Sophro-analyse

La sophro-analyse (dite aussi sophrologie analytique ou sophranalyse) est une méthode thérapeutique, fortement emprunté à la psychanalyse, qui fait partie des techniques psycho-corporelle.

Termes annoncés pour la première fois en 1982 au Congrès mondial de sophrologie de Bogota (Jean-Pierre Hubert, conférence « Psychanalyse et sophrologie »). Si Alfonso Caycedo a mis à l'écart la psychanalyse pour fonder la sophrologie, la sophrologie analytique s'inscrit d'abord dans la synthèse de ces deux approches[1].

La sophro-analyse trouve ses racines dans la création de la sophrologie au début des années 1960[2], sous la supervision d'Alfonso Caycedo. Cette nouvelle approche thérapeutique réunissait exclusivement des professionnels de la santé, comme en témoigne le premier congrès de sophrologie en 1970, qui a rassemblé 1400 spécialistes[3]. La sophrologie s'est développée à partir d'un modèle combinant hypnose, phénoménologie et méthodes de psychologie, notamment la psychanalyse. Pendant 17 ans, ces professionnels de la santé ont approfondi et développé cette thérapie innovante à partir de ces fondements.

En 1976, une scission se produit lorsque Alfonso Caycedo décide d'élargir la sophrologie à un public plus large. Il modifie son enseignement, excluant le traitement des pathologies lourdes et la psychanalyse, affirmant que cette dernière « ferme la porte aux dimensions nouvelles de la conscience »[4]. La Société Française de Sophrologie réagie vivement, se distanciant de l'enseignement de Caycedo, elle publie une lettre des plus virulente à l'encontre du Maître : « La Société Française de Sophrologie ne peut accepter que la sophrologie est pour but l'acquisition d'une conscience nouvelle, sans savoir ce qu'elle sera ni vers quoi nous serions menés. »[5] Jean-Pierre Hubert se joint au mouvement : « Je me trouve propulsée dans un monde qui exerce une thérapie sauvage en dehors de la légalité »[6].

En 1977 à la suite de ces désaccords méthodologiques et relationnels avec Alfonso Caycedo, Jean-Pierre Hubert et Raymond Abrezol créent en Suisse le Collège International de sophrologie médicale. Cette initiative leur permet dans un premier temps de se démarquer de Caycedo[JP.H 1] mais un fort lien d'amitié subsiste entre les fondateurs et le Maitre. Bien que le principe d'une sophrologie analytique restait admise par Alfonso Caycedo[7], il faut attendre 1982, au Congrès mondial de sophrologie de Bogota pour que Jean-Pierre Hubert introduise pour la première fois sous le titre « Sophrologie et Psychanalyse » la sophrologie analytique[JP.H 2]. Alain Heril suit ce mouvement et dans son livre "La sophrologie analytique" écrit « La sophrologie seule ne prend pas assez en compte le terrain de l'inconscient. Jean-Pierre Hubert commence a mettre en place les données de base de la sophrologie analytique en s'appuyant sur les recherches de Sigmund Freud, Carl Jung et Milton Erickson »[JP.H 3]. Richard Esposito résume le concept : « Sous l’influence de la psychanalyse, la notion d’alliance au sens caycédien est devenue réductrice : le vrai travail s’effectue du côté transfert et du contre-transfert »[8].

En 1985, les sophrologues présent lors d'un séminaire à Paris se libèrent définitivement de la tutelle du fondateur, d'importants désaccords étant intervenus de part et d'autre, Jean-Pierre Hubert déclare qu'il se voit de nouveau obligé de prendre une nouvelle distance dans sa collaboration avec Alfonso Caycedo[JP.H 1]. Les sophrologues de langue française décident ensemble que la sophrologie est désormais alimentée par les recherches psychanalytiques de Sigmund Freud, de Jacques Lacan et de Carl Jung, ce que Alfonso Caycedo a toujours rejeté[9].

