Septénaire (catholicisme)

Les sept sacrements.

Un sacrement est, dans la théologie de l'Église catholique, un geste qu'une parole accompagne dans lequel Dieu agit par l’intermédiaire d'un ministre ordonné (évêque, prêtre ou diacre) pour le salut des hommes[1].

Histoire

Triptyque des Sept Sacrements, de Rogier van der Weyden. Musée Royal des Beaux-Arts d'Anvers, Belgique.

Aux IVe – Ve siècles, les débats permettent d'affiner la compréhension des sacrements. Saint Augustin (354-430) tente une première théologie des sacrements[2].

Ce n'est qu'avec le goût de la scolastique naissante pour la systématique qu'apparaissent les premiers traités sacramentaires, et avec leurs essais de définition, la fixation du Septénaire[3]. Le premier ouvrage connu à avoir établi la liste de sept sacrements qui allaient devenir canoniques a été publié par un auteur anonyme aux environs de 1145 et s'intitulait « Sentences de la théologie ». La liste comprenait les cinq sacrements communs à tous les chrétiens et deux autres que tous ne partageaient pas. Cette distinction, ainsi que le chiffre sept, fut acceptée en une vingtaine d'années[4].

Les choses suivantes ne furent pas acceptées comme sacrements : la consécration monastique, l'onction royale, la consécration d'une église. D'où l'idée actuelle des « sacramentaux ». Le concept de sacrement, large et sans fixation précise, de l’Église ancienne, a cours jusqu'au douzième siècle. Au temps de la préscolastique, circulent encore des conceptions très variées sur le nombre des sacrements. Les évêques Fulbert de Chartres et Brunon de Wurtzbourg n'en comptent que deux, le baptême et l'Eucharistie. Bernard de Clairvaux, quant à lui, en voit dix (dont le lavement des pieds), le cardinal Pierre Damien douze (y compris l'onction royale), et d'autres varient entre ces grandeurs. Ce n'est qu'avec le goût de la scolastique naissante pour la systématique qu'apparaissent les premiers traités sacramentaires, et avec leurs essais de définition, la fixation du Septénaire (vers le milieu du douzième siècle)[3].

Définition

Les sept sacrements de l'Église catholique (et les sacramentaux).

L'Église catholique distingue sept sacrements qui forment une liste dite septénaire. Ces sacrements sont :

Ces sept actes sacramentels sont à distinguer des actes appelés les sacramentaux parmi lesquels les bénédictions occupent une place importante. « Les sacramentaux ne confèrent pas la grâce de l'Esprit-Saint à la manière des Sacrements, mais par la prière de l’Église, ils préparent à recevoir la grâce et nous disposent à y coopérer »[5].

Le paragraphe 1127 du Catéchisme de l'Église catholique affirme que « les sacrements confèrent la grâce qu’ils signifient »[6]. Le paragraphe 1129 : « L’Esprit guérit et transforme ceux qui les reçoivent en les conformant au Fils de Dieu. L'Esprit d’adoption déifie les fidèles en les unissant vitalement au Fils unique, le Sauveur »[7].

Les Sacrements ont été institués par Jésus-Christ et leur nombre de sept a été fixé définitivement en 1274 par le deuxième concile de Lyon. Quand on dit qu'ils agissent ex opere operato, il ne faut pas comprendre qu'ils ont une efficacité automatique, mais bien qu'ils sont d'abord un acte de Dieu, acte qui obtient son effet dans la mesure où les dispositions humaines d'accueil sont présentes[8].

Les sacrements sont célébrés à divers moments de la vie du catholique depuis les trois sacrements de l'initiation chrétienne (baptême, confirmation et eucharistie) jusqu'à l'onction des malades.

Aujourd'hui

Le concile Vatican II a défini l’Église comme « étant, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c'est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité du genre humain ». (Constitution dogmatique Lumen gentium, 1)[9].

Pour qu'un sacrement soit valide, la célébration du rite doit répondre à des conditions précises et en utilisant les formules sacramentelles fixées par les livres liturgiques[10].

Notes et références

  1. « Définition : Sacrement », sur Église catholique en France (consulté le )
  2. Ngalula Tumba, Petit Dictionnaire de Liturgie et de Théologie Sacramentaire, Francfort-sur-le Main, Peter Lang, , 173 p. (ISBN 978-3-631-66915-0 et 3-631-66915-1), p. 135
  3. 1 2 Franz-Josef Nocke (de), dans Handbuch der Dogmatik, édit. Theodor Schneider, Patmos, 1992
  4. Alexandre Ganoczy, La doctrine catholique des sacrements, Paris, Desclée, 1988 « Au Xe siècle, les Églises occidentales commençaient à reconnaître, en plus du baptême et de l'eucharistie, la sacramentalité de la pénitence et du mariage. On y ajouta diverses onctions d'initiation: du baptême, de la confirmation, du sacre du roi, de l'ordination des prêtres et de la consécration des moines. Les nombres cités variaient entre cinq et douze. Quelques docteurs allaient jusqu'à trente »
  5. Catechism of the Catholic Church no. 1670. Promulgué par le pape Jean-Paul II en 1994.
  6. « Catéchisme de l'Église Catholique - IntraText », sur vatican.va (consulté le )
  7. cf. Catéchisme de l'Église catholique 1127.
  8. Robert Le Gall, Dictionnaire de liturgie, C.L.D., , 279 p. (ISBN 2-85443-049-2).
  9. (fr + la) Concile œcuménique Vatican II, Centurion, , 1012 p.
  10. (fr + la) Code de Droit canonique, Libreria Editrice Vaticana, , Canon 840 et suivants

Bibliographie complémentaire

  • Miguel Nicolau, Teología del signo sacramental, Madrid: BAC,
  • Miguel Paz, Los signos del encuentro con Cristo : teología de los sacramentos en general, México: Editorial Nueva Evangelización,
  • Carlo Rochetta, I sacramenti della fede. Saggio di teologia biblica come «Eventi di salvezza» nel tempo della Chiesa, Bologna: Editorial Dehoniana,
  • Antonio Miralles, Los sacramentos cristianos : curso de sacramentaria fundamental, Madrid: Palabra,
  • Catechismus Ecclesiae Catholicae, Roma: Libreria Editrice Vaticana,
  • « CATHOLIC ENCYCLOPEDIA: Sacraments », sur www.newadvent.org (consulté le )
  • Compendium du catéchisme de l'Église Catholique

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