Vincent Jullien

Vincent Jullien
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Biographie
Naissance

Brest, France
Nationalité
Française
Formation

Lycée de Kérichen

Université Paris 7 Diderot

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Activité
Professeur des universités en Philosophie et Histoire des Sciences
Autres informations
A travaillé pour
Membre de

Membre de l’Académie Internationale d’Histoire des Sciences

Président de la Société Française d’Histoire des Sciences et des Techniques (1999–2002)
Mouvement
Dir. de thèse
Influencé par

Vincent Jullien, né le 21 janvier 1953, est un philosophe et historien des sciences français.

Biographie

Jeunesse et études

Né à Brest, il fait partie d’une fratrie de cinq. Après une scolarité au collège puis au lycée de Kérichen, il mène à bien un cursus de Mathématiques et de Physique à l’Université Paris 7 (Jussieu)[1] et obtient le CAPES Mathématiques en 1975. En 1978 il entame des études de philosophie à l’Université Paris 1. Il s’intéresse rapidement à la philosophie et l’histoire des sciences, sous l’influence notamment de Jean-Toussaint Desanti qui dirige sa maîtrise et son DEA en 1982. Sept ans plus tard, il entamera une thèse de philosophie des sciences à l’EHESS, sous la direction de Jean Dhombres, soutenue à l’École Normale de Fontenay-Saint-Cloud en 1992, intitulée Les éléments de géométrie de Roberval, Examen d’une épistémologie mathématique du XVIIe siècle. En 1998, il rédige une habilitation à diriger des recherches (HDR) à l'Université Paris 7, avec pour référent Christian Houzel. Son travail porte sur Mathématiques et physique dans la philosophie du XVIIe siècle[2].

Carrière professionnelle et domaines de recherche

De 1976 à 1989, Vincent Jullien est professeur de mathématiques en collège puis en lycée[3].

De 1989 à 1999, Vincent Jullien est ATER puis Maître de conférences à l'École Normale Supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, section de philosophie[4].

De 1999 à 2006, Vincent Jullien est Professeur des universités à l'Université de Bretagne Occidentale[4].

De 2006 à 2019, Vincent Jullien est Professeur des universités à l'Université de Nantes, département de Philosophie[4].

Depuis 2019, Vincent Jullien est Professeur émérite de l'Université de Nantes[4].

Vincent Jullien est Chercheur au Centre Atlantique de Philosophie, EA 2163 Université de Nantes et associé à l’Institut d’Histoire et de Philosophie des Sciences et des techniques de Paris 1. Il est membre de diverses institutions de recherche française ou étrangères (Secrétariat international à la Recherche en Histoire et Philosophie des Sciences, de la UNAM au Mexique, l’Académie Internationale d’Histoire des Sciences, porteur du projet ECOS-Nord, Franco-Mexicain, Intitulé Changements conceptuels et mathématisation, Conseil d’Administration du C.I.R. 17 (Centre International de Recherche sur le XVIIe siècle)[4],

Il dirige avec David Rabouin la collection Philosophie et Histoire des sciences, Classiques Garnier[5] et il est Membre du Comité de Rédaction de la Revue d’Histoire des Sciences, de la revue Sciences et Techniques en Perspective, et de la revue Almagest. Il a été Président de la Société Française d’Histoire des Sciences et des Techniques de 1999 à 2002.

Vincent Jullien est spécialiste des mathématiques et de la Philosophie naturelle du XVIIe siècle. Il a examiné la pertinence du concept de révolution scientifique et mené des études sur les méthodes infinitésimales en géométrie, qui ont précédées les découvertes de Leibniz et Newton. Il a donné de nombreuses publications sur les Indivisibles et notamment la méthode développée par Roberval[6]. Il a étudié les usages qu'en firent Descartes, Pascal, Leibniz. On lui doit des publications variées et approfondies sur l’œuvre mathématique de Descartes : sur son statut philosophique dans l’œuvre générale du philosophe et sur la possibilité la classer la mathématique cartésienne en quatre divers genres.

Plus généralement, il défend l’idée d’une réévaluation de l’apport cartésien dans les sciences physiques et dans la cosmologie. L’idée d’un univers auquel on ne peut attribuer de limites, qui n’a pas de centre et constitué d’amas de régions stellaires, lui est due dans une large mesure. La première affirmation de l’inertie concernant le mouvement rectiligne revient aussi au philosophe français, de même, selon Vincent Jullien que les premières institutions de modèles mathématiques (au sens duhémien) au sein d’une théorie physique.