En 1996, Lucien Gamba constatait qu'au cours de ces dernières années, la sophrologie s'était développée dans deux directions différentes: D'une part la sophrologie dite « positiviste » ou « comportementaliste » dirigée par Alfonso Caycedo qui ne souhaite pas aborder des phénomènes inconscients pour essentiellement se concentrer sur les constats positifs[4]. Et d'autre part la sophrologie appelée « analytique » dont le chef de file est Jean-Pierre Hubert, qui intègre le positivisme et le dialogue avec l'inconscient[JP.H 4].

En 1997, la sophro-analyse lors du congrès mondial de sophrologie à Monaco marque de nouveau un virage important pour ce qui est de la sophrologie analytique[JP.H 5]. Entre 1984 et 2016, la sophro-analyse a été enseigné dans plusieurs écoles, centres de formation, créés en majorité par des docteurs[10]. Ces structures sont aujourd'hui fermé à l'exception de la SFS (Société Française de Sophrologie) qui elle regroupe des centres de formations[11] et la Faculté Européenne de Sophrologie et de Sophranalyse[10].

Le concept

La sophro-analyse utilise et exploite l’état sophronique à des fins analytiques, sur un sujet reconnaissant une certaine dimension de son monde intérieur, en le vivant par l'image et par la perception du corps[JP.H 6]. La sophro-analyse utilise principalement les techniques d’association et de transfert qu’on retrouve dans les autres approches analytiques (freudienne, jungienne, cycle supérieur du training autogène de Schultz)[7].

Dans les fondements de la sophro-analyse, il faut d'abord prendre conscience de ce qu’il y a en nous, de ce qui a toujours été en nous, de ce que nous sommes, répondre à notre vocation d’Être dans le monde[7], pour être amené à traiter un sujet. La sophro-analyse est essentiellement un vécu personnel dans une relation de transfert[JP.H 7] où le transfert n'est pas utilisé principalement comme support thérapeutique, il en fait partie[12].

Le thérapeute appelé dans le cadre sophrologique : « sophrologue analyste », aura lui-même suivi une analyse didactique, aura vécu une thérapie personnelle suffisamment prolongée et profonde, avec comptes-rendus à ses pairs. Bernard Auriol, psychiatre et psychanalyste précise : « sera compétent, celui qui aura vécu une thérapie personnelle suffisamment prolongée et profonde (de type analytique orthodoxe ou non), une expérience de relaxation suffisamment profonde et prolongée (par le training autogène de Schultz ou une autre technique)[JP.H 8] et une expérience de l'imagerie mentale personnelle approfondie[7]. Ces conditions sont nécessaires pour la pratique de la sophro-analyse[13].

La sopho-analyse n'est pas une psychanalyse et ne remplace pas la psychanalyse[14]. La psychanalyse s'attache inconditionnellement au passé, et principalement à l'enfance. La sophrologie analytique viendra, quant à elle, travailler sur le présent avec des grilles d'analyses reprises de la psychanalyse[AH 1]. Une autre différence fondamentale qu'offre la sophro-analyse par rapport à la psychanalyse se fonde sur l'importance qu'elle porte au schéma corporel « comme réalité vécue »[15]. La sopho-analyse est une technique psycho-corporelle et en tant que telle reconnaît son appartenance aux « psychanalyses du corps »[AH 2].

La sopho-analyse n'est pas une sophrologie caycedienne « comportementaliste » qui se concentre essentiellement sur les constats positifs[JP.H 4]. Avec une parfaite connaissance de la sophrologie caycedienne de part leur formation, les sophrologues analystes sont à la jonction des 2 systèmes, et dans leur protocole thérapeutique font toujours le choix de l'un ou l'autre[AH 3].

