Paul Mistral (homme politique, 1872-1932)

Paul Mistral
Illustration.
Fonctions
Député français

(22 ans, 2 mois et 16 jours)
Élection 8 mai 1910
Réélection 10 mai 1914
16 novembre 1919
11 mai 1924
22 avril 1928
1er mai 1932
Circonscription Isère
Législature Xe, XIe, XIIe, XIIIe, XIVe et XVe (Troisième République)
Groupe politique SOC
Prédécesseur Léon Cornand
Successeur Antonin Brocard
Maire de Grenoble

(12 ans, 8 mois et 7 jours)
Élection 1919
Réélection 1925
Prédécesseur Nestor Cornier
Successeur Léon Martin
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance La Morte
Date de décès (à 59 ans)
Lieu de décès La Morte
Sépulture Grenoble

Paul Mistral (né le à La Morte (Isère) et mort le à La Morte) est une personnalité politique française, membre de la SFIO. Il est député de l'Isère de 1910 à 1932 et maire de Grenoble de 1919 à 1932.

Études et carrière professionnelle

De milieu modeste, il est le fils de Hippolyte Mistral, maître-maçon à La Morte, au hameau du Désert, et de Pauline Roux[1]. Après de bonnes études primaires et une première place au certificat d'études en 1888, il entre boursier au collège de La Mure le [1].

En 1891 il travaille comme dessinateur puis comptable dans l'industrie mécanique jusqu'à son incorporation au service militaire, le à Grenoble. Il en est libéré dès le en tant qu'ainé de sept enfants, son père étant décédé en 1887. Il devient alors comptable dans l'entreprise qui deviendra plus tard Neyrpic. Ensuite il s'associe avec son frère Émile le dans un négoce de marchand de vins en gros[1].

Engagement politique

En 1892, il adhère au groupe socialiste grenoblois qui se constitue peu après en fédération départementale du Parti ouvrier français. Il est délégué pour le congrès national de ce parti, à Marseille, en [1]. Collaborateur régulier du journal Le Droit du peuple, organe de la fédération de l'Isère, il en devient le rédacteur en chef de 1903 à 1910.

Le président du conseil des ministres, Paul Painlevé en visite à l'exposition internationale de la houille blanche en 1925, avec à sa droite, le maire Paul Mistral et à sa gauche, le gouverneur de la place, général Demetz.

Il est conseiller général du canton de Grenoble-Est en 1901-1907 puis de nouveau en 1919-1931. En , dans le cadre d'une élection législative partielle concernant la première circonscription de l'Isère, il est opposé à Alexandre Zévaès qui anime un groupe socialiste dissident. Mistral est largement battu. En 1905, il participe activement au congrès du Globe, à Paris, qui voit l'unification des différents partis socialistes et la création de la SFIO. Mistral subit ensuite les défaites électorales des législatives de mai 1906 (circonscription de Saint-Marcellin), des cantonales de juillet 1907 (non renouvellement dans le canton Est de Grenoble) et des municipales grenobloises de mai 1908. Mais en 1910, il devient député SFIO de la 2e circonscription de Grenoble et sera régulièrement réélu jusqu'en 1932[2].

À la déclaration de guerre en 1914, Paul Mistral soutient la politique d'Union sacrée mais sa position évolue et se rapproche de celle de la minorité pacifiste du parti qui souhaite un règlement rapide et juste de la guerre. Avec six autres minoritaires, il entre à la Commission administrative permanente (CAP) de la SFIO en 1915.

Au Congrès de Tours (24-), il est, avec Paul Faure et Jean Longuet, l'un des leaders de la tendance centriste qui se prononce pour un refus de l'adhésion à la Troisième Internationale.

Durant son mandat de maire de Grenoble, de 1919 à sa mort brutale, il est à l'initiative de l'urbanisation de la ville vers le sud. Pour ce faire, il doit raser les fortifications militaires et rencontre une vive résistance de l'administration du Génie. L'organisation de l'Exposition internationale de la houille blanche de 1925 lui donne l'occasion de hâter le cours des évènements. L'emplacement du parc qui porte aujourd'hui son nom est alors aménagé. L'extension urbaine, qui dure jusqu'à sa mort, voit la création des quartiers Jean Macé, de la Bajatière, de la Capuche et du Rondeau. Sous son mandat, la ville de Grenoble organise par ailleurs les Pompes funèbres en régie municipale, lance la construction d'un téléphérique sur le site de la Bastille ainsi que le stade Charles-Berty et l'aéroport de Grenoble-Mermoz. L'opposition de droite dénonce la mauvaise gestion des HBM (Habitations à Bon Marché) mais l'honnêteté personnelle du maire n'est pas mise en cause dans cette affaire.

Décès et famille

Tombe de Paul Mistral.

Peu de temps après sa 4e réélection à la Chambre des députés, il décède brutalement[3] avant son soixantième anniversaire et est enterré au cimetière Saint-Roch de Grenoble.

Son fils, également prénommé Paul, fut maire de La Morte, sénateur SFIO de l'Isère et conseiller général du canton de Valbonnais.

Postérité et odonymie

Médaillon en bronze sur la stèle dans le parc Paul Mistral à Grenoble
Plaque de la place Paul Mistral à Grenoble

Deux sites de la ville de Grenoble ont reçu le nom de cet ancien maire :

  • Le parc Paul Mistral qui entoure l'hôtel de ville, lieu de l'exposition internationale sur la houille blanche en 1925, ainsi que la place Paul Mistral attenante.
  • Le quartier Mistral dans le sud-est du territoire grenoblois, pour la première réalisation de logements sociaux voulue par Paul Mistral en décembre 1921, la cité-jardin du Rondeau, réceptionnée en août 1925[1].

Il existe également une rue Paul Mistral à Eybens (Isère) ainsi qu'à Saint-Priest (Métropole de Lyon).

Bibliographie

  • « Paul Mistral (homme politique, 1872-1932) », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960
  • Jean Maitron (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, volume 14 (1976), pages 109-112, notice Mistral, Paul, Antoine, François par Justinien Raymond. Reprise dans le CD-ROM Le Maitron, 1997.
  • Pierre Berthier, Historique de canton de La Mure (1938), Le Livre d'Histoire, 2003, p. 568
  • Nicole Salat, Paul Mistral, militant révolutionnaire : parcours d'un maire modernisateur du premier XXe siècle, Fontaine, PUG, coll. « L'empreinte du temps », , 314 p. (ISBN 978-2-7061-5231-3, SUDOC 275495876, lire en ligne).

Références

  1. 1 2 3 4 5 Nicole SALAT, Paul Mistral, militant révolutionnaire : Parcours d'un maire modernisateur du premier XXe siècle, PUG, coll. « L'empreinte du temps », , 315 p. (ISBN 978-2-7061-5231-3, lire en ligne)
  2. « Fiche de Paul Mistral à l'Assemblée Nationale », sur assemblee-nationale.fr (consulté le )
  3. Michel Destot, passage du livre "Ma passion pour Grenoble: Une métropole du XXIe siècle", consulté le 30 mai 2018]

Voir aussi

Liens externes

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