Un sujet va désormais occuper ses travaux à partir de cette période. Partant de l’étroite liaison des mathématiques et la physique, il cherchera à comprendre la nature et les caractéristiques de cette liaison. Vincent Jullien va défendre qu’aussi étroite et intense soit-elle, cette association n’aboutit pas à la naissance d’une science unifiée, fusionnée qui serait la Physico-mathématique.  Il défend aussi la thèse générale selon laquelle le programme des sciences de la nature ne peut pas être de dévoiler les vérités ultimes de celle-ci ni leurs supposées lois ultimes. Les théories se succèdent apportant de nouvelles connaissances et plus encore de nouveaux domaines d’ignorance.

Par ailleurs il défend une conception historique de l’épistémologie en polémiquant contre certaines traditions logicistes ou du positivisme logique. Ses travaux entendent aussi montrer l’indépendance forte des développements scientifiques avec les contextes institutionnels, sociaux et idéologiques.

Vincent Jullien rassemble des arguments en vue de distinguer des domaines souvent identifiés ou rassemblés : les sciences et les techniques, quoique fortement mêlées, sont de nature distinctes et n’obéissent ni aux mêmes normes ni aux mêmes concepts ; la technoscience est, selon lui, une illusion fâcheuse et trompeuse. Toujours selon Vincent Jullien, le déterminisme sociologique, institutionnel, idéologique, économique est une piste stérile pour espérer comprendre l’histoire et le fonctionnement des sciences.

Les leçons qu’il estime pouvoir tirer dans ces directions s’étendent au-delà du XVIIe siècle pour s’affermir et demeurer valides jusqu’à nos jours[7].

En tant qu’enseignant, Vincent Jullien a élargi ses productions, ; ses cours ont régulièrement porté sur les périodes diverses : l’antiquité Grecque, le monde arabo-musulman entre les VIIe et XIVe siècles, le monde latin, du XIIIe au XVIIIe, le tournant des XIXe et XXe siècles.  Parmi les auteurs auxquels il a consacré le plus d’études, il faut citer, Aristote, Descartes, Pascal, Roberval, Leibniz, Diderot, Duhem, Einstein[8].

Il a noué des contacts et des collaborations dans plusieurs universités ou instituts étrangers : École normale supérieure de Pise, printemps 1995, l’ Université de Californie Los Angeles, U.C.L.A., Humanities department, printemps 1998, L’Université Nationale Autonome du Mexique  (U.N.A.M.), L’Université de Genève, faculté des sciences, L’Université del Valle, Cali (Colombie), l’ Institut Français et l’ Université du Caire, L’Institut National de Recherche Scientifique d’Athènes, l’Université de Trois-Rivières au Québec,  les universités de Salvador de Bahia et de Rio de Janeiro au Brésil, l’Université de Princeton aux USA, l’Université Tokay à Tokyo, l’Université de Saskatchewan au Canada et Chapman University en Californie[9].

Engagement

A  18 ans, Vincent Jullien, membre du Bureau national de la Jeunesse Étudiante Chrétienne, vient faire ses études de mathématiques et physique à Paris; dans le même temps il rejoint les rangs des Comités Rouges, animés par la Ligue communiste. Il appellera ses amis de la Jeunesse Étudiante Chrétienne à rejoindre ce courant trotskiste, initiative qui connaîtra un succès d’estime sans plus. Ayant complètement rompu avec la religion, il milite une dizaine d’années à la Ligue Communiste Révolutionnaire de 1972 à 1982[10]. Il se montrera actif au sein des mobilisations étudiantes des années 70, mais aussi dans les Comités Chili au lendemain du coup d’état de Pinochet et surtout en animant des mouvements de solidarité avec la cause des républicains irlandais et de soutient à leurs militants poursuivis en France ou lors des grèves de la faim, menée jusqu’à l’ultime fin par Bobby Sands et ses camarades, en 1981. Toujours convaincu de la nécessité des luttes pour la suppression de la domination capitaliste et de l’oppression patriarcale, il est devenu dubitatif quant aux programmes des organisations révolutionnaires souvent sectaires ou dogmatiques. Il préfèrera se tourner vers des domaines philosophiques et scientifiques très éloignés de l’action politique[11].

