Wanyue (école poétique)
| École poétique wanyue | |
| Période | du IXe siècle au XIIIe siècle apogée sous les Song |
|---|---|
| Caractéristiques | importante école poétique chinoise associée au genre ci (词) |
| Œuvres | Chercher sans cesse de Li Qingzhao La cour est vide de Li Yu Etc. |
Définition
Le terne « wanyue » peut être traduit par « élégant et subtil ». C’est une école de poésie lyrique associée au genre ci (词) en Chine. Elle apparaît graduellement à la fin de la dynastie Tang et au début de Cinq Royaumes, mais elle a pris véritablement son essor sous les Song. Son contenu met l’accent, entre autres, sur l’amour, la nostalgie du pays et les sentiments intimes et ce, avec une structure fine et méticuleuse, une mélodie fluide et harmonieuse et un langage rond et élégant. Parmi les principaux représentants de ce courant, se trouvent Wen Tingyun, Li Yu, Liu Yong, Qin Guan, Yan Jidao, Zhou Bangyan, Li Qingzhao, Wu Wenying (en), etc.[1]
Origine
Le terme lui-même, « wanyue », apparaît pour la première fois dans le Guoyu•Wu Yu (国语•吴语)[a 1] dans l’extrait de phrase suivant :
« 故婉约其辞 »
pouvant être traduit par « exprimer ses paroles de manière douce et subtile ». Le caractère « 婉 » (wan) se rapporte à la douceur et à la courbure, alors que le caractère « 约 » (yue) signifie dans ce contexte subtil ou délicat[2].
À l’origine, la poésie était composée pour être chantée accompagnée de musique, souvent dans les palais ou les maisons de thé. Dès la période des Cinq Dynasties, un style de poésie représenté par le Huajian Ji et les poèmes de Li Yu émergent, caractérisés par une tendresse douce et raffinée, et les lettrés Ming ont utilisé le terme 婉约派 (wanyue pai) (école wanyue) pour décrire ce type de poésie qui domine la scène littéraire, et ce, jusqu’à la fin de la dynastie Song.
Dans le Shiyu Tupu[a 2] de Zhang Yan (1487-1543)[a 3], les poèmes lyriques ci (词) sont pour la première fois divisés en deux principales écoles : le wanyue pai (婉約派) (délicate et recherchée) et le haofang pai (豪放派) (audacieuse et expansive)[3],[4]. La délicatesse cherche à faire ressortir des émotions nuancées, alors que l’audace cherche à dégager une grandeur et une immense ampleur (héroïque)[2].
Caractéristiques
Harmonie des sons et des tonalités
L’harmonie des sons et des tonalités est l’une des caractéristiques de la majorité des poèmes ci (词) de l’école wanyue. En matière de sonorités, ces dernières sont douces et agréables[5].
Thématique plus restreinte
Les poèmes du courant wanyue possèdent un champ de thèmes plus étroit que les autres types de poèmes. Principalement, ils traduisent la douleur de l’amour entre hommes et femmes, la tristesse de l’éloignement et la nostalgie du pays[5],[3].
Structure et style
La structure des poèmes « wanyue » est fine et méticuleuse. Le rythme est feutré, lent et fluide sur des mélodies coulantes et harmonieuses[5]. Le style est frais, élégant et réservé[3]. Le langage, de son côté, véhicule une beauté douce et discrète et il est aussi riche au sens de la couleur et de l’image. L’ambiance des poèmes est floue ce qui les rend doux et mélancoliques et les fait paraître souvent comme passifs[5].
Méthodes délicates
Dans le courant littéraire wanyue, l’utilisation de la métaphore et de l’allusion est une technique utilisée pour parler des émotions de sorte qu’une approche sinueuse et indirecte règne[5]. Les paysages deviennent souvent des symboles pour exprimer ses pensées avec des lunes d’automne, des fleurs de printemps, des soleils couchants à travers la brume, ce qui donne un flou mélancolique et de beauté énigmatique, créant un sentiment de légèreté et de solitude[5].
Représentants du wanyue
Les noms ci-dessous sont principalement tirés de : Étude sur la poésie 婉约 de la dynastie Tang et Song de Zhao Li[3].
Fin de la dynastie Tang
- Wen Tingyun (溫庭筠) (812-870)
- Wei Zhuang (韋莊) (836–910)
Ces deux poètes appartiennent aussi au style Huajian Ji (en) (花间集).
