fauteur

Français

Étymologie

(1295)[1] Du latin fautor celui qui favorise »)[2].

Nom commun

SingulierPluriel
fauteur fauteurs
\fo.tœʁ\

fauteur \fo.tœʁ\ masculin (pour une femme, on peut dire : fautrice, fauteuse)

  1. (Vieilli) Celui qui favorise, protège, une personne ou une chose.
    • Le monstre [un traître], dévoilant ses infâmes desseins,
      Appelle ses fauteurs, et, volant à leur tête,
      De notre bataillon vient troubler la retraite.
       (Esprit-François-Marie Dupré-Deloire, Charles Martel, T.1, chant II, 1829, p. 99)
    • Gloire au Père, fauteur et gouverneur de tout.  (Paul Verlaine, Poésies, Liturgies intimes, II : Avent ; La Guilde du Livre, Lausanne, 1961, p. 532)
    • Le grand rabbin pria aussi pour « ceux qui gouvernent le pays et qui font régner l'ordre et la justice ». L'O.A.S., qui avait mis une bombe à la banque Rothschild, vengerait-elle ces mots ? Pourtant, nombre de juifs algériens avaient été fauteurs de l'Algérie française.  (Roger Peyrefitte, Les juifs, première partie, chapitre IX ; Éditions Flammarion, Paris, 1965, page 77)
  2. (Péjoratif) Celui qui favorise, qui appuie un parti, une opinion.
    • Il eut aussi à soutenir une lutte ardue contre les fauteurs de scission au sein des communautés.  (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Ainsi, un journaliste, fauteur de télé-poubelles, a pu, pendant un temps, s'allier à un énarque de la Cour des comptes pour mettre en accusation le "bazar de la solidarité".
      Mais les temps ont passé. Les bénévoles sont arrivés, et ils sont restés.
       (Christian Bachmann, « Le petit théâtre social dans les années quatre-vingt-dix », dans Les transformations des métiers du social, sous la direction de Marc-Henry Soulet, Éditions Universitaires Fribourg Suisse, 1997, p. 108)
    • Tout l’or dont elle put disposer fut employé, avant l’ouverture du conclave, à se faire des espions et des fauteurs, par qui elle pût savoir et répandre ce qui devait favoriser ses desseins  (Étienne-Jean Delécluze, Dona Olimpia, chapitre 2, Charpentier, Paris, 1843)
  3. Il se dit le plus souvent avec des mots qui le font prendre en mauvaise part[2] ; complice[1].
    • Vous êtes hérétique
      Ou pour le moins fauteur.
       (Mathurin Régnier, Satires, X)
    • Le figurer comme un Dieu fauteur de vos désordres.  (Louis Bourdaloue, Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. 166)
    • Vous croyez que, pour conserver le pain à des misérables comme vous, je me ferai le fauteur de leur ruse, le complice de leurs crimes ?  (Alexandre Dumas, Monte-Cristo, 1846)
    • Quant à l'action de queuter ou de billarder, ce n'est pas trop, comme il est d'usage en France, de tenir pour nul le carambolage qu'on a pu faire ainsi ; il serait même juste que le fauteur fût puni de la perte d'un point, car c'est une espèce de filouterie.  (Benjamin Pifteau, Grande encyclopédie générale des jeux, article « Billard », Paris : chez A. Fayard, 1880, p. 68)

Dérivés

Traductions

Prononciation

  • La prononciation \fo.tœʁ\ rime avec les mots qui finissent en \œʁ\.
  • France (Paris) : écouter « fauteur [fotœʁ] »
  • Vosges (France) : écouter « fauteur [fotœʁ] »

Anagrammes

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Références

  • Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition, 1932-1935 (fauteur)
  1. 1 2 « fauteur », dans TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé, 1971–1994 → consulter cet ouvrage
  2. 1 2 « fauteur », dans Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872–1877 → consulter cet ouvrage