Les polynômes de Lucas sont définis par la même récurrence, mais avec des valeurs initiales différentes:
; est un polynôme de degré n.
Les premiers polynômes de Lucas sont:
;
;
;
;
;
.
Les nombres de Fibonacci sont alors calculés en évaluant la valeur du polynôme Fn lorsque x=1; les nombres de Pell sont déterminés en évaluant Fn lorsque x=2. Enfin, les nombres de Lucas sont obtenus en évaluant Ln en 1.
Ces suites de polynômes sont des suites de Lucas associées : on a
Des expressions analogues à la formule de Binet existent[3]:
où
sont les solutions (en t) de
Les puissances de x s'expriment comme combinaison des polynômes de Fibonacci par[4]
Par exemple,
;
;
;
.
Racines et factorisation des polynômes de Fibonacci
Posant , on vérifie qu'avec les notations précédentes, , , et donc que , qui ne s'annule que pour ; ainsi les racines de sont les imaginaires purs [5]. On en déduit la factorisation des :
et
,
puis, prenant , une expression trigonométrique des nombres de Fibonacci[6]:
;
des formules analogues peuvent être obtenues pour les polynômes de Lucas[5].
Interprétation combinatoire
Les coefficients des polynômes de Fibonacci se lisent sur les «diagonales» du triangle de Pascal (montrées en rouge). Les sommes des coefficients forment la suite de Fibonacci.
Si F(n,k) est le coefficient de xk dans Fn(x), c'est-à-dire que
alors F(n,k) est le nombre de façons dont on peut paver une bande de n−1 carrés avec des dominos (des rectangles ) et exactement k carrés unité[1]. De façon équivalente, F(n,k) est le nombre de façons d'écrire n−1 comme une somme ordonnée de 1 et de 2, avec exactement k apparitions de 1. Par exemple, F(6,3)=4 et 5 peut s'écrire de 4 façons, 1+1+1+2, 1+1+2+1, 1+2+1+1, 2+1+1+1, comme somme de 1 et de 2 avec exactement trois 1. Déterminant la position des 1 dans une telle somme, il devient alors évident que F(n,k) est égal au coefficient binomial
où n et k sont de parité opposée, ce qui permet de lire ces coefficients dans le triangle de Pascal, comme montré ci-dessus.
1 2 (en) Arthur T. Benjamin et Jennifer J. Quinn, Proofs that Really Count, Washington, DC, MAA, , 193p. (ISBN0-88385-333-7, lire en ligne), «§9.4 Fibonacci and Lucas Polynomial», p.141.
1 2 (en) V. E. Hoggatt (en) et Marjorie Bicknell, «Roots of Fibonacci polynomials.», Fibonacci Quarterly, vol.11, , p.271-274 (MR0332645, lire en ligne).
↑ (en) Bala Sury, «Trigonometric expressions for Fibonacci and Lucas Numbers», Acta Math. Univ. Comenianae, vol.79, no2, , p.199-208 (lire en ligne).
Voir aussi
Bibliographie
(en) Dominique Foata et Guo-Niu Han, «Nombres de Fibonacci et polynômes orthogonaux», Leonardo Fibonacci: il tempo, le opere, l’eredit`a scientifica, (lire en ligne)
(en) V. E. Hoggatt et Calvin T. Long, «Divisibility properties of generalized Fibonacci Polynomials», Fibonacci Quarterly, vol.12, , p.113 (MR0352034, lire en ligne)