Travaux et publications

Ouvrages

Manuels de Mathématiques

  • Vincent Jullien, Jacqueline Penninkx, Alain Bras, Collège et seconde de 1986-1990 : Nombres et Formes, Magnard, 1986-1990 (ISBN 978-2-210-21600-6)
  • Vincent Jullien, Francis Casiro, Yves Alvez, Lycée : 1ère et terminale, Pack-Maths, Magnard, (ISBN 978-2-210-341036)

Roman

  • Vincent Jullien, Les ombres de la place royale, Stock, (ISBN 2-234-05958-5)

Histoire et philosophie des sciences

  • Vincent Jullien, Les Eléments de géométrie de Roberval, Vrin, coll. « Mathesis », (ISBN 2-7116-1259-7)
  • Vincent Jullien, La Géométrie de 1637 de René Descartes, PUF, coll. « Philosophie », (ISBN 2-13-047829-8)
  • Vincent Jullien, André Charrak, Ce que dit Descartes touchant la chute des graves : 1618 à 1646, étude d’un indicateur de la philosophie naturelle cartésienne, Éditions du Septentrion, (ISBN 2-85939-752-3)
  • Vincent Jullien, Sciences, agents doubles : Essai sur la place des sciences dans notre civilisation, Stock, (ISBN 2-234-05477-X)
  • Vincent Jullien, Philosophie naturelle et mathématiques au XVIIe siècle, Honoré Champion, (ISBN 2-7453-1363-0)
  • Vincent Jullien, L’histoire des sciences pour les nuls, First Editions, (ISBN 978-2754-079761)
  • Vincent Jullien, Plaidoyer Pour les sciences, Impacts Editions, (ISBN 978-2-491609-12-2)
  • Vincent Jullien (préf. Marco Panza), Ce que peuvent les sciences, Une enquête, Editions Matériologiques, (ISBN 978-2-37361-241-7)
  • Vincent Jullien, Efthymios Nicolaïdis, Michel Blay, Europe et sciences modernes, histoire d’un engendrement mutuel, Peter Lang, (ISBN 978-3-0343-1236-3)
  • Christian Biet, Vincent Jullien, Le siècle de la lumière, 1600-1715, ENS éditions, coll. « Theoria », (ISBN 979-10-362-0361-9)
  • Egidio Festa, Vincent Jullien, Maurizio Torrini, Géométrie, Atomisme et vide et dans l’École galiléenne, ENS éditions, coll. « Theoria », (ISBN 2-902126-51-4)
  • Christian Biet, Vincent Jullien (éditeurs), L’indicible et la Vacuité au XVIIe siècle, Revue XVIIe siècle, (ISBN 3-932094-35-2)
  • Vincent Jullien (éd.), L’histoire du calcul des longitudes, Presses Universitaires de Rennes, (ISBN 978-2868476135)
  • J.C. Bardout, Vincent Jullien (éditeurs), Les Mondes Possibles, Presses Universitaires de Caen, (ISBN 2-84133-152-0)

Articles et Chapitres de livre

Notes et références

  1. « Vincent Jullien », sur Persée (consulté le )
  2. « Vincent Jullien dans Philosophia Scientiæ », sur Cairn.info (consulté le )
  3. Université de Nantes, Vincent Jullien - Parcours, consulté le 26 janvier 2025
  4. 1 2 3 4 5 Université de Nantes, « Vincent Jullien - Parcours », sur univ-nantes.fr (consulté le )
  5. Classiques Garnier, « Philosophie et Histoire des sciences », sur classiques-garnier.com (consulté le )
  6. Vincent Jullien, « Seventeenth-Century Indivisibles Revisited », sur CAPhi - Centre Atlantique de Philosophie UR 7463, (consulté le )
  7. Vincent Jullien et Marco Panza, Ce que peuvent les sciences: une enquête, Éditions matériologiques, coll. « Sciences & philosophie », (ISBN 978-2-37361-241-7)
  8. « Vincent Jullien », sur CAPhi - Centre Atlantique de Philosophie UR 7463 (consulté le )
  9. Vincent JULLIEN, « Vincent JULLIEN », sur Nantes Université (consulté le )
  10. Index des noms de personnes, Presses universitaires de Rennes;, (lire en ligne)
  11. [vidéo] « [Vincent Jullien Comment triomphe une théorie scientifique ?] », Espace des sciences, , 128:48 min (consulté le )

Liens externes

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