bibine

Français

Étymologie

(1862) Altération d’après cantine, cuisine, du radical onomatopéique bib-, tiré de biberon plutôt que directement du latin bibere boire »). Désigne d’abord un cabaret de bas étage, puis (1890) une boisson de très mauvaise qualité[1][2].

Nom commun

SingulierPluriel
bibine bibines
\bi.bin\

bibine \bi.bin\ féminin

  1. Cabaret de bas étage.
    • Apprenez encore ceci : les cabarets des chiffonniers s’appellent bibines ; les plus célèbres sont la Casserole et l’Abattoir.  (Victor Hugo, Les Misérables, 1862)
    • — […] j’ai fréquenté la bibine de la rue des Anglais.
      — La
      bibine ? répéta Scaër.
      — Oui, c’est un cabaret où il n’y a que des ivrognes et des voleurs.
       (Fortuné du Boisgobey, Double-Blanc, tome 2, Paris : chez Plon & Nourrit, 1889, page 114)
    • Je sers d’enseigne à ta bibine ; je joue le rôle d’allumettes, mais je n’ai pas le droit de brûler pour de bon !  (Joris-Karl Huysmans, Marthe, histoire d’une fille, 1877)
    • Dans les deux autres, s’ouvraient une remise de voitures à bras et une bibine derrière les barreaux de laquelle apparaissaient des goulots capsulés de litres.  (Joris-Karl Huysmans, En route, 1895)
  2. Boisson de mauvaise qualité. (Spécialement) Mauvaise bière, mauvais vin, piquette.
    • Fini de m’envoyer de la bibine ! À partir de désormais, l’ami Billy Joe ne se tapera plus que de l’extra. Le tord-boyaux et compagnie, c’est terminé.  (D. R. Meredith, Secoue-toi, shérif !, traduit de l’américain par Michel Deutsch, Gallimard, collection Série noire, 1985, page 7)
    • Et pour vivre, j’ai besoin de ma bibine.  (José-Marie Piquard, Les Mille-pattes nouvelles et récits, 2007)
    • Elle, les yeux en trou de bite, le cheveu filasse et gras, la face violette, a peut être la cinquantaine, mais les années de bibine comptant double on a vite fait le compte.  (Jean-Yves Cendrey, Schproum : roman avorté et récit de mon mal, Éditions Actes Sud, 2013)
  3. (Sens figuré) Rien, pas grand-chose, chose de peu de valeur.
    • Il leur ferait comprendre que s’il y avait quelqu’un de zinzin dans le régiment, c’était bien lui, et que les crises de maspéroclastie bavotante du capitaine Dumouriez, c’était de la bibine à côté de ce qu’il avait.  (Georges Perec, Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?, Denoël, 2000, collection Folio, page 77)


Traductions

Prononciation

Références

  1. « bibine », dans TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé, 1971–1994 → consulter cet ouvrage
  2. Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, Dictionnaires Le Robert, Paris, 1992 (6e édition, 2022)