Stefan Janzen (brise-glace)

Stephan Jantzen
illustration de Stefan Janzen (brise-glace)
Le Stephan Jantzen en 2019 en tant que navire musée à Rostock

Type brise-glace
Classe classe Dobrynia Nikititch
Histoire
A servi dans Drapeau de l'Allemagne de l'Est Allemagne de l'Est
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Chantier naval Chantier naval de l'Amirauté, Leningrad Drapeau de l'URSS Union soviétique
Fabrication acier
Quille posée 15 septembre 1966
Lancement 30 décembre 1966
Commission 1967
Statut Navire musée
Équipage
Équipage 17
Caractéristiques techniques
Longueur 67,64 m
Maître-bau 18,28 m
Tirant d'eau 5,64 m
Propulsion
Vitesse 14,6 nœuds (27,0 km/h)
Caractéristiques militaires
Rayon d'action 6000 milles marins (11000 km) à 12 nœuds (22 km/h)[1][2]
Carrière
Propriétaire
  • Bagger-, Bugsier- und Bergungsreederei Rostock (BBB) (1967-1990)

*Wasser- und Schifffahrtsamt Stralsund (1990-2005)

  • Divers (2005-2018)
  • Ville de Rostock (2018-présent)
Pavillon République démocratique allemande
Port d'attache
  • Rostock, RDA puis Allemagne (1967-1990)
  • Stralsund, Allemagne (1990-2005)
  • Divers (2005-2018)
  • Rostock (2018-présent)
IMO 7117486[3]

Le Stephan Jantzen est un ancien brise-glace allemand, construit en 1967 par le chantier naval de l'Amirauté à Leningrad, en Union soviétique. Après sa mise hors service en 2005, le navire est passé par les mains d’un certain nombre de propriétaires avant de devenir un navire musée à Rostock, son ancien port d'attache.

Description

Au milieu des années 1950, l’Union soviétique a commencé à développer un nouveau modèle de brise-glace à propulsion Diesel-électrique, basé sur l’ancien brise-glace à vapeur Eisbärconstruit en 1942, pour répondre aux besoins des opérateurs civils et militaires. Construits dans diverses configurations jusqu’au début des années 1980, les brise-glaces du Projet 97 et leurs dérivés sont devenus la plus grande et la plus longue classe de brise-glaces construits dans le monde. La sous-classe d’un seul navire Project 97E, un brise-glace construit pour l’Allemagne de l’Est, était pratiquement identique aux brise-glaces non armés construits pour le ministère de la Flotte maritime de l’Union soviétique, à l’exception d’un équipage nettement plus petit de 17 personnes travaillant avec une rotation de deux semaines[1].

Le Stephan Jantzen mesure 67,64 mètres de long, il a une largeur de 18,28 mètres et un tirant d'eau maximal de 5,64 mètres. Le groupe motopropulseur Diesel-électrique du navire se compose de trois moteurs Diesel 10 cylindres 13D100 à pistons opposés à deux temps de 1800 ch (1300 kW) couplés à des générateurs électriques à courant continu à double armature. Ils alimentaient des moteurs électriques de propulsion de 2500 ch (1900 kW) entraînant deux hélices à pas fixe de 3,5 mètres de diamètre à l’arrière, et un troisième moteur d’une puissance nominale de 1600 ch (1200 kW) entraînant une hélice de 2,7 mètres à l’avant. La force de traction de 60 tonnes (590 kN) du navire permettait de remorquer un pétrolier de 200 000 tonnes à une vitesse de 3 nœuds (5,6 km/h) et de briser de 70 à 75 centimètres d’épaisseur de glace recouverte de neige à une vitesse très lente, mais continue[1][2].

Historique

1967-2005

Le Stephan Jantzen à Rostock en 1980

Le Stephan Jantzen a été mis sur cale au chantier naval de l'Amirauté à Leningrad le 15 septembre 1966, lancé le 30 décembre 1966 et livré le 30 novembre 1967[4]. Le navire a été nommé en l’honneur de Stephan Jakob Heinrich Jantzen (1827-1913), un célèbre capitaine allemand, pilote de port et premier commandant de la station du service maritime allemand de recherche et de sauvetage à Warnemünde[1].

Le Stephan Jantzen a été exploité par la compagnie maritime d’État Bagger-, Bugsier- und Bergungsreederei Rostock (BBB) jusqu’à la réunification allemande en 1990 puis Wasser- und Schifffahrtsamt Stralsund jusqu’à la mise hors service du navire[1]. Bien qu’il ait été construit comme brise-glace, le Stephan Jantzen a été régulièrement utilisé pour toutes sortes d’opérations de sauvetage et de remorquage. En avril-mai 1976, il remorqua le pétrolier Metula, d’une capacité de 210 000 tonnes de pétrole brut, de Brunsbüttel à Santander en Espagne pour y être démoli[2],[5].

Après avoir gagné le surnom de « Cochon de fer » (en allemand : Eisenschwein) au cours de ses 38 années de service, le Stephan Jantzen a été remplacé en 2005 par le brise-glace polyvalent Arkona[6],[7].

2005-2018

Après sa mise hors service, le nom du navire a été raccourci en Stephan[3] et l’État allemand a mis le brise-glace en vente lors d’une vente aux enchères en ligne par l’intermédiaire de l’agence fédérale de vente et de marketing de l’élimination (VEBEG). L’offre gagnante de 430000 euros a été soumise par Beta Mar Limited, une compagnie maritime enregistrée en Grèce, mais l’acheteur n’a jamais récupéré le navire et a renoncé à l’acompte de 40 000 euros[8].

