Préludes du Nazaréen

Préludes du Nazaréen
Image illustrative de l’article Préludes du Nazaréen
Première page du manuscrit autographe de la partition.

Genre Préludes pour piano
Nb. de mouvements 2
Musique Erik Satie
Effectif piano
Durée approximative 10 min
Dates de composition 1892
Partition autographe BnF
Publication 1929
Rouart-Lerolle

Les Préludes du Nazaréen sont une œuvre pour piano d'Erik Satie composée en 1892 comme musique de scène pour le drame ésotérique d'Henri Mazel Le Nazaréen.

Présentation

Les deux Préludes du Nazaréen sont composés par Satie en pour servir de musique de scène au drame ésotérique en trois actes d'Henri Mazel Le Nazaréen[1],[2].

La partition est publiée en 1929 à titre posthume par Rouart-Lerolle au sein d'un recueil intitulé Quatre Préludes, en compagnie de Fête donnée par des chevaliers normands en l'honneur d'une jeune demoiselle et de Prélude d'Eginhard[3],[1].

Pour Robert Orledge, « bien que l'œuvre ait été publiée [...] en deux préludes séparés, le titre unique de Satie, la date finale et la signature montrent que ce prélude a été composé et conçu comme une seule et même œuvre, qui peut être divisé en deux parties, voire trois (si l'on considère le Assez lent du 4e système comme le départ d'une nouvelle partie)[4] ».

Analyse et commentaires

Robert Orledge relève que la pièce  ou les pièces  est « un premier exemple du concept satiste de ce que le Dr Patrick Gowers a baptisé « forme de ponctuation musicale » (musical punctuation form) dans lequel le cycle récurrent de sections de cadences courtes [...] agit comme des ponctuations au sein de motifs interdépendants de la « prose » musicale. Ces cadences sont considérées comme plus douces, sortes de virgules sensuelles, avec une double apparition à la fin de la première partie qui prend valeur d'« arrêt complet »[4] ».

Pour Jean-Pierre Armengaud les Préludes du Nazaréen « font penser à du chant grégorien restauré par Viollet-le-Duc [... et] donnent l'impression d'exercices de recherche harmonique et formelle : six cellules répétées jusqu'à dix fois, puis mosaïquées en quarante-quatre morceaux dans le premier, thème de transition traité de façon cyclique, dans le second, avec une opposition binaire-ternaire, qui spatialise le discours : l'aparté devient plus important que le thème principal, mimant des gestes de découragement ou d'espoir, avec ce tic d'écriture satien « comme à la plume », qui consiste à souligner et à répéter les motifs, moyennant d'infimes variations circulaires[2] ».

Vincent Lajoinie souligne ce motif cyclique, qui « se meut en triolet sur les degrés forts du mode de [5] » :

Motif cyclique du [2d] Prélude du Nazaréen.

Lajoinie précise : « grâce à cette intéressante particularité, le second prélude du Nazaréen évite — en partie seulement — la monotonie inhérente au premier[5] ».

Pour Guy Sacre, « séquences d'accords, unissons, intonations liturgiques, hiératisme et austérité[3] » caractérisent les deux préludes, qu'il juge « interminables et lassants, le premier surtout, que n'avivent pas les étranges agrégats du second[3] ».

Vincent Lajoinie les considèrent également « d'une inspiration assez faible [...]. Aussi ont-ils tendance à nous apparaître aujourd'hui monotones, voire fastidieux, caractères que nous jugeons alors sévèrement, mais qui s'accordaient probablement fort bien à l'ambiance mystique et « fin de siècle » du drame de Mazel[6] ».

Sous le titre de Deux Préludes posthumes et une Gnossienne, le premier Prélude du Nazaréen a été orchestrée en 1939 par Francis Poulenc avec Fête donnée par des chevaliers normands en l'honneur d'une jeune demoiselle et la Troisième Gnossienne[3].

Préludes du Nazaréen est d'une durée moyenne d'exécution de dix minutes environ[7].

Discographie sélective

Notes et références

  1. 1 2 Orledge 1990, p. 275.
  2. 1 2 Armengaud 2009, p. 218.
  3. 1 2 3 4 Sacre 1998, p. 2404.
  4. 1 2 Orledge 2016, p. IX.
  5. 1 2 Lajoinie 1985, p. 74.
  6. Lajoinie 1985, p. 73.
  7. (en) « Le Nazaréen, incidental music (2 preludes) fo... », sur AllMusic (consulté le )
  8. Camille De Joyeuse, « Tout Satie !… en 10 cd », sur classiquenews.com,

Bibliographie

Éditions

  • Robert Orledge (trad. Christophe Mirambeau), « Commentaire », dans Robert Orledge (éd.), Erik Satie : Intégrale des œuvres pour piano, vol. 1, Salabert, , p. VII-XII.

Ouvrages généraux

Monographies

Liens externes

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