grand’

Voir aussi : grand, grand-

Français

Étymologie

L’ancien français grant, venant du latin grandis qui a la même terminaison pour le masculin et le féminin, n’avait qu’une seule terminaison pour les deux genres : « une grant cité ». Cet usage, parfaitement régulier, comme on voit, se trouva en contradiction avec celui qui survint et qui donna à ces adjectifs une terminaison féminine. Mais, de cette contradiction, il résulta que grand fut maintenu par le parler habituel en accord avec quelques noms féminins, tel « grand chose ». Ainsi il n’y a pas d’élision du -e et, partant, pas d’apostrophe à mettre. Il serait meilleur de supprimer cette apostrophe que de présenter à l’esprit la fausse idée d’une suppression qui serait une anomalie sans raison[1].
Pour les toponymes, comparer Grand’Rivière et Grandville.

Forme d’adjectif

grand’ \ɡʁɑ̃\ féminin singulier

  1. (Vieilli) Variante de grande utilisée dans quelques cas spéciaux ou régionaux.
    • — On a sonné à la grand’porte.  (George Sand, Jeanne, 1844)
    • Cela me faisait grand’peine de ne savoir comment calmer son chagrin, en lui disant que je ne souffrais pas.  (Émile Zola, La Mort d’Olivier Bécaille, G. Charpentier, 1884)
    • De temps en temps je me retournais vers la grand’ville où j’avais tant souffert et tant aimé.  (Anatole France, L’Étui de nacre, 1892, réédition Calmann-Lévy, 1923, page 181)
    • Il vous disait comment le noble seigneur régentait le pays quand […] les pataches et les diligences parcouraient la grand’route.  (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 7 de l’édition de 1921)
    • Sur ces entrefaites, Bob et Bobette atteignent la grand'place de Bruxelles.  (Willy Vandersteen, Le fantôme espagnol, 1956, réédition 2009 de Collection Bleue des éditions Standaard, Anvers, non paginée.)
    • La Grand’Duchesse sortit aussitôt la robe, la déplia et et la posa sur le lit. Elle finissait lorsque le Connétable entra.  (Rosalia Colmeiro, La Couronne des Elfes, 2007, page 274)
    • Joseph veille très tard, n’est-ce pas ? Il attend que je revienne pour fermer la grand’porte.  (Emily Brontë, Un amant, 1892, Traduction de Théodore de Wyzewa, page 148)

Vocabulaire apparenté par le sens

Notes

  • La huitième édition du dictionnaire de l’Académie (1932) remplace l’apostrophe par un trait d’union mais la neuvième édition rétablit partiellement l’apostrophe pour « la langue littéraire ou archaïsante ».
  • Dans ces noms féminins composés, grand, ne s’accordant pas en genre, ne s’accorde pas non plus en nombre[2].

Anagrammes

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Références

  1. Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872–1877 → consulter cet ouvrage
  2. Dictionnaire de l’Académie française, neuvième édition, 1992–2024 → consulter cet ouvrage