Monument de la fraternité franco-marocaine

Monument à la Victoire et à la Paix
Monument de la fraternité franco-marocaine
Présentation
Type
Créateurs
Localisation
Localisation
Coordonnées
49° 12′ 17″ N, 2° 35′ 28″ E
Carte

Le monument à la Victoire et à la Paix, aujourd'hui connu sous le nom de monument de la fraternité franco-marocaine, est un monument de Paul Landowski faisant mémoire des soldats marocains et français tués pendant la Première Guerre mondiale. Il représente un cavalier français et un cavalier marocain se serrant la main.

Il est édifié initialement à Casablanca, lorsque le Maroc était sous protectorat français, et inauguré le par le maréchal Lyautey. Après l'indépendance du Maroc, il a été rapatrié en à Senlis.

Érection

En , l'association casablancaise des vétérans demande l'érection d'un monument en mémoire des combattants tués pendant la guerre. Après un concours, Paul Landowski est choisi en pour en être l'auteur[1]. L'architecte est Henri Prost, aidé d'Albert Laprade tandis que les bas-reliefs situés sous la statue sont réalisés par Émile Pinchon[2].

La première pierre est posée le . Le monument est érigé dans le centre de la ville, face au palais de justice. Il est inauguré le par le maréchal Lyautey, résident général de France au Maroc[1],[3].

Après l'indépendance du Maroc, la présence de ce symbole colonial au milieu du centre administratif de Casablanca ne se justifie plus. Le monument est démonté à partir de et rapatrié en France par la collaboration du consulat français à Casablanca et de l'association des spahis, La Koumia. Il est installé place du 3e Houzard à Senlis, ville qui avait eu une garnison de spahis jusqu'en et qui accueille depuis le musée des Spahis. Symbolisant désormais l'association franco-marocaine, le monument est inauguré le [4].

Présentation

Les deux cavaliers

Le monument présente deux cavaliers. Le cavalier français est équipé de l'uniforme porté à la fin de la guerre, notamment le casque Adrian modèle [4]. L'historienne Stacy E. Holden voit dans le cavalier marocain un guerrier médiéval issu de l'imaginaire orientaliste colonial[3]. Nicolas Alexandre et Emmanuel Neiger, enseignants d'histoire à Casablanca, indiquent qu'il s'agit d'un spahi de l'Armée française, portant la tenue de l'époque. Sous son turban, il a notamment des noauders, mèches de cheveux alors portées par les guerriers berbères, y compris les tirailleurs et spahis[4].

Les deux cavaliers sont face à face et se donnent une poignée de main. La scène est inspirée par la rencontre de deux bergers à cheval qu'avait observée Landowski dans la campagne romaine quelques années plus tôt[1],[4]. Le cheval du cavalier marocain courbe la tête, soit dans un geste de soumission, soit pour permettre une meilleure vision de la poignée de main[4]. La poignée de main elle-même se fait d'égal à égal, selon la conception qu'avait Lyautey de la relation entre la Troisième République et son protectorat marocain[3],[4].

Les bas-reliefs

Les inscriptions

Références

  1. 1 2 3 Lefrançois 2009.
  2. Mylène Théliol, « L'association des peintres et sculpteurs du Maroc () », Rives méditerranéennes, , p. 237–249 (DOI 10.4000/rives.3960, lire en ligne, consulté le ).
  3. 1 2 3 (en) Stacy Holden, « An Islamicized Mausoleum for Maréchal Hubert Lyautey », Hespéris-Tamuda, vol. 52, no 2, , p. 151–177 (lire en ligne [PDF]).
  4. 1 2 3 4 5 6 Alexandre et Neiger 2014.

Voir aussi

Bibliographie

  • Nicolas Alexandre et Emmanuel Neiger, « Le Monument à la Victoire et à la Paix de Paul Landowski : Une découverte récente à Casablanca », In Situ. Revue des patrimoines, no 25 « Le patrimoine de la Grande Guerre », (ISSN 1630-7305, DOI 10.4000/insitu.11360, lire en ligne, consulté le ).
  • Michèle Lefrançois, chap. 24.01 « Monument de la victoire », dans Paul Landowski : l'œuvre sculpté, Grâne, Créaphis, , 528 p. (ISBN 978-2-35428-023-9), p. 225–227 [lire en ligne].
  • Bernard Toulier, « Les monuments aux morts de la Grande Guerre en Afrique francophone : Les enjeux d’un patrimoine controversé à partir des indépendances », Revue d'histoire culturelle, no 9 « Le patrimoine colonial urbain, une histoire mémorielle () », , § 17–24 (DOI 10.4000/13213, lire en ligne).

Articles connexes

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