Selon Peter Dayan, la musique Dada se trouve au cœur de la théorie et des expérimentations dadaïstes, malgré le préjugé selon lequel Dada serait avant tout bruyant et amusical. Jouée au piano, la musique, notamment celle d'Arnold Schoenberg et d'Erik Satie, a joué un rôle central dans les soirées Dada, depuis les premières à Zurich, jusqu'aux dernières à Paris et aux Pays Bas[1].
La musique joue un grand rôle dans les soirées Dada au Cabaret Voltaire à Zurich. Hugo Ball, ainsi qu'un certain nombre des pianistes professionnels, y jouent au piano des œuvres de Reger, Liszt, Debussy, Scriabin, Rachmaninoff et Saint-Saëns[2],[3]. Malgré l'intérêt porté à une musique qui utilise l'atonalité et la dissonance, ces soirées ne font pas entendre une musique en soi iconoclaste[4]. En revanche, parmi les soirées Dada organisées à Zurich après la fermeture du cabaret Voltaire, l'une d'entre elles est consacrée au pianiste et compositeur Hans Heusser. Ce dernier élabore une performance totalement iconoclaste. Ses compostions pour piano, harmonium et voix évitent les harmonies traditionnelles, sont très rythmiques, se réfèrent à des cultures prétenduement primitives, sont marquées par des dissonances grinçantes[4]
Relâche, 1924. Couverture du programme de la première du ballet au Théâtre des Champs Élysées. Aquarelle de Francis Picabia
Les collaborations entre compositeurs et le mouvement dada ont rarement pris la forme de créations originales, à la notable exception de Relâche, ballet de Francis Picabia et Erik Satie donné au théâtre des Champs-Élysées[5].
(en) Paul Ingram, «Songs, Anti-Symphonies and Sodomist Music: Dadaist Music in Zurich, Berlin and Paris», Dada/Surrealism, no21,
(en) Paul Ingram, «Adorno, Dada, and Music», dans Music, the Avant-Garde, and Counterculture: Invisible Republics, Springer Nature Switzerland, , p.29-42
(en) Rudolf Klein et Kurt Blaukopf, «Dada and Music», dans Willy Verkauf, Dada: Monograph of a Movement, Londres, Academy Editions, , p.53-56
(en) Leigh Landy, «Duchamp, Dada Composer and his Vast Influence on Post-World War II Avant-Garde Music», Avant-Garde 2, , p.131-44
(en) Peter Dayan, «The Inaudible Music of Dada», dans Werner Wolf et Walter Bernhart, Silence and Absence in Literature and Music, Brill, coll.«Word and Music Studies» (no15), (ISBN978-90-04-31485-6, DOIhttps://doi.org/10.1163/9789004314863)
(en) Ariel Alvarez, «Dada and Music: Tackling Musical Conventions», Journal of Comparative Literature and Aesthetics, vol.45, no2 (Suppl.), , p.54-66
Sébastien Arfouilloux, «La Musique aux temps de Dada», dans Henri Béhar et Catherine Dufour, Dada circuit total, Lausanne, L’Âge d’Homme,
Cécile Reynaud, «Des mots et des sons», TDC, no901 «Dada», (ISSN0395-6601)