A contrario de la sophrologie caycedienne, il y a un élargissement en sopho-analyse qui permet d'utiliser l'inconscient du sujet[JP.H 9] et dans un travail de recherche qui hiérarchise le contenu et la structure de l’inconscient en inconscients expérientiel, matriciel, structural et transcendantal, on parle d’inconscient dans le sens de l’Être-potentiel ou de vocation de l’Être de Edmund Husserl, Martin Heidegger et Ludwig Binswanger, mais aussi d’un inconscient-mémoire pouvant être également témoin de vicissitudes, de traumatismes ou de frustrations[JP.H 10]. L'analyse existentielle de Ludwig Binswanger (et de ceux qui peuvent s'y rattacher : Viktor Frankl, Émile Durkheim notamment), s'inscrit au plus proche des recherches théoriques sophro-analytiques[AH 4].

La sophro-analyse procède de trois dimensions:

  1. La modification du niveau de vigilance[16] (état de conscience sophroliminal[17]). Cela veut dire la sophronisation de base, atteinte soit par de l'hypnose, des exercices de relaxation dynamique[18], ou plus récemment l'EMDR où la sophronisation de base peut-être remplacée par le training autogène de Schultz cycle inférieur, ou être adjointe à celui-ci.
  2. La psychanalyse[AH 5]. Techniques d’association et de transfert[JP.H 11],[19]/contre transfert[JP.H 12],[20]. Recouvrement et découvrement[AH 6],[21]. Liste de 9 mots clés donné au patient comme système de mise en route de l'analyse (Citron, Dé à jouer, Mer, Montagne, Justice, Bonheur, Personnage, Personnage affection, Personnage aversion)[JP.H 13].
  3. L'écoute et le discours du patient. Approche des relations corps/mental dans un axe psychosomatique, relations interpersonnelles (Georg Groddeck)[JP.H 1].

Les clés de la sophro-analyse sont au nombre de deux: La relaxation, l'écoute et l'interprétation[JP.H 14].

Durant le déroulement d'une séance le patient est d'abord entraîné à la sophronisation de base aussi bien qu'au cycle inférieur du training autogène de Schultz[JP.H 15]. Puis le divan lui est proposé. L'analyste dispose d'une série de mots clés et de représentations abstraites qu'il donne aux patients comme point de départ de ses réflexions, sous la forme d'un rêve éveillé[JP.H 16],[JP.H 13], avec un travail sur le discours de l'analysant, le patient s'exprimera ou ne s'exprimera pas dans la séance. Une deuxième voie appartenant à l'Ecole de Jung consiste à retrouver un rêve que le patient a déjà fait et d'en analyser les symboles (Raymond Abrezol). Et pour terminer une reprise recentrée sur le corps, une écoute du patient dans les formulations favorisant une interprétation[JP.H 17]. La sophro-analyse suppose une suite de séances dont le nombre ne peut être précisé, étant donné qu'il est éminemment variable suivant les patients, la demande et les praticiens[22]. La cure prend fin à l'initiative de l'analysant quand celui ci a décidé que son analyste représente l'idéal du Moi auquel il veut se conformer[JP.H 18].

Compte tenu de toutes ces perspectives, les sophrologues analystes estiment que leur approche apporte à la sophrologie une nouvelle dimension qui l'inscrit dans le champ des thérapies[23].

Les abus d'utilisation du terme

Le sophrologue Richard Esposito écrit en 2020 que l’utilisation du mot même « analyse », pour évoquer une sophrologie analytique sans psychanalyse, crée aujourd’hui une nouvelle confusion auprès du grand public ; certains se prétendent « sophrologues analystes » et thérapeutes, bien qu’ils n’aient aucune formation clinique et psychanalytique[8]. Ghylaine Manet ajoute : « Nous sommes obligés de reconnaître que tout le monde a pu s’approprier ce titre pour des raisons diverses. Et le terme sophro-analyse est devenu une auberge espagnole »[24]. Parmi les plus connus on trouve Claude Imbert, qui sans aucune formation psychanalytique, psychiatrique ou psychologique s'est appropriée ce terme en 1998, avec une sophrologie des mémoires prénatales, un nouveau type d’analyse nous amenant à remonter le cours de notre vie jusqu’à notre période intra-utérine[25].