Période des Cinq Dynasties
Dynastie Song du Nord
- Liu Yong (柳永) (987-1053) : il a influencé les poètes comme Su Shi (苏轼) et Zhou Bangyan (周邦彥).
- Qin Guan (秦观) (1049-1100)
- Yan Jidao (晏几道) (1038-1100)
- Zhou Bangyan (周邦彥) (1056-1121) : il écrit principalement sur l’amour et les paysages et il a innové dans les mélodies avec une structure rythmique stricte.
Dynastie Song du Sud
- Li Qingzhao (李清照) (1084-1155): poétesse la plus représentative du wanyue.
- Wu Wenying (吳文英) (1200-1260)
Poèmes célèbres de l’école wanyue
Fin de la dynastie Tang
Voici un poème du poète Wen Tingyun (812-870) exprimant la tristesse d’une femme qui attend le retour de son bien-aimé. L’essence de la séparation et de la nostalgie est évidente. Sur l’air: Rêvant du Sud du Fleuve
Mille, dix mille chagrins
| Chinois
千万恨, |
Traduction libre
Mille, dix mille chagrins ! |
Période des Cinq Dynasties
Voici un poème de Li Yu (903-960) qui traduit son chagrin face au temps qui passe et aux regrets qui l’accablent. Sur l’air : Prenant congé d’une faveur nouvelle.
La cour est vide
| Chinois
庭空客散人归后, |
Traduction libre
La cour est vide, les invités partis, les gens rentrés, |
|
春光镇在人空老, |
La lumière du printemps s’estompe, mais les gens vieillissent en vain, |
Dynastie Song du Nord
Le poème ci-dessous de Zhou Bangyan (1056–1121) décrit les paysages estivaux du Mont Wuxiang, dans un cadre serein. Il évoque les saisons qui passent, le sentiment de solitude et de nostalgie en voyant les hirondelles traverser la mer. Ce poème est remarquable pour sa structure complexe en matière de tonalité, de rimes et de métrique. Sur l’air : La cour emplie de parfum.
Composé en été sur le mont Wuxiang à Lishui
| Chinois
风老莺雏, |
Traduction libre
Les jeunes orioles vieillissent au vent, |
|
人静乌鸢自乐, |
Les gens sont calmes, les éperviers se réjouissent |
|
年年。 |
Année après année. |
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憔悴江南倦客, |
Fatigué le voyageur du Sud du Fleuve, |
Dynastie Song du Sud
Voici un poème de Li Qingzhao (1084-1155) — sans doute le plus grande poétesse du courant wanyue — qui capture l'essence de la mélancolie, de la solitude et de la nostalgie reflétant le ressenti personnel de la poétesse à travers des images naturelles subtiles[5]. Sur l’air : Les notes sont lentes.
Chercher sans fin'
| Chinois
寻寻觅觅, |
Traduction libre
Cherchant sans fin, |
|
满地黄花堆积。 |
sur le sol, les chrysanthèmes s’entassent |
Notes et références
Notes
Références
- ↑ (zh) Hong Yan (rédacteur en chef), 2000 connaissances culturelles que les jeunes doivent savoir, Beijing, Éditions de la Chine d’outre-mer de Chine, , p. 3-4
- 1 2 (zh) « 婉约派 (wanyue pai) », sur Baike, (consulté le )
- 1 2 3 4 (zh) Zhao Li, Étude sur la poésie '婉约' de la dynastie Tang et Song. (唐宋婉约词研究), Éditions de la Société chinoise, (ISBN 9787508750453)
- ↑ (zh) Li Bingzhong, « Discussion sur les écoles '豪放派' et '婉约派' dans la poésie de la dynastie Song - avec des commentaires sur les idées de Wu Shichang et d’autres (也论宋词的“豪放派”与“婉约派” –兼评吴世昌先生等人的观点) », ." Journal de l’Université de Shanxi (version des sciences sociales), no 1,
- 1 2 3 4 5 6 7 (zh) Wu Xuan, « La comparaison entre la poésie douce et élégante et la poésie vigoureuse et audacieuse – comparaison des styles de '婉约派' et '豪放派' (婉转绵丽”与“纵横豪爽”—婉约派与豪放派词风之比较) », Journal de l’Institut de technologie et de Commerce agricole et industriel de Guangdong, Guangdong, no 3,
Voir aussi
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