En 2006, le brise-glace a été acquis par l’homme d’affaires Paolo Zampolli, basé à New York, qui l’a acheté avec l’intention de le reconstruire en un yacht de luxe pour des croisières vers l’Arctique et l’Antarctique[9]. Bien que le navire ait apparemment été immatriculé à Saint-Vincent-et-les-Grenadines[8], les documents officiels indiquent qu’il a plutôt été immatriculé au Panama sous le nom de King Ice[3],[4]. Le brise-glace est resté amarré à Stralsund, le propriétaire n’ayant apparemment pas été en mesure de trouver un chantier naval approprié pour effectuer les travaux de conversion[10]. Le nom du navire a été changé en 2008 pour revenir au nom d’origine[3],[4]. En février 2009, un courtier en yachts basé en Floride a proposé le Stephan Jantzen à la vente pour 3,5 millions de dollars (2,8 millions d’euros)[8].

En juillet 2009, le Stephan Jantzen a été expulsé de Stralsund où il bloquait un poste d’amarrage et remorqué jusqu’à Rostock[8]. L’armateur a conclu un accord avec une association à but non lucratif nouvellement créée, Interessengemeinschaft Eisbrecher Stephan Jantzen groupe d’intérêt brise-glace Stephan Jantzen »), pour l’entretien du navire et l’organisation de visites guidées[2].

En juillet 2012, Zampolli a donné à l’association un préavis d’une semaine pour quitter le Stephan Jantzen car le brise-glace devait quitter Rostock pour être converti en navire de recherche[11]. Le navire aurait ensuite été vendu à Kai Günther Lehmann qui l’a immatriculé comme yacht devant le tribunal de district de Ratisbonne sous le nom de König Ludwig II Von Bayern[12]. Cependant, le changement de propriétaire a été contesté et le tribunal de district de Heidelberg a statué en faveur de Zampolli en 2015[13],[14].

En mai 2016, le tribunal de district de Rostock a saisi le Stephan Jantzen en raison de frais d’amarrage et de sécurité impayés[15]. Au fil des ans, le brise-glace a souffert du vandalisme et du manque d’entretien, et l’association à but non lucratif qui avait précédemment entretenu le navire (aujourd’hui rebaptisée Technische Flotte Rostock, « La Flotte Technique de Rostock ») a gardé le navire, d’abord sur une base bénévole et plus tard sous contrat avec la ville de Rostock[16].

En 2018, la ville de Rostock a acquis le navire pour 25000 euros lors d’une vente aux enchères. Une offre supérieure soumise au nom de Zampolli n’a pas été retenue[14],[17].

À partir de 2018

Après avoir acquis le Stephan Jantzen, la ville de Rostock a confié le brise-glace à l’association à but non lucratif Technische Flotte Rostock, qui l’a ouvert au public en juin 2018 en tant que navire-musée après un nettoyage approfondi, et continue à restaurer le navire depuis[17],[2].

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 Kuznetsov 2009.
  2. 1 2 3 4 5 (de) « Eisbrecher "STEPHAN JANTZEN" (2009-2012 / ab2018) », sur Technische Flotte Rostock e.V. (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 « Stephan Jantzen », sur Equasis (consulté le ).
  4. 1 2 3 « Stephan Jantzen », sur SEAWEB (consulté le ).
  5. « Metula » (consulté le ).
  6. (en) « Baltic's 'Iron Pig' Bows Out to Modern 'Arkona' », sur Maritime Journal, (consulté le ).
  7. (de) « Eisbrecher weiter in der Kette », sur Schiff und Hafen, 23. februar 2007 (consulté le ).
  8. 1 2 3 4 (de) Dr. Peer Schmidt-Walther, « "Stephan Jantzen" – Stralsunder Gastspiel zu Ende – Letzter deutscher Eisbrecher-Star wurde am 31. Juli nach Rostock geschleppt », sur WELTEXPRESS, 31. juli 2009 (consulté le ).
  9. (de) « Eisbrecher an US-Millionär verkauft », sur Schiff & Hafen, 10. mai 2006 (consulté le ).
  10. (de) « Eisbrecher noch in Stralsund », sur Hamburger Abendblatt, (consulté le ).
  11. (de) « Eisbrecher "Stephan Jantzen" verlässt Rostock » [archive du ], sur Ostsee Zeitung,
  12. (de) « "Stephan Jantzen" verlässt Rostock », sur Täglicher Hafenbericht, 05. november 2012 (consulté le ).
  13. (de) « Der Streit um Eisbrecher "Stephan Jantzen" geht weiter » [archive du ], sur Ostsee Zeituing, (consulté le )
  14. 1 2 (de) « Verliert Trump-Freund die "Stephan Jantzen"? », sur Ostsee Zeitung, (consulté le ).
  15. (de) Kesselring, Doris, « Eisbrecher "Stephan Jantzen" ist beschlagnahmt » [archive du ], sur Ostsee Zeitung,
  16. (de) Stefanie, « Die "Stephan Jantzen" ist zurück im Rostocker Stadthafen » [archive du ], sur Rostock Heute, 16. september 2014 (consulté le )
  17. 1 2 (de) « Stadt kauft sich einen Eisbrecher », sur Ostsee Zeitung, (consulté le ).

Further reading

  • (ru) Nikita Anatolyevich Kuznetsov, « От «Добрыни Никитича» до «Отто Шмидта»: Ледоколы проекта 97 и их модификации », Морская коллекция, Moscou, Моделист-конструктор, vol. 8, no 119, (lire en ligne).

Liens externes

  • icône décorative Portail du monde maritime
  • icône décorative Portail de l’Allemagne