Michael Langlois

Michael[n 1] Langlois, né en 1976 en France, est un professeur des université français spécialiste de la Bible hébraïque.

En , l'université de Strasbourg le suspend d'enseignement pendant trois ans, suite à des accusations de violences sexistes par plusieurs élèves. Sa réintégration en , pour vices de procédure, provoque une vive contestation.

Biographie

Jeunesse

Michael Langlois grandit à Voisins-le-Bretonneux, dans les Yvelines, au sein d'une famille pentecôtiste. Son père est ingénieur en télécommunication et il a un frère aîné, Jean-Philippe. À quatorze ans, par rébellion, ils fondent tous deux un groupe de rock avec son frère, style musical déplaisant à leur milieu. Enfant, il se pose de nombreuses questions sur la Bible durant les cours d'étude de la foi à l'église, ce qui gêne ses enseignants[1].

Études et carrière

Après un baccalauréat S, Michael Langlois est licencié de mathématiques et de sciences à l'université Paris-Sud, en vue d'être professeur de mathématiques ou informaticien. Adulte, il reste intrigué par la foi et s'inscrit au Séminaire théologique continental, en Belgique, y apprenant le grec, l'hébreu et l'histoire du Moyen-Orient. Durant ses études au séminaire, sa foi chrétienne évolue et il considère que toutes les Églises se valent, aucune d'elles n'ayant le monopole de la vérité chrétienne[1].

Alors qu'il prépare un master en langues anciennes à l'Université catholique de Paris, Langlois rejoint un groupe préparant une nouvelle traduction des manuscrits de la mer Morte. S'occupant du livre d'Hénoch, il apprend le guèze, langue dans laquelle le seul exemplaire complet survécut. Il donne une traduction nouvelle et améliorée par une reconstitution longue et minutieuse. Dans la suite de ses recherches, à partir de fragments du livre de Josué, il conclut qu'il existe une version perdue, jusque là inconnue, conservée dans les manuscrits de la mer Morte[1].

Après une thèse à la Sorbonne sur des manuscrits en araméen du livre d'Hénoch, soutenue en 2007, Langlois devient enseignant au Collège de France et à l'université de Strasbourg[2],[3].

Accusations de violences sexistes

À partir de , treize élèves accusent Michael Langlois de violences sexistes. Une section disciplinaire est ouverte le , après plusieurs relances de la part du Collectif de lutte contre le harcèlement sexiste dans l’enseignement supérieur. En , Langlois est suspendu pendant trois ans après un an et demi d'enquête interne. Langlois fait appel de cette décision[4],[5].

En , le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche le réintègre en raison de vices de procédure, amenant une pétition contre sa réintégration[6]. En , des élèves et professeurs de Strasbourg, d'autres facultés et des personnalités protestantes publient une tribune dans le journal protestant Réforme pour protester contre les violences sexuelles et abus spirituels dont il est accusé[7]. L'Église protestante unie de France apporte son soutien[8].

Notes et références

Notes

  1. L'orthographe Michaël se trouve et est fautive.

Références

  1. 1 2 3 (en) Chanan Tigay, « How an Unorthodox Scholar Uses Technology to Expose Biblical Forgeries », sur Smithsonian Magazine (consulté le )
  2. Dominique Lang, « La passionante [sic] histoire de la découverte des manuscrits bibliques par Michael Langlois », sur Le Pèlerin, (consulté le )
  3. « Michael Langlois, dans les secrets des manuscrits de la Bible », sur recherche.unistra.fr (consulté le )
  4. Maud de Carpentier, « Violences sexistes à la faculté de théologie : trois ans d'interdiction d'enseigner pour le maître de conférences », sur Rue89 Strasbourg, (consulté le )
  5. « Université de Strasbourg. Violences sexistes présumées : un enseignant de théologie interdit de cours et suspendu de traitement pendant trois ans », sur www.dna.fr, (consulté le )
  6. « Université de Strasbourg. Une pétition contre la réintégration du professeur de théologie accusé de violences sexistes et sexuelles », sur www.dna.fr, (consulté le )
  7. Collectif, « Violences sexuelles et sexistes : des étudiants en théologie à Strasbourg veulent des engagements », sur Reforme, (consulté le )
  8. Maud de Carpentier, « #MeToo : les protestants de France font leur examen de conscience », sur Mediapart, (consulté le )

Liens externes

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