et certaines traditions culturelles locales, notamment dans la région d'Abdelghaya Souahel qui est encore fortement berberophne.
La culture ketamie repose sur des structures communautaires traditionnelles (ajmaɛ), un fort attachement au territoire montagnard, et un mode de vie rural mêlant agriculture, élevage et artisanat.
Rôle dans la culture du cannabis
Depuis le XXe siècle, Ketama et Ait Seddat (Issaguen) sont devenues largement connues comme des principaux centres de culture traditionnelle du cannabis (kif) au Maroc. En raison de leur isolement géographique, de la fertilité de leurs vallées et de l’absence historique d’un encadrement agricole formel, la région est devenue une capitale historique de la production de cannabis[5] dans le Rif. Cette activité, bien que longtemps tolérée de manière officieuse, a eu un impact significatif sur l’économie locale, les structures sociales et les dynamiques migratoires.
Notes et références
- ↑ David Bramoullé, « Les Fatimides et les villes portuaires : des relations difficiles », dans les Fatimides et la mer (909-1171), BRILL, , 201–253 p. (ISBN 978-90-04-40290-4, lire en ligne)
- ↑ Fatima Zahra El Aboui, Mouad Lahmass, Issam Ghabbour et Mustapha Laghmari, « Ethnomedical insights into plants used by tribes in the Rif of Al Hoceima and in the Pre-Rif of Taza (two provinces in Northern Morocco) », Ethnobotany Research and Applications, vol. 30, (ISSN 1547-3465, DOI 10.32859/era.30.23.1-37, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Charif Adardak, « Chelha des Senhaja Sraïr : un parler amazigh minoritaire en voie de disparition dans les montagnes du Rif (Nord du Maroc) »
- ↑ Auguste Mouliéras, Le Maroc Inconnu,
- ↑ Pierre-Arnaud Chouvy, « Du kif au haschich : évolution de l’industrie du cannabis au Maroc », Bulletin de l'Association de géographes français, vol. 95, no 2, , p. 308–321 (ISSN 0004-5322 et 2275-5195, DOI 10.4000/bagf.3337, lire en ligne, consulté le )
- Portail du Maroc
- Portail des Berbères