Références

  1. Esposito Richard, Aubert Dominique, Gautier Pascal, Sophrologie concepts et pratique, , p. 140
  2. Jean-Pierre Hubert, Traité de sophrologie Tome 1, , p. 166
  3. Yves Davrou, La sophrologie, , p. 15
  4. 1 2 Bien que Alfonso Caycedo fasse sur l'inconscient une impasse totale, le considérant sans doute trop discuté et donc pouvant engendrer des polémiques, rappelons néanmoins que, pour les psychanalystes, « le conscient n'est intéressant que dans la mesure où il permet, justement, de prendre conscience de l'inconscient ». Réf page 16 du livre de Henri Boon et Yves Davrou : « La sophrologie - une révolution en psychologie ».
  5. Jean-Pierre Hubert, Traité de sophrologie Tome 1, , p. 210
  6. Jean-Pierre Hubert, Traité de sophrologie Tome 1, , p. 140
  7. 1 2 3 4 Aziz Ameur Psychologue Clinicien, « Théorie et méthode de la Sophranalyse » [PDF], sur ghylainemanet.com
  8. 1 2 Richard Esposito, La sophrologie, Paris, Que sais-je ?, (ISBN 978-2-7154-0410-6, lire en ligne)
  9. Jean-Christophe Thibaut, Un regard chrétien sur... la sophrologie, Artège, , 147 p. (ISBN 979-10-336-1082-3), p. 83
  10. 1 2 « Faculté Européenne de Sophrologie », sur faculté-sophrologie.org
  11. « Société Française de Sophrologie - SFS », sur sophrologie-francaise.com
  12. Sylvie Maréchal, « La sophrologie adaptée aux personnes en situation de handicap psychique », sur Google books
  13. « Les champs d'application de la sophrologie : Sophrologie analytique », sur faculté-sophrologie.org
  14. Richard Esposito, Guide de sophrologie appliquée, , 249 p. (ISBN 978-2-294-71644-7, lire en ligne), p. 220
  15. Richard Esposito, « Guide de sophrologie appliquée », sur Google books
  16. « La notion d’état de vigilance ou état de conscience » [PDF]
  17. En état sophroliminal, on a conscience de tout mais on se trouve en état de détente corporelle et mentale profonde, plus conscient et plus à l'écoute de son monde intérieur.
  18. La relaxation dynamique de premier degré est une technique qui vise à la prise de conscience de son corps en utilisant des mouvements, des respirations, des temps de pause. [1]
  19. La relation sophrologue/sophronisant est appelée alliance sophronique par Alfonso Caycedo. Pour la sophrologie analytique, ce terme est réducteur : elle lui préfère la notion psychanalytique classique de transfert. Réf page 140 du livre « Sophrologie concepts et pratique » de Richard Esposito.
  20. Issu du vocabulaire de la psychanalyse. N'est pas employé en sophrologie caycédienne. Le contre-transfert recouvre les sentiments, les pensées et les représentations que le praticien porte sur la personne qu'il accompagne. Réf page 23 du livre « Sophrologie concepts et pratique » de Richard Esposito.
  21. Le Pychologue clinicien, sophrologue Bernard Etchelecou écrit dans son livre « Comprendre et pratiquer la sophrologie » : Le patient effectue une thérapie qui l'amène à découvrir (dans le sens de « mettre à nu », mais aussi d'« explorer ») sa problématique, un sens à ses symptômes. Lire en ligne sur Google books.
  22. Dr Jean-Pierre Hubert et Raymond Abrezol, Traité de sophrologie. Tome 2, (ISBN 2-7029-0151-4), p. 154
  23. Richard Esposito, Dominique Aubert, Pascal Gautier, Sophrologie concepts et pratique, , p. 140
  24. Jean-Christophe Thibaut, Un regard chrétien sur... la sophrologie, Artège, , 147 p. (ISBN 979-10-336-1082-3), p. 89
