Terra Lliure

Terra Lliure
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Terra Lliure terre libre » en français) est une organisation armée luttant pour l'indépendance de l'ensemble des Pays catalans, qui a entre 1978 et 1995 commis environ 200 attentats, tuant une personne et en blessant plusieurs autres. Par ailleurs quatre activistes ont été tués au cours d'opérations terroristes.

Histoire

À l'origine, la plupart de ses membres proviennent de l’Exèrcit Popular Català, du Front d'Alliberament Català et du PSAN-provisional, une scission du Partit Socialista d'Alliberament Nacional dels Països Catalans.

Durant son existence plus de 300 membres de l'organisation furent arrêtés.

En 1991, la majorités de ses membres abandonne la lutte armée en 1991 et se joignent à la Gauche républicaine de Catalogne[1]. Le secteur minoritaire, baptisé « II Assemblea de Terra Lliure » se dissout en septembre 1995[1].

Attaque contre Federico Jiménez Losantos

Le , un commando de Terra Lliure séquestre pendant environ deux heures le journaliste, écrivain et professeur de castillan Federico Jiménez Losantos ; Pere Bascompte (es) lui tire une balle dans la jambe et Jiménez Losantos est abandonné attaché à un arbre dans un terrain vague d’Esplugues de Llobregat. Il s'agit d'un acte de représaille contre un manifeste publié le 13 mars 1981 par le journal Diario 16 et signé par 3 000 intellectuels, dont Jiménez Losantos, dans lequel ceux-ci dénoncent la situation politique qu'ils considèrent comme « tentative de faire du catalan la seule langue officielle de Catalogne »[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9].

En 1978 (dans les premiers mois de la transition démocratique), Jiménez Losantos avait écrit un article intitulé « La cultura española y el nacionalismo » (« La culture espagnole et le nationalisme »), qui suscita une grande polémique, dans lequel il soutenait que le PSOE et le PCE se soumettaient aux idées des nationalismes périphériques, notamment du catalanisme, ce qu’il considérait comme une trahison de l’héritage de la gauche républicaine, de la lutte antifranquiste et des nombreux exilés de la guerre civile[10]. En 1980, il s'était présenté sur la liste du Parti socialiste andalou (PSA) aux élections au Parlement de Catalogne, plateforme défendant les droits des Espagnols venus d’autres régions[9].

Après l'attaque, il quitta la Catalogne et s’installa à Madrid[11],[8]. En tant que journaliste, il est devenu un opposant acharné contre les gouvernements autonomes du Pays basque et de Catalogne, notamment leurs systèmes éducatifs, qu’il accuse de mener un « génocide culturel »[9],[12],[13].

L’« opération Garzón »

En 1992, une opération de police  essentiellement dirigée par le juge Baltasar Garzón, d’où son surnom d’operación Garzón (es)  conduit à l’arrestation de 45 personnes soupçonnées de lien avec l’ancienne organisation[14],[15]. 18 d’entre eux seront condamnés par la Justice, l’enquête confirmant leur appartenance à Terra Lliure[16].

L’écho de l’affaire se trouve prolongé à la suite de la dénonciation de tortures par certains détenus, qui débouche en 2004 sur une condamnation de l’État espagnol par la Cour européenne des droits de l'homme pour ne pas avoir enquêté sur ces accusations, tout en considérant que les preuves apportées sur les mauvais traitements alléguément subis sont insuffisantes[17],[18].