  25. Claude Imbert, L'avenir se joue avant la naissance : la thérapie de la vie intra-utérine, Editions visualisation holistique, , 293 p. (ISBN 978-2-9507549-3-6, OCLC 421800280, lire en ligne).
  • Jean-Pierre Hubert, La sophrologie analytique: La Sophranalyse, Paris, L'Harmattan, , 343 p. (ISBN 978-2-296-12960-3)
  1. 1 2 3 p. 55
  2. p. 41 Après mure réflexion, cette prise de position, tout à fait respecter par le docteur Caycedo, m'avait parue nécessaire autant que salvatrice.
  3. p. 177
  4. 1 2 p. 179
  5. p. 55 Ensuite j'eu l'avantage et la joie d'organiser et de présider le premier congrès outre-mer de sophrologie à la Réunion, puis comme président le Congrès mondial de sophrologie à Monaco en 1997.
  6. p. 173 Dans une dimension de disponibilité obtenue dans un état de relaxation
  7. p. 181 On peut dire que la sophro analyse ne s'apprend pas. Elle se vit, ce n'est jamais un cours. C'est un vécu personnel dans une relation de transfert.
  8. p. 174 Il est nécessaire de souligner que le praticien sophrologue analyste doit avoir obligatoirement une formation complète de sophrologie et certifier d'une formation spécialisée en analyse didactique.
  9. p. 178 Ghylaine Manet écrit dans une parution sous le titre : Le sophrologue est un praticien. « avec un élargissement qui permet d'utiliser l'inconscient du sujet, sans être dans l'illusion, ce qui donnera au sujet un véritable sens à sa vie ».
  10. p. 26 Aziz Ameur cite dans un travail de recherche en 1994 et présenté au congrès mondial de sophrologie à Monaco en 1997 - « conscience, phénomène et sens, de la sophranalyse à la sophranalyse de la sophrologie ».
  11. p. 112
  12. p. 114 Cette mauvaise traduction d'un mot peu employé par Freud indique qu'il s'agit du propre transfert de l'analyste.
  13. 1 2 p. 185 Mot inducteur, issu de la première idée de Schultz dans le training supérieur. Il y aura un mot clé à chaque séance.
  14. p. 181 Principes de sophrologie analytique ou sophranalyse.
  15. p. 105 L'entraînement au training autogène est initié dès le premier cycle des études de sophrologie. Tout sophrologue doit être en mesure de le pratiquer couramment.
  16. p. 174
  17. p. 185 L'analysant se charge lui même de vivre la rencontre sous une forme de perlaboration c'est-à-dire un travail continuel qui structure la rencontre.
  18. p. 191
  • Alain Héril (Psychanalyste et sexothérapeute formé par Suzanne Kepes), La sophrologie analytique, Paris, Collection : Essentialis, , 63 p.
  1. p. 16
  2. p. 54. Issue de l'hypnose, comme toute science sophrologique (Chertok, Erickson et Caycedo), la sophrologie analytique, au-delà de la conscience et de ses composantes intègre le corps dans son champ de tentative de compréhension de l'humain.
  3. p. 31 Les notions de transfert et de contre-transfert sont typiquement psychanalytiques, alors que la notion d'alliance sophronique est liée aux déterminations sophrologiques mises en place par Alfonso Caycedo.
  4. p. 55
  5. p. 54 La sophrologie analytique est reliée à la psychanalyse par l'acceptation de l'Inconscient comme lieu pulsionnel et comme instance du refoulement (Freud). Les strates différentes de son organisation nous amènent à reconnaître son caractère collectif (Jung).
  6. p. 41


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