Notes et références

  1. 1 2 (ca) « Terra Lliure », sur Gran Enciclopèdia Catalana (consulté le )
  2. (es) Interview de Federico Jiménez Losantos par Jesús Quintero sur TVE1 (6 min 42 s), 31-01-2007.
  3. (es) Ferran Sales, « Solicitan 86 años para los militantes de Terra Lliure que dispararon contra Jiménez Losantos », El País, (lire en ligne, consulté le ).
  4. (en) Alejandro Quiroga, « Salvation by betrayal. The Left and the Spanish Nation », dans The Politics and Memory of Democratic Transition. The Spanish Model., New York, Routledge, (ISBN 978-0-203-83483-1), p. 135-246
  5. Enric Canals, « El profesor Jiménez Losantos, herido en un atentado », El País, (lire en ligne).
  6. « ¿Qué le pasó a Federico Jiménez Losantos? », sur Las Provincias, .
  7. Antoni Coll i Gilabert, « Tiros a las piernas », sur Diari de Tarragona, .
  8. 1 2 (es) Xosé Manoel Núñez Seixas, Suspiros de España : El nacionalismo español, 1808-2018, Barcelone, Crítica, (ISBN 978-84-9199-027-7), p. 1582
  9. 1 2 3 (en) H. Rosi Song, « Defending Spain against Democracy in the Texts of Federico Jiménez Losantos », dans Eloy E. Merino et H. Rosi Song (éd.), Traces of Contamination: Unearthing the Francoist Legacy in Contemporary Spain, Bucknell University Press, , 250–252 p. (lire en ligne)
  10. Quiroga 2011, p. 211.
  11. Dario Prieto, « Federico Jiménez Losantos: De hijo de zapatero a fundar la gran cadena de radio liberal de España », sur El Mundo, .
  12. (es) Javier Muñoz Soro, « Sin complejos: las nuevas derechas españolas y sus intelectuales », Historia y política, Madrid, CEPC, no 18 « Las derechas: tecnócratas, liberales y neocons. », , p. 145 (ISSN 1575-0361, lire en ligne)
  13. Par exemple le 27 novembre 2009, il déclare sur les ondes d’esRadio : « Les Espagnols, nous sommes les Juifs préférés des nazis catalans », voir (ca) Francesc Viadel, La gran depuració : Catalanistes, marxistes, nazis, jueus i traïdors. Desmuntant l’anticatalanisme espanyol, Valence, Publicaciones de la Universitat de València, , 249 p. (ISBN 978-84-370-9750-3), p. 151 :
    « Los españoles somos los judíos preferidos de los nazis catalanes »
  14. Bassa i Cabanas 1997.
  15. (es) « Las juventudes de CDC censuran la operación policial contra Terra Lliure », El País, (lire en ligne, consulté le ).
  16. (es) Blanca Cia, « La Audiencia Nacional condena a 18 activistas de Terra Lliure, pero pide su indulto », El País, (lire en ligne, consulté le ).
  17. Cour européenne des droits de l'homme, « AFFAIRE MARTINEZ SALA ET AUTRES c. ESPAGNE », (consulté le ).
  18. (es) « El Tribunal de Estrasburgo condena a España por no investigar una denuncia de torturas a independentistas catalanes - La corte europea de Derechos Humanos no considera probados los malos tratos a los denunciantes », La Vanguardia, (lire en ligne, consulté le ).

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

  • (ca) David Bassa i Cabanas, L'Operació Garzón : Un balanç de Barcelona'92, Barcelone, Llibres de L'Índex, (ISBN 978-8487561986)
  • (es) Jordi Canal, Con permiso de Kafka : El proceso independentista en Cataluña, Barcelone, Península, (ISBN 978-84-9942-689-1)
  • (ca) Carles Castellanos i Llorenç, Reviure els dies : Records d'un temps silenciat, Pagès Editors, (ISBN 9788479351847)
  • (es) Enric Ucelay-Da Cal, Breve historia del separatismo catalán, Barcelone, B. Penguin Random House Grupo Editorial, (ISBN 978-84-666-6511-7)
  • (ca) Ricard Vilaregut, Terra Lliure : la temptació armada a Catalunya, Columna Edicions, (ISBN 9788466404204)
  • (ca) Carles Sastre, Pep Musté, Carles Benítez et Joan Rocamora, Terra Lliure: punto de partida (1979-1995) : una biografía autorizada, Txalaparta, (ISBN 978-84-1531-345-8)

Liens externes

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